Malherbe a substitué tient à fait état, qu'il a raturé
Lettre 89. — i . Dans l'autographe, il est précédé de car, biffé.
LETTRES A PEIRESC. aa3
y ont proposé de le canoniser en cette qualité. Vous avez su ce qui s'est passé à Bourg' : la Reine y a envoyé M. de la Varenne. Je me doute bien que ce ne sera rien, et que s'il en doit sortir quelque chose , ce sera que Messieurs de la religion , en leur assemblée qu'ils vont tenir à Châtelleraut, la demanderont pour place de sûreté. De l'armée de Savoie, j'ai toujours cru que ce seroit ce que c'est. Je crains bien que M. le comte de la Roche* n'y reçoive de mauvaises nouvelles de Madame la comtesse sa femme : il y a trois jours qu'elle est en l'agonie de la mort, et n'est défendue que de son grand courage. Dieu veuille que la fin en soit autre que tout le monde ne la croit ! Mme la comtesse de Sault, ne voyant point d'assurance aux remèdes de la terre, s'est résolue à ceux du ciel, et s'est vouée à Notre-Dame de Montaigu en Flandres, qui est une dévotion aujourd'hui extrêmement célèbre. Dieu lui en donne bonne issue ! Elle n'attend que le beau temps pour se mettre en chemin. J'ai recouvert une des médailles d'argent qui furent mises aux fondements du bâtiment que la Reine fait faire au bois de Vincennes ; vous l'aurez à mon retour de Fontainebleau , où je m'en vais sur la fin de cette semaine pour me ramentevoir en la clôture de l'état des pensions, qui se va faire la semaine prochaine. Il y a longtemps que l'on n'y peut donner de fin ; mais si faudra-t-il qu'on mette en repos les craintes et les espérances où cette suspension
a. M. de Bellegarde, ayant voulu visiter Bourg, dépendance de son gouvernement de Bourgogne, y avait été reçu à coups de mousquet par les soldats de Boesse qui en était le gouverneur. Pour terminer cette affaire, on donna cent mille écus à Boesse, qui sortit de la -«ille après en avoir fait raser les fortifications. Voyez les Mémoires de Richelieu, année 1611, et le Mercure français, 161 1, p. 5l.
3. Balthasar Flotte, comte de la RocLe. Sa femme mourut le 6 avril, et la comtesse de Sault le lendemain.
tient la plus grande partie de la cour. Je vous eusse dès à cette heure envoyé votre médaille , mais je ne sais qui sera le porteur de ce paquet; voilà pourquoi je ne l'ai pas voulu* hasarder mal à propos : avec cette-là, vous en aurez une de celles du sacre de la Reine, si déjà vous n'en avez eu par M. de Valavez. Je crois qu'il vous aura averti comme j'ai satisfait à la somme que vous aviez prêtée par delà à ma femme. Je vous prie m'en donner avis, et croire que si j'ai rendu l'argent, je ne pense point avoir acquitté l'obligation; je la conserverai, avec une infinité d'autres, aussi longtemps que Dieu me prêtera la vie; et jusques à ce terme-là je serai. Monsieur, votre très-humble et très-affectionné serviteur,
Malherbe.
J'écrirai, par M. du Mas, à Monsieur le premier président : tenez-moi toujours en ses bonnes grâces, s'il vous plaît.
J'oubliois à vous dire que Mme la marquise de Verneuil a tenu le tapis quelque temps ; à cette heure il est à Madamoiselle sa sœur * : elle prétend que M. de Bassompierre lui a promis mariage, et le prouve , outre les papiers, par un enfant qu'elle a dit avoir de lui. Elle le fit citer il y eut samedi huit jours : il s'en alla tout aussitôt* à Fontainebleau, où il est encore. Je l'ai vue, et sa mère aussi, depuis que cette affaire est commencée; mais je ne vois rien en leurs visages qu'une fort bonne mine, feinte ou véritable. La Reine est pour M. de Bassom-