‹ Œuvres complètes;Chapitre 192 sur 436 · Peut-être Charles Tiercelin, seigneur de Saveuse · texte numérisé non relu

Peut-être Charles Tiercelin, seigneur de Saveuse

8. Au lieu de : « l'on nous dit, » Malherbe avait mis d'abord : a je crois. 9

LETTRES A PEIRESC. aSi

loo. — De Paris, ce 9* de novembre.

Monsieur, pardonnez à ma paresse; je ne sais si je me flatte, mais je la trouve assez bien fondée pour cette fois. Je ne suis de retour en cette cour que depuis trois ou quatre jours, et d'ailleurs je ne vois rien à votre goût ni au mien. J'ai passé toute la journée au Louvre pour y apprendre quelque chose qui valût vous entretenir; mais* j'en suis revenu comme j'y étois allé. M. le comte de Soissous est parti ce matin pour s'en aller tenir les états à Rouen; il devoit aujourd'hui voir Mme de Lorraine'; toutefois il est parti devant qu'elle fût levée. Monseigneur le Prince est encore à Valéry. On s'en va dans deux ou trois jours à Saint-Germain, pour faire voir Messieurs et Mesdames à Mme de Lorraine. Tout cela ne sont pas grandes nouvelles, mais c'est tout ce que nous avons. Si j'en avois de plus sérieuses' , vous les auriez volontiers, pour vous récompenser de celle que vous m'avez donnée de la guérison de Monsieur le premier président. Je m'en réjouis de tout mon cœur ; mais il me déplaît fort de tant de rechutes. On m'a dit qu'il impute son mal à la demeure du Palais; pour moi je crois qu'il la* faut chercher aux humeurs mélancoliques où il semble qu'il prenne plaisir de s'entretenir' : on peut bien penser au

Lbttbk 100, — I. 3ïaîs a été substitué à et.

2. Marguerite de Gonzague, seconde femme de Henri duc de Lorraine, morte le 27 février i632. Elle était fille de Vincent duc de Mantoue et d'Éléonore de Médicis, sœur de Marie de Médicis. Voyez le Mercure, i6li,p. l58.

3. Au lieu de sérieuses, Malherbe avait d'abord écrit grandes; et, à la ligne suivante, remercier, au lieu de récompenser.

4. Telle est la leçon du manuscrit; la, dans la pensée de Malherbe, se rapportait sans doute à l'idée de cause, implicitement contenue dans ce qui précède.

5. Le séjour de Provence ne plaisait guère à du Vair. Dans diverses lettres à de Thou , conservées à la Bibliothèque impériale,

public et ne se négliger pas ; ce ne sont pas deux soins contraires. C'est à vous, qui êtes auprès de lui, et qui l'aimez, de lui en faire des reproches et Texhorter à s'aimer plus qu'il ne fait; ce n'est pas tout que d'aller au terroir de Marseille , il y faut aller avec un esprit libre et déchargé d'affaires. Je lui écrirai par la première voie. Cependant il saura, s'il vous plaît, de vous que je lui baise bien humblement les mains et que je suis son trèshumble sei-viteur, comme à vous le vôtre très-obligé et très-affectionné,

Fr. de Malherbe.

Vous m'écrivez que vous attendez un cardinal Ducani*; je ne sais qui il est. Je vous prie par votre première de m'en éclaircir.

loi. — A Paris, ce 25* de novembre.

Monsieur , encore que depuis trois mois je n'aye reçu qu'une lettre de vous, je ne me veux pas imaginer que vous ne m'aimiez comme de coutume, mais que vous avez cru que j'étois encore en Normandie, qui est, à vous autres Messieurs de Provence, être quasi hors du monde. J'en suis de retour depuis environ trois semaines, et vous ai écrit par Valentin, sans nouvelles toutefois, comme je fais encore à cette heure. Ce fut alors pource que je n'en avois point, et aujourd'hui c'est que de la principale

il ne cesse de se plaindre des tracas sans nombre qui lui étaient suscités au parlement. (Collection Dupuy, manuscrit 802.)

6. Le manuscrit porte Ducani ou Ducain. — 11 n'a existé aucun cardinal de ce nom. Malherbe a évidemment mal lu l'écriture de Peiresc, qui peut-être a voulu parler du cardinal decano, c'est-à-dire doyen du Sacré Collège. S'il en était ainsi, il s'agirait de l'évêque d'Ostie Galiio, mort doyen des cardinaux en 1620.

nouveauté* que nous ayons, qui est renterrement fait ce " matin de feu Monseigneur', je ne vous puis rien dire, pour n'y avoir pas été, et que M. de Valavez, qui a eu cette curiosité d'y aller, vous en fera , comme il fait de toutes choses, le discours assez particulier. Cette cour a plaint la mort de ce prince, et pour être ce qu'il étoit, et pour les grandes espérances qu'en avoient fait concevoir je ne sais quels signes qui furent vus à Fontainebleau à sa nativité. Mais la douleur de la mort du feu Roi est si récente, qu'après cela il semble que toutes nos plaies ne puissent jamais être prises que pour des égratignures. Mlle de Montpensier fut hier voir la Reine avec le graud deuil, c'est-à-dire voile, nages*, et tout l'équipage que les veuves portent ordinairement. La Reine la reçut avec toutes sortes de caresses, et la dispensa de porter cet habillement , pource qu'il la charge trop. A son entrée , la Reine s'émut , et porta le mouchoir au visage; tant y a qu'elle est de nouveau promise à Monseigneur * qui est à cette heure. De quoi la Reine l'assura qu'elle ne seroit pas tant respectée qu'elle l' étoit de feu Monsieur, d'autant qu'il ne la baisoit jamais sans lui demander son congé , et que cettui-ci n'en feroit pas de même.

La citadelle de Bourg n'est point encore bas, quoique

Lettre ioi. — i, Malherbe avait d'abord écrit : « c'est que la principale nouvelle que nous ayons, qui est l'enterrement, etc., je ne vous en puis rien dire. »

a. N. duc d'Orléans, second fils de Henri IV, mort le 17 novembre 161 1. Voyez au tome I, pièce liv, l'épitaphe que lui composa Malherbe ; voyez aussi le manuscrit 1 10 de la collection Dupuy.

3. Nous n'avons pu trouver ce mot dans aucuu lexique. Il a probablement un sens analogue à celui de l'espagnol naguas, enaguas, qui signifie a jupon , » et désignait particulièrement une jupe de frise noire qui se portait dans les grands deuils.

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