‹ Œuvres complètes;Chapitre 37 sur 436 · Voyez plus haut, p. 34, note · texte numérisé non relu

Voyez plus haut, p. 34, note

4. Paul Hurault de THospital, archevêque d'Aix de iSgSàiôaS.Le

4q lettres a peiresc.

au sortir du prêche du P. Cotton *, m'entretint fort du

1607 regret qu'il avoit d'être hors d'avec son troupeau, et me dit qu'il s'étoit fié jusqu'à cette heure aux promesses que lui avoient faites quelques conseillers de votre parlement*, étant par deçà, que l'arrêt donné contre lui seroit arraché du registre ; mais que puisqu'il n'en voyoit point d'effet, qu'il étoit résolu d'en avoir la fin d'autre façon, ce que Monsieur le garde des sceaux' lui avoit promis; et que cela étant, il faisoit compte d'être à la mi-septembre en Provence, et n'étant point, qu'il se déferoit de son archevêché : je ne sais ce qu'il en sera. M. de Montglas *, premier maître d'hôtel chez le Roi, mourut vendredi au soir. M. de Frontenac ' a eu sa charge. Mme de Moret est démariée; il ne reste que d'avoir les expéditions de Rome, où l'on a envoyé pour cet effet; la capitulation est que M. de Sezy *" aura vingt

Gallia Chrîstiana (tome I, p. 336) menlîonne cette querelle du prélat avec le parlement d'Aix. Elle était survenue à l'occasion d'un prêtre, accusé d'un crime infâme [pess'imï criminis) et qui avait été puni du dernier supplice, sans avoir été dégradé par l'Archevêque. Celui-ci avait défendu à son clergé de donner l'absolution aux membres du parlement, qui, à leur tour, avaient rendu arrêt contre lui.

5. Le P. Cotton, jésuite, confesseur de Henri IV et de Louis XIII, mort en 1629.

6. Malherbe avait d'abord ajouté de Provence, qu'il a ensuite effacé, — Deux lignes plus loin , les mots a d'en avoir la fin d'autre façon » sont écrits dans l'interligne, au-dessus de ceux-ci, qui ont été effacés : « de voir la fin de son affaire. »

7. Nicolas Brûlart, marquis de Silleri, seigneur de Puisieux, chancelier de 1607 à 1616 et de 1628 à janvier 1624, mort le i*"" octobre 1624.

8. Robert de Harlay, baron de Montglas, Montglat ou Monglas. Il mourut le i3 juillet, « soudainement et avec soupçon de poison, » dit l'Estoile, auquel, en pareil cas, il ne faut point s'en rapporter.

9. Antoine de Buade, comte de Frontenac, conseiller d'État, chevalier de l'ordre du Roi (161 9).

10. Henri IV, pour posséder Jacqueline de Bueil, la fît marier ce en

LETTRES A PEIRESC. 4i

mille livres d'argent, et que sa pension de douze cents livres lui sera augmentée jusqu'à deux mille. Mme de Vemeuil a été quelques jours à Vanves , où l'on disoit qu'elle devoit prendre des eaux ; toutefois, après y avoir été cinq ou six jours, elle s'en est retournée à Marcoussy, maison de son père. Je la fus voir et reçus d'elle des caresses plus que je n'en pouvois espérer. Le Roi s'en va cette semaine à Monceaux pour prendre les eaux ; de là il ira achever l'été à Villers-Cotterets, et puis nous nous en retournerons à Fontainebleau. Il m'a promis une pension sur la première abbaye ou évêché qui vaquera : cela me tiendra encore ici quelque temps ; car sans cette espérance, j'aime trop la liberté pour m'en priver si longtemps. Voilà, Monsieur, toutes nos nouvelles; mais je me plains qu'en m'écrivant les vôtres vous ne m'avez pas mandé que vous étiez reçu conseiller", comme si vos prospérités m'étoient choses indifférentes : je ne laisserai pas de m'en réjouir avec vous, et de vous souhaiter que vous jouissiez longtemps de ce contentement. Quelque autre vous pourra faire ce compliment avec de plus belles paroles, mais nul avec plus d'affection, croyez-le, Monsieur, et m'aimez toujours comme

Votre plus humble et plus affectionné serviteur,

Fr. de Malerbe.

Pource que" vous avez été en Angleterre, je vous

figure, » comme ditTallemant (tome I, p. i55), à Philippe deHarlay, comte de Césy, à condition qu'elle ne serait que de nom la femme de celui-ci. Le mariage fut ensuite rompu moyennant trente mille écus que le Roi donna au mari.

