I. Richard Diuoth, pasteur protestant, mort vers i
mis sur la communauté de Soliers, par acte du dernier de janvier i585, et depuis, en avril i58g, ils furent par M. Sébastien Loup, M" procureur, étant nous en Normandie, prêtés à la communauté de Brignole. Au bout de l'an, ils furent sommés par ledit Loup de rendre ladite somme, dont il appert par exploit de Massonneau, du cinquième de mai iSgo, au pied d'une requête présentée par celui Loup à M. le lieutenant d'Aix, et par ledit lieutenant décrétée le 4* dudit mai iSqo. Durant mon absence ledit Loup exigea les intérêts de ceux de Brignole, comme il avoit fait de ceux de Soliers, sans nous en faire tenir un sol.
Étant revenus en ce pays, à savoir ma femme en l'année iSgS et moi en l'année i5g5, nous comptâmes avec ledit Loup. Lacté dudit compte est reçu par M'' Bruys, notaire d'Aix, dudit an iSgj, au mois de.... La procuration faite par ma femme et moi audit M" Loup est passée à Caen devant Aubert et Caillet, tabellions, le 22*= de juin i586.
Ma femme étant de retour en ce pays eut pour le payement des arrérages qui lui étoient dus par la communauté de Brignole quelques assignations qui plusieurs fois lui furent diverties\ furent pavées en deniers débordés^ et en marchandises qui lui furent fournies à plus grand prix qu'elles ne valoient, et fut plus de trois ans à l'exaction desdits arrérages.
Enfin elle mit en cause lesdits de Brignole pour retirer les trois mille écus ; ils usèrent en ce fait de beaucoup de fuites, alléguèrent avoir surpayé les intérêts et avoir baille trois cents livres par avance audit Loup. Enfin il y eut arrêt du cinquième de juin iSgS, auquel ils sont condamnés avec dépens; lesdits dépens par arrêt du 10* de juillet iSgS sont liquidés à trois cents cinquante écus. Ma femme priée par ceux de Brignole ne se hâta point de faiie exécuter son arrêt, et se contenta de la promesse qu'ils lui firent de lui payer les intérêts. Cependant survint un arrêt général de la (k)ur sur la révision et la réduction des dettes des comnmnautés de ce pays.
Le sieur Guiran, conseiller aux comptes, fut commissaire
1 . C'est-à-dire, au lieu de la payer avec les fonds sur lesquels on l'avait assignée, on les eniplova à d'autres usages.
2. Débordé signiiie sans doute ici « rogné, dont on a coupé le bord. »
Malherbe, i aa
pour la réduction des dettes de Brignole, devant lequel nous fûmes par son ordonnance ajournés, le i.'i^ de juin 1600, à comparoître le 3* de juillet ensuivant.
M. d'Esparre avoit eu du commencement cette commission, et nous avoit fait ajourner par-devant lui pour voir faire la réduction, avec inhibition d'exécuter. L'ajournement est du 15*= de juillet 1399 et l'exploit d'inhibition du lo*^ de juillet de la même année iSgg, par Fossenque, notaire dudit Brignole.
Toutefois, ayant été ladite commission ôtée audit sieur d'Esparre, lieutenant dudit Brignole, et baillée audit sieur Guiran, conseiller aux comptes, nous comparûmes devant lui le 18* de juillet 1*^)00, où lesdits de Brignole alléguèrent les intérêts payés à plus haut prix que l'ordonnance, que Loup, iNP procureur qui leur avoit fait bailler ladite somme, avoit pris trois cents livres par avance, comprenant aux payements faits des intérêts plusieurs sommes payées au sieur de Malherbe ou sa femme pour autres occasions, comme quatre cents livres pour la vente à eux faite de cent charges de blé, deux cents écus prêtés par ledit sieur de Malherbe à la comnmnauté pour payer un commissaire de Mgr de Guise, gouverneur, et autres affaires de la communauté, et cent dix écus aussi prêtés à ladite communauté par ledit s'' de Malherbe pour payer les Badier. Ils comprenoient aussi auxdits intérêts la somme de trois cents cinquante écus de dépens par eux payés suivant l'arrêt de liquidation cidessus mentionné, et y comprenoient aussi tous dépens exécutoriaux, et tout plein d'autres sommes, pour nous rendre odieux devant ledit commissaire.
Enfin après une longue contestation et raisons alléguées de part et d'autre, dont il appert par le procès-verbal dudit commissaii'e du 18"= de juillet 1600, s'ensuivit du consentement des parties une ordonnance dudit commissaire, du 3* août 1600, que la communauté me payeroit cinquante écus dans trois jours pour tous dépens, dommages et intérêts par moi demandes, et que ladite obligation de trois mille écus demeureroit sans aucun retranchement à notre profit, sauf à moi de me pourvoir contre M^ Loup, notre procureur, pour les dommages et intérêts par nous prétendus.
