‹ Œuvres complètesChapitre 178 sur 237 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CHARLOTTE, BARBAROUX, MARTHE, au fond.

CHARLOTTE

Mon ami, disons-nous un éternel adieu.

Non pas: je reviendrai.

C'est moi qui pars.

BARBAROUX

Grand Dieu !

Vous partez !

CHARLOTTE

Pour toujours. Ma tante me conjure De cherclier dans l'exil une retraite sure, Et je vais me fixer à Londre, où l'on m'attend.

BARBAROUX

Et moi, que deviendrai-je? — Ah! qu'est-ce que j'entend ! Vous partez !

CHARLOTTE

Il le faut.

BARBAROUX

Pourquoi partir si vite?

Il sera temps plus tard de songer à la fuite.

CHARLOTTE

Ne me combattez pas; c'est un point résolu,

Et tout raisonnement y serait superflu.

— Barbaroux! votre cœur est rempli d'amertume;

Je vous trouve plus triste encor que de coutume;

Ce m'est un vrai chagrin de vous laisser ainsi.

Pourtant par l'amitié tout peut être adouci.

Et je n'ai pas voulu vous ({uitter sans vous dire

Une bonne parole où l'amitié respire.

Sans doute votre esprit, un moment abattu,

Dans l'amour du pays reprendra sa vertu ;

Mais, si ce n'est assez, et s'il faut vous apprendre

()ue quelqu'un prend à vous l'intérêt le plus tendre,

Si mon estime, ayant à vos yeux quel([ue prix.

Peut vous encourager à braver les mépris.

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