‹ Œuvres complètes;Chapitre 321 sur 436 · Devant cli£z lui, le manuscrit porte averti, biffé · texte numérisé non relu

Devant cli£z lui, le manuscrit porte averti, biffé

le lendemain ou lundi, qui étoit hier ; l'on croit que ce fut plutôt hier que dimanche. De là elles s'en vont aux états à Nantes; et si doute que la Reine n'aille jusques à Blavet, car on a dit qu'elle le veut faire raser en sa présence. Je crois que ceux qui ont fait les mauvais en Bretagne sont bien empêchés de leur contenance. L'on tient qu'à ce coup M. de Vendôme désarmera. Il se parle de bailler le gouvernement de Poitou à M. le maréchal de Brissac, et récompenser* M. de Sully, et bailler à M. le maréchal de Bois-Dauphin la lieutenance de Bretagne. L'on tient que la haine que l'on y porte à M. le maréchal de Brissac acquiert à M. de Vendôme ce qu'il y a d'amis. L'on a parlé aussi de récompenser M. de Rochefort, et bailler sa charge, qui est la lieutenance de Roi en Poitou, à M. de Saint-Luc. Nous avons encore ici des gens qui philosophent sur toutes choses, et veulent être estimés plus fins que le commun, qui tiennent que l'on ne reviendra point sans faire noces, et allèguent, pour fortifier leur soupçon, qu'il y a trente brodeurs qui travaillent tous les jours aux habits de Madame. Il y a déjà plus d'un mois que je sais que l'on avertit une dame que si elle vouloit voir l'ameublement de Madame, elle se dépêchât, et que on l'alloit emballer. Nonobstant tout cela et autres conjectures , moquez-vous de tout cela : les rois de France et d'Espagne ne sont point gens à dérober des mariages; quand ils voudront une chose, il n'y a que Dieu seul qui la puisse empêcher ; et souvenezvous. Monsieur, qu'il n'y a huguenot qui osât y avoir pensé*, et que la Rochelle même ouvrira ses portes, et priera Leurs Majestés d'y entrer. La Reine parla à M. du

Lettre i68. — i. Voyez plus haut, p. 4^6, note i4' 1 . Il y a ici deux mots écrits en chiffre, qui ont été effacés et sont illisibles.

Plessis' du bruit que Ton faisoit courir qu'elle alloit pour faire les mariages, et lui dit que quand il seroit temps de les faire, qu'elle ne les feroit point à la dérobée. Il lui répondit qu'elle savoit mieux que nul autre ce qui étoit bon pour le Roi et pour le royaume, et que personne ne s'opposeroit à sa volonté. Ce sont chimères que de penser à la guerre; ceux qui avoient donné quelque apparence de la faire * sont si honteux de ce qu'ils ont fait, encore plus de ce qu'ils n'ont pu faire, qu'ils voudroient être morts. Ce voyage a fait des merveilles, et pour le moins a-t-il fait connoître que le Roi n'est ni boiteux, ni bossu, ni' nourri dans du coton, comme on l'avoit fait accroire aux provinces ; il se porte très-bien, Dieu merci, et mieux que ceux qui faisoient courir ces plaisants bruits*. La cour ne fut jamais grande comme elle est, tant est grand le nombre des gentilshommes qui de tous côtés viennent trouver le Roi. Mme de Vendôme est accouchée d'une fille' : ce sera, si Mme de Mercœur est crue, pour M. le duc de Joyeuse; au moins lui ai-je ainsi ouï dire. Il y a du loisir d'y penser; devant que les personnes soient en âge, les choses ne seront pas comme elles sont. Vous avez su la mort de M. le prince de Conty, qui décéda il y eut dimanche huit jours ' . Madame la prin-

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