‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 166 sur 295 · SUR LE MEME SUJET · texte numérisé non relu

SUR LE MEME SUJET

a Une des sibylles , dit la Relation , cluuita ces autres stances au nom de tous les François. 35

Donc après un si long séjour,

Fleurs de lis , voici le retour

De vos aventures prospères ;

Et vous allez être à nos yeux

Fraîches comme aux yeux de nos pères 5

Lorsque vous tombâtes des cieux.

A ce coup s'en vont les Destins

Entre les jeux et les festins

Nous faire couler nos années ;

Et commencer une saison , r o

Où nulles funestes journées

Ne verront jamais l'horizon.

Ce n'est plus comme auparavant ,

Que si l'Aurore en se levant

D'aventure nous voyoit rire , i 5

On se pouvoit bien assurer,

I. te Séjour, c'est tardation, mora, comme : vous faites trop long séjour, moram ducis. » (Nicot.)

6. Allusion à une légende assez moderne, à un « petit conte sans fondement, inconnu des anciens auteurs, » comme dit le Dictionnaire de Trévoux.

Tant la fortune avoit d'empire !

Que le soir nous verroit pleurer.

De toutes parts sont éclaircis

Les nuages de nos soucis ', a o

La sûreté chasse les craintes \

Et la discorde sans flambeau

Laisse mettre avecque nos plaintes

Tous nos soupçons dans le tombeau.

O qu'il nous eût coûté de morts , a 5

O que la France eût fait d'efforts ,

Avant que d'avoir par les armes

Tant de provinces cpi'en un jour,

Belle Reine , avecque vos charmes

Vous nous acquérez par amour ! 3 o

Qui pouvoit , sinon vos bontés ,

Faire à des peuples indomptés

Laisser leurs haines obstinées ,

Pour jurer solennellement ,

En la main de deux hyménées , 3 5

D'être amis éternellement?

Fleur des beautés et des vertus ,

Après nos malheurs abattus

D'une si parfaite victoire ,

Quel marbre à la postérité 4 o

Fera paroître votre gloire

Au lustre qu'elle a mérité?

Non , non , malgré les envieux

La raison veut qu'entre les Dieux

Votre image soit adorée ; 4 5

POÉSIES, LIX. 2o3

Et qu'aidant comme eux aux mortels , Lorsque vous serez implorée , Comme eux vous ayez des autels.

Nos fastes sont pleins de lauriers

De toute sorte de guerriers ; 5 o

Mais, hors de toute flatterie,

Furent-ils jamais embellis

Des miracles que fait Marie

Pour le salut des fleurs de lis ?

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