‹ Œuvres complètesChapitre 144 sur 233 · BALLADE VILLON · texte numérisé non relu

BALLADE VILLON

Je meurs de soif auprès de la fontaine, Chauld comme feu, et tremble dent à dent, En mon païs suis en terre loingtaine; Lez un brazier friçonne tout ardent; Nu comme ung ver, vestu en président; Je ris en pleurs et attens sans espoir; Confort reprens en triste desespoir; Je m'esjouys et n'ay plaisir aucun; Puissant je suis sans force et sans povoir; Bien recueilly, débouté de chascun.

Rien ne m'est seur que la chose incertaine Obscur, fors ce qui est tout évident; Doubte ne fais, fors en chose certaine; Science tiens à soudain accident; Je gaigne tout, et demeure perdant; Au point du jour, diz : « Dieu vous doint bon soir ! »

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