‹ Œuvres complètes;Chapitre 336 sur 436 · Le prévôt des marchands, Miron · texte numérisé non relu

Le prévôt des marchands, Miron

10. Gouverneur de Loudun. Il fut assassiné par un de ses domestiques en avril i635.

— - — chambre du Roi, où étoit le Roi; il lui dit qu'il étoit chez la Reine : il dit qu'il Tattendroit pour lui faire la révérence.

Le Roi au même temps sorloit du cabinet de la Reine, pour s'en venir à cette petite chambre : quelqu'un lui dit que M. du Bouillon y étoit; il rentre chez la Reine, et le lui dit. La Reine lui répondit : « Eh bien ! allez ; faiteslui bonne chère. »

Il s'en vient donc : M. du Bouillon lui fit la révérence, et lui dit quelque chose de son affection à son service, et qu'il venoit pour l'en assurer. Le Roi répondit : « Vous soyez le bienvenu, si vous venez avec de bonnes intentions. » Il répliqua là-dessus qu'il n'en avoit jamais eu d'autres, mais qu'il avoit des ennemis qui lui faisoient de mauvais offices. Le Roi lui dit qu'il l'aimeroit, pourvu qu'il fît mieux à l'avenir qu'il n'avoit fait par le passé, et se tourna d'un autre côté.

M. du Bouillon, sortant de là, rencontra M. de Souvray, qui y venoit, et lui dit qu'il venoit de saluer le Roi, qui à la vérité lui avoit fait bon visage, mais lui avoit tenu des paroles fort rudes. B5. de Souvray lui dit qu'il ne savoit ce que c'étoit. Il s'en alla chez la Reine, à qui il fit la même plainte; la Reine lui répondit que ce n'étoit rien que cela, et qu'il ne falloit pas qu'il y prît garde, et qu'il s'en vînt aux états, ce qu'il fit.

MmedeNevers vint mardi au soir, sur les six** heures du soir, baiser les mains à la Reine ; la Reine étoit lors au cabinet du conseil, debout, appuyée contre la table. Comme Mme de Nevers fut à trois ou quatre pas de la Reine, elle lui fit une grande révérence, et se tourna vers

1 1 . six a été substitué à cinq. Deux lignes plus loin, debout a été ajouté après coup.

Mme de Guise la douairière ", qui étoit près de la Reine, à son côté gauche , et lui en fit une petite. S'étant approchée de la Reine, elle lui en fit une autre, et lui baisa la robe, puis se releva, et lui dit quelque peu de chose , comme de la longueur de cinq ou six lignes. La Reine lui répondit : « Vous soyez la bienvenue; » et continua encore quelque deux douzaines de paroles. A quoi Mme de Nevers répondit ; mais ce fut si bas que , encore que je fusse tout joignant, et que je tendisse l'oreille fort attentivement, je n'en pus rien ouïr, ni de ce que la Reine lui répliqua, hormis le dernier mot de la Reine, qui fut : «< Qu'il continue en cette volonté. » Mme de Nevers alors ne répondit plus rien que ces propres paroles : « Madame, il n'y manquera jamais. » Là-dessus la Reine lui dit tout haut : « J'ai vu ce malin votre fils*'; » et elle lui dit : « Mon Dieu, Madame, j'en suis si honteuse! car il est si malappris, et puis il est si maigre que rien plus, comme venant de faire deux cents lieues. » Et alors on s'assit.

Le Roi a eu deux accès de fièvre tierce, mais au troisième accès eUe a cessé. Il se porte fort bien, grâces à Dieu, et la Reine aussi.

On avoit proposé de faire les trois premiers commis de l'Épargne trésoriers des pensions , chacun en son année", à la charge qu'ils bailleroient deux cent mille écus; mais les trésoriers ont pris le marché pour eux : ils prendront six deniers pour livre sur les pensionnaires.

VoUà tout ce que vous saurez pour cette heure.

la. L'autographe porte ici douairière; plus haut (p. 454)> nous avons vu, dans le même sens, douaire.

i3. François de Paule, duc de Réthelois, mort le i3 octobre i6ia, à seize ans.

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