Vovez plus loin ]Votice bibliographique, p. cxii
4. Tallemant s'est trompé en disant que Malherbe avait trente ans quand il composa ses fameuses stances à du Perler. Nous avons démontré dans la notice sur ces stances (p. 38], qu'elles n'ont pu être écrites avant le mois de juin 1399, et elles le furent bien probablement assez longtemps après son retour en Provence, qui eut lieu au mois de décembre de la même année.
SUR MALHERBE. xv
En i586, Malherbe était en Normandie depuis le mois d'avril quand il apprit la mort tragique du Grand Prieur, tué à Aix, le 2 juin de la même année ^ Cet événement brisa toutes ses espérances de fortune^. Décidé alors à ne point retourner en Provence, il manda sa femme près de lui^; et l'année suivante, pour essayer de remplacer le puissant protecteur qu'il avait perdu, il dédia les Larmes de saint Pierre à Henri HI, auquel, malgré les troubles continuels qui déchiraient le royaume, il ne craignit pas de dire* :
Henri, de qui les yeux et l'image sacrée
Font un visage d'or à cette âge ferrée,
Ne refuse à mes vœux un favorable appui ;
Et si pour ton autel ce n'est chose assez grande,
Pense qu'il est si grand, qu'il n'auroit point d'offrande
S'il n'en recevoit point que d'égales à lui.
Ce favorable appui ne fut pas refusé, et le Roi paya de cinq cents écus, accompagnés de promesses, les louanges mensongères du poète, qui pourtant, quinze ans plus tard, n'hésita pas à flétrir la mémoire du prince dans une des strophes les plus énergiques qu'il ait écrites^.
La vie qu'il mena en Normandie paraît avoir été assez triste. Réduit à ses propres ressources, « vivant du sien, sans aucun