‹ Œuvres complètes;Chapitre 28 sur 436 · A six lieues environ au sud de Paris (Seine-et-Oise · texte numérisé non relu

A six lieues environ au sud de Paris (Seine-et-Oise

5. Jacqueline de Bueil, comtesse de Moret, maîtresse de Henri IV.

LETTRES A PEIRESC. afi

s'il en réussira quelque chose : j^ ne suis jamais guère trompé, car je n'espère rien. Votre Gascon veut présenter requête pour sortir ; on lui a refusé le pain du Roi * : avisez ce que vous voulez que l'on y fasse. M. le chevalier de Vauclause' m'en parla hier; je lui dis que je vous en avois écrit, et que je vous en écrirois encore, pour faire ce que vous ordonneriez. Je voudrois qu'il fût en la conciergerie d'Aix; je m'assure qu'il parleroit; ici il ne veut rien dire, quelques menaces et promesses qu'on lui fasse. Mandez-m'en ce que vous desirez qui s'en fasse, puis* aimez-moi toujours et me tenez pour votre très-humble serviteur et très-affectionné.

la. — [Janvier*.]

Monsieur , j'ai reçu deux de vos lettres tout en un jour ; mais pour cela je ne louerai pas votre dihgence, car j 'avois été près d'un mois sans en recevoir ; je vous y répondrai par un messager qui doit partir au premier jour; cette-ci sera une recommandation pour M. Morant , premier commis du trésorier de l'Épargne. Imaginez-

6. « Le pain du Roi, dit le Dictionnaire de Trévoux^ est le pain que le Roi donne sur le fonds des amendes aux pauvres prisonniers. »

7. Les seigneurs de Vauclause étaient une branche de la maison de Villeneuve. — Le chevalier dont parle Malherbe était probablement Christophe de Villeneuve, seigneur de Vauclause, chevalier de l'ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, mort le a6 juillet i6i5.

8. Il y a maintenant un trou dans le papier à la place où est puis j que nous donnons d'après le manuscrit Fortia et l'édition de Biaise.

Lettbe 12. — I. La cote de Peiresc porte janvier 1607, sans indication de jour.

3. Thomas Morant, baron du Mesnil-Gamier, conseiller au grand

a6 LETTRES A PEIRESC.

vous tout ce qui se peut dire et écrire pour vous prier de vouloir assister un mien ami, et pensez que je le vous dis et le vous écris. Ne regardez point à celui qui vous prie, mais à celui pour qui vous êtes prié. Il n'y a rien au monde de si courtois, ni de si officieux ; et je m'assure que quand par deçà il s'ofFriroit quelque sujet de se revancher en votre endroit, vous penseriez que je vous aurois fait un plaisir bien grand et bien particulier, de vous avoir fait intercéder pour un homme de son mérite. Après vous avoir dit cela, ce seroit chose superflue de vous dire que j'estimerai ce que vous tenterez pour lui, comme fait à moi-même ; car ce seroit vous bailler une mauvaise dette pour une bonne ; mais puisque vous m'aimez, je me dispenserai de croire' que ma prière ne lui sera point inutile. Je vous la fais donc très-affectueuse, Monsieur, et de me tenir éternellement pour votre très-affectionné serviteur.

i3. — A Paris, ce 8« de février'.

Monsieur, je vous écrivis dernièrement par l'honMne de M. Morant, commis du trésorier de l'Epargne; mais je ne vous écrivis point de nouvelles, attendant que ce messager partiroit, et vous porteroit ce qui seroit depuis sui-venu ; mais la saison est si stérile de toute sorte d'accidents, que je ne sais de quoi vous entretenir. Il se fait ici force ballets : nous en avons un pour mardi prochain,

Conseil (i6o5), trésorier de l'Épargne (1617), grand trésorier, et commandeur des ordres du Roi (1621), né en i584, mort eu i65i.

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