‹ Œuvres complètesChapitre 221 sur 237 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LYni E.

Ah ! Beroé I l'amant à qui je voudrais plaire N'esî, pas un chevalier, n'est pas un consulaii-e ; C'est pour Horace, fils d'un esclave aflVanchi , Que brillent ces bijoux sur mon sein enrichi.

BEROÉ.

Pour que vous l'aimiez tant, il faut bien qu'il vous aime!

LYDIE

Le volage ! partout il soupire de même.

15EROÉ.

Alors, il est fort riche, et les écus romains C.omme des gouttes d'eau glissent entre ses mains?

LYDIE

11 est pauvre. Il aurait les trésors du Pactole, Que je ne voudrais pas accepter une obole.

BEROE.

Pauvre! fils d'affranchi! volage dans ses goûts! Médiocrement beau! — Pourquoi donc l'aimez-vous?

LYDIE

Je ne sais pas. Je l'aime.

BEROÉ.

0 l'étrange faiblesse!

Eh quoi! sourde aux soupirs de la jeune noblesse, Vous fermez votre seuil aux Drusus, aux Pisons,

— Pour qui? — Pour un poëte, un faiseur de chansons!

LYDIE

Que veux-tu!

BEROÉ.

Marcius descend des rois antiques ; Vingt images d'aïeux illustrent ses portiques;

— Qu'en dites-vous, madame?

;i64 HORACE ET LYDIE.

LYDIE

Eh! que m'importe à moi Qu'ayant des goûts d'esclave, il descende d'un roi ! Je refuse ma couche au petit-iils d'Énée, Dont le regard est trouble et l'haleine avinée.

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