‹ Œuvres complètes;Chapitre 283 sur 436 · A Paris, ce 10' de février · texte numérisé non relu

A Paris, ce 10' de février

Monsieur, tout va mieux ici que ron ne vous mande, je le sais bien, car il y a des gens qui sont faits d'une façon qu'ils ne cherchent * que le mauvais temps, et pensent que tout ira de travers à force de le dire. Je vous répète encore une fois que il n'y a du tout rien de nouveau, et ne vois point que les gens de bien ayenl* de quoi craindre ce dont les méchants semblent entrer en espérance. Je vous en écrirois plus particulièrement; mais ce porteur sera un mois par les chemins, si bien que ce que je vous manderois seroit sans grâce quand il arriveroit. Il va partir, à ce que m'a dit M. l'avocat général Monier, un honmie en poste, par lequel vous saurez ce que je sais et que je saurai entre ci et là. Il me sufïït que vous voyez que ce n'est pas la paresse qui m'empêche de vous faire une plus longue lettre ; ce n'est ni mon désir ni ma coutume; car puisque je ne vous puis servir en autre chose, pour le moins le veux -je faire à vous donner de l'entretien. Je pensois aller remercier Monsieur l'archevêque d'Aix de l'honneur qu'il a fait à mon

18. Le dessin et l'explication qui le suit sont de la main de Malherbe. Lettre 147. — l. Cherchent a été substitué à demandent. 2. Au lieu des mots : 0 que les gens de bien ayent, » Malherbe avait mis d'abord : « qu'il y ait. »

fils; mais Ton me dit qu'il est allé au Fay '. S'il aimoit autant que moi le repos et du corps et de l'esprit, il ne se tourmenteroit ni l'un ni l'autre comme il fait : chacun vit à sa mode, et vivra tant que le monde sera monde. Pour moi, je serai toujours très-humble serviteur et trèsaffectionné de ceux qui m'aimeront, entre lesquels vous aurez toujours le lieu que vous vous y êtes acquis par les faveurs que j'ai reçues et que je reçois journellement de vous. \

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