‹ Œuvres complètesChapitre 47 sur 237 · ACTE DEUX ri: ME · texte numérisé non relu

ACTE DEUX ri: ME

Qu'espérez -VOUS encor qui soit plus iufamant? Ne vous suffit-il pas des mépris d'un amant? Et , pour rassasier un cœur comme le vôtre , Vous faut-il essayer des mépris de quelque autre?

— Dites-moi donc , Tullie : est-ce là le tableau Que devait éclairer le solennel flambeau? Est-ce donc pour cela qu'à la main du flamine Vous avez présenté le gâteau de farine ,

Et qu'offrant à Junon des victimes sans fiel, Vous l'avez attestée, au devant de l'autel? Quand, la tète voilée et ceinte de verveine, La robe jointe au corps par un bandeau de laine , La quenouille à la main , vous avez pénétré Au delà de ce seuil à Vesta consacré, Aviez -vous résolu den chasser la déesse Par l'impie appareil de votre folle ivresse ?

— Si le ciel, qui voulut affaiblir ma raison. M'interdit de régir moi-même ma maison.

Deviez- vous pas bien mieux soigner d'un ail austère L'honneur dont vous étiez seule dépositaire?

Et combien votre nom serait- il rehaussé

Si vous aviez vécu pour le pauvre insensé !

C'était là le sujet d'une gloire suprême.

Et vous vous la deviezv si ce n'est à moi-même.

Vous pouviez surpasser Lucrèce ; comparez

Quelle vous pouviez être et quelle vous serez.

— Assez de honte ainsi ! que tout cela finisse !

11 n'est plus qu'un moyen qui vous en affranchisse. Tullie, écoutez-moi. Ce que je vous dirai Par la seule pitié m'est pour vous inspiré. Vous m'êtes , quant à moi , tellement étrangère (^ue mon indifférence a tué ma colère ,

Et j'ai (le toute aigreur fait un tel a])andon Que l'extrême dédain remplace le pardon, l^renez donc mon conseil comme je vous le livre , Et vous verrez après si vous le devez suivre.

— Moi, si j'avais commis quelque indigne action, Je chargerais mon bras de ma punition;

J' expirais mon forfait par un fier sacrifice,

Plus grand, dans sa rigueur, que toute autre justice;

Je voudrais défier aucun ressentiment

D'oser plus loin que moi pousser mon châtiment;

Je voudrais, dût la mort être mon seul refuge,

Cacher le criminel dans la gloire du juge.

Reprenant son attitude accoutumée.

— Voilà ce que j'avais à dire.

Brute sort.

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