11. La suscription de la lettre est ici pour la première fois : A Monsieur Monsieur de Peiresq conl^ du Roi au parlement de Provence; à la lettre suivante : conl^ du Roi en sa court de parlement à Jix.

12. Ce post-scriptum est placé de la même manière que celui de

4a LETTRES A PEIRESC.

dirai cette particularité, que M. le prince de Joinville a mangé à la chambre du lit, qu'ils tiennent être une extrême faveur. M. du Périer est si content des caresses qu'il a reçues du Roi, qu'il ne le fut jamais tant. A la vérité il lui en a fait de grandes démonstrations, par cinq ou six fois qu'il a parlé à Sa Majesté.

Monsieur, s'il se peut recouvrer de cette huile de fleur d'orange autrement qu'en beurre, faites-moi cette faveur de m'en envoyer, et donnez ordre qu'elle soit si bien accommodée qu'elle se conserve ; car un des petits pots se rompit dans la boîte, je ne sais par quel malheur. Il est vrai que le beurre se conserva, et qu'il n'y en eut de perdu que ce que l'on ne put séparer d'avec les morceaux de verre. Je rendrai ici à M. Ycart ce qu'il vous aura coûté, quand vous me l'aurez mandé. Si vous voulez quelque service de moi, commandez en liberté.

Monsieur, je suis lassé d'écrire; voilà pourquoi, voulant envoyer deux sonnets à Monsieur le premier président et à vous, je n'en ai fait qu'une copie *' : vous la lui baillerez, s'il vous plaît, et en ferez faire une pour vous, si vous jugez qu'ils le vaillent. Adieu, Monsieur; excusez ma poltronnerie.

i8. — Paris, ce 28* de juillet.

Monsieur, je vous écrivis, il y a dix ou douze jours, par le savetier, et m'excusai d'avoir été si longtemps sans m'acquitter de ce devoir, de sorte que je pense avoir satisfait à la plainte que vous m'en faites par une de vos

la lettre i5 : voyez p. 35, note 17. — A la date, qui se trouve, comme à l'ordinaire, après la signature, Malherbe a corrigé i6u6 en 1607. i3. Voyez tome I, pièces xxiv et xxv.

lettres que je reçus jeudi au soir. J'avois su par les lettres de Monsieur le premier président votre réception à Tétat de conseiller*, et m'en étois réjoui comme le me commandoil notre amitié; mais sans mentir, ce m'a été une bien plus grande joie de recevoir cette nouvelle de votre part, l'opinion que par là vous montrez avoir que vos prospérités me touchent, m'étant un argument trèscertain que vous m'aimez, et que vous vous assurez' de mon affection. Vous le devez faire, et imputer à ma mauvaise fortune si je ne suis capable de mériter l'un et de témoigner l'autre; mais c'est assez de cérémonie pour une âme franche comme la vôtre, et ennemie de simulation comme la mienne. Je fus hier au Palais trouver Mme Choucart, à laquelle je baillai votre rabat pour vous en faire. M. du Périer y étoit présent. Sans la fête de sainte Anne, qui est aujourd'hui, et dimanche qui sera demain, ils eussent été dépêchés incontinent. EUe m'assura que ce seroit pour mécredi prochain. Je revins de là chez M. du Monstier pour avoir son avis sur le fait de l'or moulu que vous desirez. Il n'étoit point au logis', j'y retournerai; et par le premier messager qui partira, je vous ferai tenir tout ce que vous desirez.

Nos nouvelles sont que l'on est toujours sur la composition des financiers. Quand le Roi partit, ils offrirent six cent mille livres, le Roi en vouloit un million ; depuis, les uns tiennent la chose achevée, les autres non du tout : quoi qu'il en soit, l'affaire est en beau chemin. M. le

Lbttbk i8. — I. Peiresc avait eu, dès 1604, les lettres patentes qui le nommaient conseiller à la place de son oncle ; mais bien qu'il les eût présentées cette année même, il ne se fit recevoir que le 24 juin 1607. Voyez les Épïstres françaises à J. J. de la Scala, p. a45.

a. Malherbe avait d'abord écrit : « et que vous êtes assuré; » et au commencement de la phrase suivante : 0 Vous devez faire l'un et l'autre. » Devant le verbe mériter de la ligne suivante, il y a vous biffé.

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