‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 140 sur 295 · AUTRE SUR LE MEME SUJET · texte numérisé non relu

AUTRE SUR LE MEME SUJET

Prier Dieu qu'il vous soit propice, Tant que vous me tourmenterez, C'est le prier d'une injustice; Faites-moi grâce, et vous l'aurez.

Saint-Marc, qui le premier a joint ces vers aux œuvres de Malherbe, conjecture qu'ils furent écrits au sujet d'un violent accès de goutte dont le Roi fut atteint le 16 janvier 1609, et qui le retint plus de quinze jours au lit. Ils pourraient néanmoins avoir été composés en ifioy, car au mois de juin de cette année « le Roi, dit l'Estoile , fut tellement travaillé de ses gouttes et si péniblement qu'il en changea de visage et de naturel. » — Ils furent imprimés dans les différentes éditions des Délices de la poésie française (r6i5, 1620, 1621).

Quoi cloue! c'est un arrêt qui n'épargne personne, Que rien n'est ici-bas heureux parfaitement , Et qu'on ne peut au monde avoir contentement Qu'un funeste malheur aussitôt n'empoisonne !

La santé de mon prince en la guerre étoit bonne ; 5

Il vivoit aux combats comme en son élément. Depuis que dans la paix il règne absolument , Tous les jours la douleur quelque atteinte lui donne.

Dieux , à qui nous devons ce miracle des rois ,

Qui du bruit de sa gloire , et de ses justes lois i o

Invite à Fadorer tous les yeux de la terre ;

Puisque seul après vous il est notre soutien , Quelques malheureux fruits que produise la guerre , N'ayons jamais la paix , et qu'il se porte bien.

Malherbe, t

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