I.YDl K
Quittons-nous sans nous injurier.
HORACE
Faut-il vous savoir gré de me mettre à la porte?
LYDIE
Vous avez bien voulu qu'il en fût de la sorte.
Moi ! le mot ht charmant.
LYDIE
Vous vouliez en finir.
HORACE
C'est vous; depuis longtemps, vous me vouliez bannir.
LYDIE
Est-ce moi, par hasard, qui suis une infidèle?
HORACE
Est-ce moi qui vous cherche une injuste querelle ?
LYDIE
Si nous nous séparons, pourquoi le faisons-nous?
HORACE
A qui la faute?
LYDIE
A vous.
HORACE
Non. A vous.
LYDIE, mollement.
Non. A vous.
HORACE
Tant que tu m'as aimé, (juand nul autre plus digne N'entourait de ses bras ton cou blanc comme un cygne, J'ai vécu plus heureux que Xercès, le grand roi.
LYDTE.
Tant que tu n'as aimé personne plus que moi , Quand Cliloé n'était pas préférée à Lydie, J'ai vécu plus illustre et plus fière ([ii'Ilie.
HORACE
J'appartiens maintenant à la blonde Ghloé, Qui plaît par sa voix douce et son luth enjoué : Je suis prêt à mourir pour prolonger sa vie.
T.YDTE.
Calais maintenant tient mon âme asservie : Nous brûlons tous les deux de mutuels amours. Et je mourrais deux fois pour prolonger ses jours.
HORACE
Mais quoi! si j'ai regret de ma première chaîne? Si Vénus de retour sous son joug nous ramène? Si, l'ôtant à Chloé, je te rends mon amour?
LYDIE
Encor que Calais soit plus beau que le jour.
Toi, plus traître que l'onde et plus léger que l'heure,
Avec toi que je vive , avec toi que je meure !
HORACE, s(! jetant aux genoux de Lydie.
Ah ! ma bonne Lydi !
LYDIE
Oui, bien trop bonne, ingrat!
HO RACE
Va, tu n'auras plus lieu de te plaindre.
LYDIE
On verra.
HORAC E.
Par les dieux immortels! par la voûte céle.ste ! Par le lleuve infernal, aux parjures funeste! Par...
s ci: NI- DEUXIEME. 381
l.\ DIE.
.Non, plus de serments; ils nous portent malheur. — Hélas! de tes discours je connais la valeur, Et pourtant j'ai toujours j)laisir à les entendre.
Avec tendresse.
0 trompeur !
UOR.-VCL.
Terre et mer! suis-je réduit en cendre, Si...
Entre Beroé.
15 E aoÉ, il Lydie.
Calais, madame, est là, tout rayonnant.
Il demande s'il peut entrer.
HORACE
L'impertinent !
1^ Y DIE, à Horace.
Eh Inen, ({u'est-ce qu'il faut répondre?
C'est facile.
A Beroé.
Va dire à Calais qu'il est un imbécile.
Ji E R o E .
Et puis?
H OR ACE
Qu'il peut portea* son béotisme ailleurs.
BEROÉ, à Lydie.
Voilà ce qu'il faut dire?
LYDIE
En des termes meilleurs.
lîEROÉ.
Fort bien.
A Horace.
Seigneur, Chloé vous attendra.
LYDIE
La sotte !
A Horace.
Irez-vous?
HORACE
Vous plaît-il que nous soyons votre hôte?
Mais son pauvre souper restera sans emploi.
HORACE
Eh! non pas; Calaïs le mangera pour moi.
LYDIE
Justement; et la chose on ne peut mieux s'arrange.
A Beroé.
Pour consolation, propose-lui l'échange.
HORACE, à Beroé.
Et pour enseignement, dis-lui que désormais Il vienne, en pareil cas, tout de suite ou jamais.