VICTOIRE DE LA CONSTANCE
Ménage a prétendu à tort que Malherbe avait apporté cette pièce de Provence, quand il vint à Paris en i6o5 : elle avait été plusieurs années auparavant insérée , d'abord dans les Diverses poésies nouvelles (Rouen, iSgy, in-12), où elle est intitulée Chanson, puis dans deux éditions (1699 et i6o3) du Parnasse des plus ejccellents poètes de ce temps.
Enfin cette beauté m'a la place rendue Que d'un siège si long elle avoit défendue ; Mes vainqueurs sont vaincus ; ceux qui m'ont fait la loi La reçoivent de moi.
J'honore tant la palme acquise en cette guerre, 5
Que si victorieux des deux bouts de la terre J'avois mille lauriers de ma gloire témoins, Je les priserois moins.
Au repos où je suis tout ce qui me travaille , C'est la doute que j'ai qu'un malheur ne m'assaille, i o Qui me sépare d'elle, et me fasse lâcher Un bien que j'ai si cher.
Il n'est rien ici-bas d'éternelle durée;