‹ Œuvres complètes;Chapitre 323 sur 436 · De Paris, ce 17" d'août · texte numérisé non relu

De Paris, ce 17" d'août

Monsieur, cette lettre languira par les chemins; mais je la hasarderai, de peur d'être longtemps sans trouver d'autre commodité. N'exigez pas de moi grandes nouvelles, car nous sommes à cent lieues de la cour, ou peu s'en faut. Leurs Majestés sont à Nantes, où les états de la province sont assignés. Il a couru aujourd'hui un bruit qu'EUes les alloient tenir à Rennes, mais je n'en crois rien. M. de Vendôme, à ce que l'on tient, s'est reculé à Lamballe; il s'étoit approché à Anceny, qui est une maison de Madame sa femme, entre Angers et Nantes, et croyoit-on qu'il viendroit à Angers; mais il a pris l'alarme, à mon a>is, d'une députation qu'a fait* la province de Bretagne au Roi, de lui en * ôter le gouvernement. Ils allèguent leurs privilèges , aussi bien que Marseille , et qui plus est, ils disent que s'il faut assiéger M. de Vendôme , ils feront les frais du siège ; s'il leur faut payer* le gouvernement, ils le lui payeront. Il sera malaisé de refuser leurs offres ; leurs plaintes contre lui sont grandes, et surtout de la violence de ses soldats, à qui ils disent qu'il a donné toute impunité*. Dans cinq ou six jours nous saurons à quoi aboutira celte affaire. Je vous ai toujours dit que vous vous gardiez bien de croire les bruits du mariage ; je le vous dis encore. L'on m'a dit que l'on fait le procès au marquis de Bonnivet, pour tout plein de mauvais actes qui se sont faits ou par lui ou par les siens. Il y en a qui disent qu'il est con-

Lettke 169. — I. Il y D fait, sans accord, dans l'autographe, a. J?n a été ajouté après coup, au-dessus de la ligne.

3. S''illeur faut payer a été substitué à s'il lui faut rembourser du; à la ligne suivante, leurs offres à les offres.

4. Il y avait d'abord : a de ses soldats, dont ils disent qu'il leur a promis l'impunité. »

damné; je n'en sais rien, mais je crois que puisque l'on a commencé Ton achèvera. Un nommé Bonneraut , capitaine des Ponts-de-Cé, vint trouver le Roi à Saumwr, et le supplia de lui faire l'honneur d'aller voir sa place. Le Roi le regarda fixement, et sans lui répondre lui tourna le dos. Le pauvre homme s'adressa à M. de Souvray, et lui dit qu'il croyoit que l'on lui avoit foit quelque mauvais office auprès du Roi. M. de Souvray lui dit qu'il n'en avoit rien su, et qu'il en parleroit au Roi; ce qu'il fit. La réponse du Roi fut qu'il ne vouloit point voir un homme qui avoit dit que si Monsieur le Prince prenoit le turban, il le prendroit* avec lui. Pour le retour de Leurs Majestés, il est certain; car il sera ou plus long ou plus court, selon le cours des affaires. Mme la maréchale d'Ancre écrivit, il y a quelques jours, à la Reine qu'elle la supplioit de lui mander si elle seroit encore longtemps en son voyage, afin qu'elle l'allât trouver* si elle ne revenoit bientôt. La Reine lui répondit qu'elle ne sauroit que lui dire du temps de son retour, pource que cela dépendoit des affaires, et qu'elle n' avoit que faire de venir. Mme la princesse de Conty ne fera point de quarantaine , car la Reine ne lui a pas voulu permettre de s'en revenir. La pension de Monsieur son mari lui est continuée pour cette année, à cause des funérailles; et après cette année elle aura trente mille livres par an % jusques à ce que quelques dettes où Madame la princesse est obligée soient acquittées. Hier se fit l'élection du prévôt des marchands : M. le président Miron ' l'emporta; il n'y eut

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