‹ Œuvres complètes;Chapitre 135 sur 436 · A Paris, ce lundi 28* de juin · texte numérisé non relu

A Paris, ce lundi 28* de juin

Monsieur, il y a trois ou quatre jours je vous écrivis fort au long par le sergent Louis : je pensois qu'il de-

27. Saint-Lazare. Cette ancienne église, dont le nom indique l'emplacement (faubourg Saint-Denis), a été démolie en 1823.

28. Ce dernier paragraphe est au verso du dernier feuillet, à côté de la suscription.

LBrjTRE 74. — I. L'original de cette lettre a été enlevé du ma-

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voit partir à l'heure même que je lui baillai ma lettre ; mais cette après-dînée je Tai trouvé emmi la rue, en état de ne partir peut-être de huit ou dix jours. Quoi qu'il en soit, je ne me travaillerai pas à vous répéter ici les mêmes choses; je vous dirai seulement que je reçus hier votre lettre du 10^ de ce mois, où vous me mandez l'indisposition de Monsieur le premier président. Je loue Dieu qu'elle vous donne espérance de n'être pas longue. Votre province est en paix , mais elle a besoin d'y être maintenue, et je ne doute pas que sa présence n'en soit un des principaux moyens. Vous avez très-bien fait de châtier ce coquin d'Arles : si vous m'eussiez mandé son nom et les langages qu'il avoit tenus, la Reine l'eût su comme elle a su la punition de Costes ^ . Depuis ma dernière lettre , nous n'avons rien de nouveau : l'on avoit résolu, comme je vous écrivois, de porter aujourd'hui le corps du feu Roi à Notre-Dame; mais ce ne sera que demain; mécredi il sera porté et enterré à Saint-Denis, jeudi le service et le festin se feront. Nous attendons cette semaine Monsieur le Prince, ou au commencement de la prochaine. M. le comte de Soissons a eu le gouvernement de Normandie, quelque opposition qu'y eût apportée M. le prince de Conty : il s'y est tellement roidi qu'il n'a voulu prendre aucune offre que la Reine lui ait faite; et jusques à cette heure on l'a toujours tenu en cette opinion que les choses sont en l'état qu'elles étoient du vivant du feu Roi. Il n'y a rien de résolu pour

nuscrit, où l'avait copié l'éditeur de 1822. — Nous l'avons collationiiée sur le manuscrit Fortia qui nous a fourni une addition assez importante.

2. Malherbe fait probablement ici allusion à l'histoire d'un procureur de Provence qui fut envoyé aux galères pour avoir apporté à Aix de prétendues prophéties de Nostradamus. Voyez le Mercure, année 1610, p. 437.

le fait de M. d'Arquien*; les uns disent que la citadelle — ; — de Metz lui demeurera et que la Reine y est fort résolue ; les autres croyent que on contentera M. d'Espernon : ce qui en succédera sera fait dans peu de jours. Le mariage de M. le prince de Joinville ne va pas si vite qu'on Tespéroit, et même on doute qu'il ne se rompe tout à fait. Voilà tout ce que en particulier je vous puis dire , et en général les choses sont les plus calmes qu'on le sauroit désirer; ce sont des efifets de la bonté de Dieu et de la sagesse de notre très-bonne reine. Elle me fit cet honneur de m'accorder, samedi dernier , une méchante affaire que l'on me dit valoir dix mille écus* ; mais je suis si malheureux que je n'en dois rien espérer, et si on m'en oflFroit mille , ce seroit plus que je n'en puisse jamais avoir : j'en attends l'événement, nous verrons quel il sera. J'ai su que M. de Valavez s'en revient par deçà; je vous prie, Monsieur, me faire cette faveur de bailler à ma femme quatre cent cinquante livres , et je les rendrai, par deçà, ou à lui ou à tel autre que vous me manderez : je me promets cette courtoisie de vous, et ne vous en importunerai point davantage. J'ai baillé la lettre que vous écrivez à Monsieur l'évéque de Toul à un nommé Richardet, son secrétaire, dès le jour même que je l'ai reçue*. Je solliciterai M. Beys de vous envoyer ce que vous desirez.

Je ne vous fais point de profession nouvelle de service. Il vous est tellement acquis par toute sorte d'obligations que vous devez vous en assurer. Adieu, Monsieur; je vous baise et à M. de Valavez bien humblement les mains, et suis votre très-humble et affectionné serviteur.

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