DAM' ON
Le triomphe est complet. Nous sommes tout-puissants. Le peuple élève aux cieux nos noms retentis.sants. Tout nous appartient, clubs, comités, ministères, Ju.stice, emplois civils et forces militaires; Et la Convention acclame , sans débats ,
3^20 CIIAULOTTE CORDAY.
Nos décrets qu'elle vote et ne discute pas. La gironde a longtemps balancé notre empire; Les destins sont fixés, et la gironde expire. La Révolution est à nous cette fois.
— Eh bien , qu'en ferons-nous, puisqu'elle est à nous trois?
ROBESPIERRE
La Révolution n'appartient à personne.
Je ferai, quant à moi, ce que le peuple ordonne.
DANTON
Eh! sans doute! le peuple est souverain; c'est dit: Mais tu n'es pas aux clubs où cela s'applaudit. Laissons donc entre nous ce mot sonore et vide ; On sait bien que le peuple a besoin qu'on le guide.
Il s'assied.
Je dis qu'il faut régler, par un connnun accord, La Révolution dont nous tenons le sort.
— Voulez-vous la pousser jusques aux derniers actes. Ouvrir aux passions toutes leurs cataractes.
Et tout bouleverser, au point que le sol'eil
N'aura pas encor vu cataclysme pareil?
Nous le pouvons. — Pourtant, songez-y, vous dirai-je :
Nous avons abattu le dernier privilège :
Que reste-t-il encor qui puisse être emporté ,
Sinon les fondements de la société?
— Croyez-vous que la crise approche de son terme? Voulez-vous établir un gouvernement ferme?
Nous le pouvons. — D'un mot, créateurs ou Iléaux, Nous allons faire l'ordre ou faire le chaos. De l'audace! ai-je dit en lançant le tonnerre: L'audace est l'instrument révolutionnaire ; Mais , après la bataille , il faut pacifier. Nous avons démoli , sachons édifier.