A MADAME LA PRINCESSE DE CONTI
Publié en ifiao dans les tomes I et II des D'allées de ia noés'ie française. — Voyei' la notice de la pièce xlviii.
Race de mille rois, adorable princesse, Dont le puissant appui de faveurs m'a comblé, Si faut-il qu'à la fin j'acquitte ma promesse, Et m'allège du faix dont je suis accablé.
Telle que notre siècle aujourd'hui vous regarde, 5
Merveille incomparable en toute qualité , Telle je me résous de vous liailler en garde Aux fastes étemels de la postérité.
Je sais bien quel effort cet ouvrage demande ;
Mais si la pesanteur d'une charge si grande i o
Résiste à mon audace, et me la refroidit;
Vois-je pas vos bontés à mon aide paroître , Et parler dans vos yeux un signe qui me dit Que c'est assez payer que de bien reconnoître?
POÉSIES, LXXXI. a/,5
STAJVCliS SPIRITUELLES.
Publiées en i(S20 dans les tomes I et II des Délices de la poésie l'rançoisc. Costar en a fait la critique dans une de ses lettres (tome I, n" i6[) à la marquise de Lavardin.
Louez Dieu par toute la terre ,
Non pour la crainte du tonnerre
Dont il menace les humains ; Mais pour ce que sa gloire en merveilles abonde, Et que tant de beautés qui reluisent au monde 5
Sont des ouvrages de ses mains.
Sa providence libérale
Est une source générale ,
Toujours prête à nous arroser.
L'Aurore et l'Occident s'abreuvent en sa course, i o
On y puise en Afrique, on y puise sous l'Ourse,
Et rien ne la peut épuiser.
N'est-ce pas lui qui fait aux ondes
Germer les semences fécondes
D'un nombre infini de poissons; i 5
Qui peuple de troupeaux les bois et les montagnes, Donne aux prés la verdure, et couvre les campagnes
De vendanges et de moissons?
fi, Vak. (P) : Sont les ouvrajjes.
'j.fiG POÉSIES, LXXXI.
Il est bien dur à sa justice
De voir rimpudente malice 20
Dont nous roffensons chaque jour; Mais comme notre père il excuse nos crimes , Et même ses courroux, tant soient-ils légitimes,
Sont des marques de son amour.
Nos affections passagères , 2 î
Tenant de nos humeurs légères ,
Se font vieilles en un moment.
Quelque nouveau désir comme un vent les emporte ; La sienne toujours ferme, et toujours d'une sorte,
Se conserve éternellement. 3o
ag. Les éditions de i(S3o et ifi3i portent la tienne.
Composée pour 31 me de Rambouillet, cette chanson parut en iGao dans le Recueil des plus beaux vers et dans le tome I des Délices de la poésie française. Elle avait été faite, suivant Ménage, sur un air donné à Malherbe, ce qui explique l'irrégularité du rhvthme.
Chère beauté que mon âme ravie Comme son pôle va regardant , Quel astre d'ire et d'envie Quand vous naissiez marquoit votre ascendan t , Que votre courage endurci , 5
Plus je le supplie moins ait de merci ?
En tous climats, voire au fond de la Thrace, Après les neiges et les glaçons, Le beau temps reprend sa place , Et les étés mûrissent les moissons ; i n
Chaque saison y fait son cours; En vous seule on trouve qu'il gèle toujours.
J'ai beau me plaindre, et vous conter mes peines,
Avec prières d'y compatir; J'ai beau m'èpuiser les veines, i 5
Et tout mon sang en larmes convertir:
Un mal au deçà du trépas,
4. Ascendant se disait, en astrologie, du point qui se levé, considéré par rapport à la nativité des personnes. f>. Vak. (P.): — Moins j'ai de merci.
Tant soit-il extrême, ue vous émeut pas.
Je sais que c'est : vous êtes offensée ,
Comme d'un crime hors de raison , 20
Que mon ardeur insensée En trop haut lieu borne sa guérisou , Et voudriez bien, pour la finir, M'ùter l'espérance de rien obtenir.
Vous vous trompez; c'est aux foibles courages, 2 5 Qui toujours portent la peur au sein, De succomber aux orages , Et se lasser d'un pénible dessein.
De moi, plus je suis combattu , Plus ma résistance montre sa vertu. 3o
Loin de mon front soient ces palmes communes Où tout le monde peut aspirer ; Loin les vulgaires fortunes , Où ce n'est qu'un jouir et désirer;
Mon goût cherche rempéchemeut , 3 6
Quand j'aime sans peine j'aime lâchement.
Je conuois bien que dans ce labvrinthe Le ciel injuste m'a réservé
Tout le fiel, et tout l'absinthe Dont un amant fut jamais abreuvé; 40
Mais je ne m'étonne de rien; Je suis à Rodanthe, je veux mourir sien.
24. Le recueil de 1620 et les éditions de i63o et i(i3i portent de ne rien obtenir; ce qui est évidemment une faute d'impression, car le vers aurait une syllabe de trop.
42. Rodanthe. Sur ce nom , vovez dans ce volume la vie de !\Ialherbe par Racan.
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