‹ Œuvres complètes;Chapitre 101 sur 436 · n ne fut créé duc qu'en · texte numérisé non relu

n ne fut créé duc qu'en

18. Antoine Lefèvre, sieur de la Boderie, premier maître d'hôtel du Roi, ambassadeur en Angleterre de 1606 à 16 10, mort en 161 5. Voyez dans le Recueil de M. Berger de Xivrey (tome VU) une lettre de Henri IV à la Boderie, sur l'affaire de Clèves, en date du aa février 1610.

19. Victor-Amédée, qui en 1619 épousa Christine de France. Il succéda en i63o à son père Charles-Emmanuel.

LETTRES A PEIRESC. lag

m'en dispenserez, s'il vous plaît, Monsieur, et m'aimerez ^^^

toujours connue votre plus humble et plus affectionné

serviteur,

Je vous prie me faire ce bien de baiser bien humblement les mains à M. le président de la Ceppède, et lui faire part de ce que je vous écris. C'est une amitié que la sienne que je tiens extrêmement chère et que je veux conserver par toutes sortes de témoignages de mon affection. Je lui écrivis par ma dernière dépêche. Gela me gardera de l'importuner par cette-ci.

Du lundi 1 1* janvier*.

M. d'Espemon a été mandé pour la seconde fois; on l'attend ici au premier jour. M. le marquis de Cœuvres devoit partir aujourd'hui pour aller à Bruxelles; mais ou le mauvais temps, ou quelque autre chose, l'a arrêté jusques à demain. Monsieur le Grand est de retour en cette cour depuis le jour des Rois; le Roi lui fit des caresses infinies. M. le chevalier de Guise a la petite vérole ; mais grâces à Dieu, il est hors de danger, et ne lui en demeurera point de marques ; il est à Nancy, et M. le prince de Joinville aussi. Il s'y prépare force magnificence pour ce carême-prenant ; M. de Lorraine * y doit faire son entrée, que jusques ici il n'a point encore faite. M. des Diguières attend la résolution des afiaires du Piémont, pour s'en aller en Dauphiné. M. le prince de Piémont est sur l'état de cette année pour cent mille écus de pension. Je crois que du voyage de M. de la Boderie, qui est allé en Angleterre, dépend la

I. Tout ce qui suit sous cette date n'est pas de la main de Malherbe ; c'est très-probablement encore un extrait d'une lettre adressée à un autre que Peiresc. Voyez plus haut, lettre 46, p. 92-95, et les notes.

a. Henri II, qui avait succédé à son père Charles IQ le i4 mai

Majlh£rbe. m 9

i3o LETTRES A PEIRESC.

• résolution de la guerre ou de la paix, Sesy doit épouser Mlle de Béthune ', sœur du maréchal de camp Béthune, qui a un régiment aux Pays-Bas*. Pour voir clair au contrat de mariage, M. de Sully a voulu voir la légitimation de M. le comte de Moret. Ce bruit est allé aux oreilles de Mme de Moret et de M. de Vendôme, et leur a on dit que c'étoit qu'on vouloit faire brûler leur légitimation -, ils s'en sont plaints au Roi. Celui qui leur a donné cet avis est fort brouillé, et pour ce respect, et encore pour avoir dit au P. Gonthier qu'il prêchât hardiment contre les huguenots, et qu'il seroit assisté de tous les grands de la cour, et entre autres il nomma MM. les maréchaux de Brissac ^ et d'Ornano ^, qui l'ont fort bien désavoué. Il aura de la peine à démêler cet écheveau : il nie tout; je ne sais s'il en sera quitte pour cela '. L'on dit qu'à Bruxelles il se fait force ballets, combats à la barrière, tournois, courses de bague, et autres telles choses. Ici il ne se parle que de jouer. Toutefois on aura jeudi un ballet de réputation, que fait M. de Vendôme.

Vendredi dernier Monsieur le Dauphin jouant aux échecs avec la Luzerne *, qui est un de ses enfants d'honneur, la Luzerne lui donna échec et mat ; Monsieur le Dauphin en fut si fort piqué, qu'il lui jeta les échecs à la tête : la Reine le sut, qui le fit fouetter par M. de Souvray, et lui commanda de le nourrir à être plus gracieux j elle l'a jugé nécessaire pource que ce prince, extrêmement généreux, ne veut rien souffrir

3. Philippe de Harlay, comte de Césy, dont il a été question plus haut (lettre 17, p. 40, note 10), épousa en 1610 Marie de Béthune, fille de Florestan, seigneur de Congis, et de Lucrèce Coste. 11 fut pendant vingt-quatre ans ambassadeur à Constantinopie.

4. Léonidas de Béthune, seigneur de Congis, meslre de camp d'un régiment français en Hollande.

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