Saint-Germain-sur- Ay (Manche
ai3. — De Caen, ce i3« de novembre.
Monsieur, le messager à qui j'avois baillé mon paquet n'étant pas parti sitôt comme il m'avoit promis, j'ai eu loisir d'y ajouter le discours dont je vous avois fait mention * : c'est à mon goût une pièce fort impertinente, et qui me laitjuger qu'à Toulouse les Colomias* n'en savent pas davantage que les Saugrains à Paris. J'attends votre réponse pour en croire ce que vous m'en manderez; aussitôt que je l'aurai, je partirai pour m'en aller vous treuver. Vous me ferez, s'il vous plaît, l'honneur de recevoir ces deux malles que j'ai adressées chez vous, et les faire retirer en quelque coin de votre garde-robe, jusques à ce que je sois à Paris. Je ne saurois jamais vous rendre tant de services que je vous fais d'importunités; mais autant que cette considération me rend honteux, autant me donne de hardiesse la connoissance que j'ai de votre courtoisie. S'il plaît à Dieu, je vous porterai des nouvelles de Heudreville ; un de mes amis, qui est allé en ces quartiers-là, m'a promis de s'en informer curieusement : c'est un homme capable de le faire ; cela m'en fait bien espérer. Adieu, Monsieur : je vous baise bien humblement les mains, attendant l'honneur d'être avec vous; je le souhaite* impatiemment, mais ce ne peut être que je ne sache l'arrivée de mes malles à Paris. Si vous avez appris quelque chose de ce Beaufort que vous m'aviez mandé avoir été condamné à mort par le conseil de guerre* ,
Lettre ai3. — i. Voyez la lettre aia, p. 563.