‹ Œuvres complètes;Chapitre 1 sur 436 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Poëte dans notre premier volume, traducteur dans le second, Malherbe va nous apparaître ici comme chroniqueur. Ses lettres à Peiresc offrent, en effet, une chi'Onique précieuse et authentique de la cour de France pendant les dernières années de Henri IV et les premières du règne de Louis XIII. Toutefois on ne doit point y chercher, nous l'avons déjà dit, cet enjouement ni cette vivacité qui ont fait le succès de tant d'épistolaires et qui n'étaient nullement dans la nature de son esprit. N'écrivant point pour le public , il n'avait d'autre but que d'envoyer en Provence des nouvelles qu'il rédigeait en excellente prose, dépourvue de recherche et de prétention, quoiqu'il s'efforçât — ses manuscrits le prouvent surabondamment — de donner à son style toute la correction possible.

Le désir d'être agréable à son ami et sa curiosité naturelle le portaient à se tenir au courant des événements politiques, des intrigues et de ces « nigeries, » ainsi qu*il les appelle, que sa position à la cour, ses liaisons avec de

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