Ladite ordonnance est du troisième d'août 1600.
L'an 1602, M" de Brignole nous font derechef ajourner par-
INSTRUCTION DE MALHERBE A SON FILS. iZg
devant le sieur dEsparre, lieutenant dudit Brignole, lequel, depuis la mort du conseiller Guiran, avoit eu commission pour procéder à la réduction des dettes de ladite communauté. L'ajournement est du neuvième jour de janvier 1602, à comparoître le dix-septième dudit mois de janvier, qui est huit jours après l'exploit.
Suivant cet ajournement nous comparûmes derechef à Brignole où, après plusieurs comptes et contestations verbalement faites, nous finies un compte final du 3o^ de janvier i6o3. Depuis ils nous ont payé les intérêts chacune année à raison du denier seize suivant l'ordonnance du Roi. Mais aux quittances que je leur fais, j'y fais toujours mettre que c'est sans approbation de leurs départements, et de pouvoir exécuter mes arrêts pour retirer mon principal quand bon me semblera. Ce qu'il faut toujours continuer jusques à ce que nous leur fassions [payer] ledit principal.
Ma femme, outre ce que dessus, a huit cents écus sur la commune de Tarascon, faisant, à raison du denier douze, deux cents livres de rente par chacun an.
M. le président Carriolis, son frère, et nous ayant eu après la mort du feu sieur président Carriolis, son père, quelque différend pour le recouvrement de la dot de leur mère, demoiselle Honorade d'Escalis, et supplément de la légitime qui leur appartenoit sur les biens de leur dit père, nous transigeâmes le 2« du mois d'avril 1602, devant maître Antoine Maurel, notaire d'Aix.
Depuis cette transaction mondit frère, présidenL Carriolis, ayant quelque différend avec nia sœur de Chàteauneuf, et craignant qu'elle ne luy fît saisir sa récolte de ses bastides du plan ' Péricard et du Puy, me pria de passer avec lui un acte par lequel je lui remettois la pension que par ladite transaction il m'avoit baillée à prendre sur la communauté de Tarascon, et il me bailloit au lieu d'icelle ses blés provenant desdites bastides ; ce que je fis par le moyen d'une déclaration qu'il me fit que ledit acte avoit été fait pour quelque considération et à sa prière, sans que je lui remisse ladite pension de Tarascon, laquelle demeuroit toujours à ma femme en vertu de la-
£ . De la plaine.
34o APPENDICE.
dite tranbaction du 2« avril 1602, et demeurant icelle transaction en la même force et vertu qu'auparavant ledit acte.
Suivant cela nous avons toujours tiré ladite pension durant les trois années qui sont depuis échues, comme il se voit par les quittances que nous en avons faites en faveur de ladite communauté de Tarascon, dont ne nous sommes jamais mêlés de retirer aucune chose de ladite bastide. Ladite déclaration que mon frère m'a fait est volante, de peur qu'elle ne fût trouvée au registre. M. Gilles d'Aix la écrite et signée devant Loup et d'autres témoins, et signée dudit sieur Président, le 6^ juillet 1602. Ledit sieur président Carriolis, mon beau-frère, au mois d'octobre dernier 1604 présenta requête au lieutenant d'Aix pour avoir payement de trente écus qu'il disoit mavoir prêtés.
Sur quoi lui étant ma femme allé parler et lui avant remontré que depuis ladite transaction nous n'avions eu que faire ensemble, et que pour le regard de ce qui s'étoit passé entre nous avant icelle transaction, tout y étoit compris et que nous n'avions plus rien à nous demander, il quitta ladite poursuite, laquelle, vu sa probité, je crois qu'il ne voudroit recommencer. Toutefois en cas qu'il le fît, voici ce qu'il lui faudroit répondre :
Piir ladite transaction faite entre ledit sieur Président et ses sœurs , il leur déduit toutes les sommes qu'elles avoient reçues, ou par prêt ou par intérêt; paiticulièrement il déduit à sa sœur de [Margaillet, entre autres sommes, cent quarante et un écus qu'il avoit prêtés au sieur de Margaillet, fils d'iceile, à plusieurs fois et sans aucune promesse ; pourquoi, s'il eût prêté quelque chose à sa sœur de Malherbe, n'en eût-il fait mention?
Quand ils transigèrent ledit i^ avril 1602, ledit sieur Président céda huit cents écus à sa sœur de Malherbe sur la communauté de Tarascon, dont les intérêts échoient au second de février ensuivant, de sorte qu'il y avoit deux mois du terme passé au profit dudit sieur Président : de quoi ayant lui fait instance et voulant que la rétention des intérêts desdits deux mois expirés fût apposée dans la transaction, le sieur de Malherbe le pria que, vu la parvité ' de la somme, il ne s'en