‹ Œuvres complètes;Chapitre 236 sur 436 · Renouveau, printemps · texte numérisé non relu

Renouveau, printemps

LETTRES A PEIRESC. 3o5

demanda permission de coucher en la salle de ses gardes sur une paillasse , ce qui lui fut accordé ; de sorte qu'il a joui de cette concession jusques à vendredi au soir, qu'il revint chez lui, où je crois qu'il coucha plus mollement qu'à Fontainebleau , mais non pas peut-être plus à son gré. Il n'est rien du bruit qui a couru de la mort du marquis de la Force ' , en duel avec le comte de Gramont. Je sollicite tant que je puis ma mémoire pour me fournir quelque chose de plus et de meilleur, mais elle n'a rien; ainsi faut-il que je Buisse. Je vous baise donc les mains très-humblement , et à Monsieur le premier président ; je lui écrivis il y a dix ou douze jours, si bien que quand je lui voudrois écrire, je n'aurois autre chose à lui mander, sinon que je suis son serviteur très-affectionné : vous le lui direz , s'il vous plaît , et croirez que je suis le vôtre de tout mon cœur,

Fr, Malherbe.

Je vous prie d'assurer M. le président de la Ceppède que je suis son très-humble sei*viteur. Il n'y a que fort peu de temps que je lui ai écrit. Il m'excusera pour ce coup; puisque je n'ai rien à lui mander que ce qu'il sait bien , qui est que je suis son très-humble serviteur.

Toubliois à vous dire que ce matin j'ai été voir M. du Maine , qui m'a dit sur le sujet de la guerre de Savoie , qu'il étoit en peine d'un paquet que M. du Vair lui avoit fait tenir par la voie de M. Aleaume ; et que trois ou quatre fois il avoit envoyé chez M. Aleaume , qui lui avoit toujours fait réponse qu'il n'en avoit point de nouvelles.

7. Henri-Nompar de Caumont, duc de la Force après la mort de son père. — Devant duel, il y a u«, effacé.

Malubobe. m ao

3o6 LETTRES A PEIRESC.

Dispersît superbos mente cordis suij c'est tout ce que je sais du Magnificat'.

I20. — Paris, ce 22^ de mai.

Monsieur, il n'y a que deux jours que je vous écrivis par mon neveu de Châteauneuf *. Je mis la lettre dans un paquet dont l'adresse étoit à ma femme; je m'assure qu'elle la vous aura fait tenir. Je n'ai pas oublié, quand il est parti, de lui dire ce qui étoit de son devoir, à quoi je l'ai trouvé très-disposé. Je ne vous écrirai point de nouvelles, pource qu'il n'en est point, et que s'il en est, c'est à Fontainebleau qu'on les apprend et non pas à Paris, où un malotru petit procès me tient encore pour huit ou dix jours. Devant que de partir, je verrai, si je puis, les noces des Toupinamboux. J'ai fort prié une princesse qui est ici de les faire à son logis; mais il n'y a eu ordre de vaincre son obstination : elle dit que pour eux elle est bien contente de leur donner à dîner, mais que Mesdames leurs femmes ne pouvoient

être que vous m'entendez bien. Elle ne les veut pas

voir chez elle. Ce n'est pas qu'elle n'y en voye de pires tous les jours; mais le scandale non plus que le gibet n'est que pour les malheureux. Mme de Villars devoit arriver hier en cette ville : je ne crois pas qu'elle soit longtemps ni ici ni ailleurs; car sa maladie est dange-

8. Ce paragraphe et le précédent sont sur des feuillets séparés et ne faisaient peut-être pas partie de la lettre du 19 mai. Le second surtout semble se rapporter à la guerre des princes de 161 4 ou de 161 5.

Lettre 120. — i . Jean Joanuis, sieur de Châteauneuf, fils du beaufrère de Malherbe Arnoul Joannis, sieur de Châteauneuf, dont nous avons parlé plus haut, lettre 11 3, p. 288, note la, et dont il sera question plus d'une fois.

reuse, comme d'une personne qui vomit le sang'. On allègue ici force exemples de personnes cpii en ont été guéries; mais' il y en a aussi d'autres qui en meurent, et je ne sais desquelles elle sera. M. du Maine va demain à Fontainebleau; M. du Bouillon y est ; Monsieur le Prince y arrive lundi au plus tard. Pour la guerre de Montferrat*, elle se ressuscite un petit; mais je crois que c'est par enchantement et que ce n'est pas une vie vraiment vitale. On attend ici don Inigo, ambassadeur d'Espagne, pour résoudre le temps des mariages. Le roi d'Espagne veut toujours que ce soit en septembre prochain; la Reine demande une remise jusqu'au renouveau, et je crois que cela se fera. J'avois oublié à vous remercier de l'avis que vous me donnez. Je le fais de tout mon cœur, et vous prie de me continuer cette bonne volonté, comme à celui qui est de tout son cœur votre serviteur trèshumble et très-affectionné ,

Fr. Malherbe.

J'en dis de même à Monsieur le premier président. J'oubliois à vous dire que l'on menace la paulette, je ne dis pas la fille de Paulet*, mais le droit annuel.

». Tallemant prétend que cette maladie était feinte. {Historiette Je Mme de Villars, torae I, p. ai 3.)

Page 1