‹ Œuvres complètesChapitre 148 sur 233 · Justement les jours gras · texte numérisé non relu

Justement les jours gras

Quand je te voy retraict ainsi seulet, Com pouvre chien tappy en recullet.

— Pourquoy est-ce? — Pour ta folle plaisance.

— Que t'en chault-il? — J'en ai la desplaisance.

— Laisse m'en paix ! — Pourquoi? — J'y penseray.

— Quand sera-ce? — Quant seray hors d'enfance.

— Plus ne t'en dy. — Et je m'en passeray.

— Que penses-tu? — Estre homme de valeur.

— Tu as trente ans. — C'est l'aage d'ung mullet.

— Est-ce enfance ? — Nenny. — C'est donc folleur Qui te saisit? — Par où? — Par le collet.

Rien ne congnois. — Si fais : mouches en laict : L'ung est blanc, l'autre est noir, c'est la distance.

— Est-ce doncq tout? — Que veulx-tu que je tance? Si n'est assez, je recommenceray.

— Tu es perdu ! — J'y mettray résistance.

— Plus ne t'en dy. — Et je m'en passeray.

-- J'en ay le dueil; toi, le mal et douleur.

Si fusse ung povre ydiot et folet.

Au cueur eusses de t'excuser couleur :

Si n'as-tu soing, tout ung, tel, bel ou laid^.

Ou la teste as plus dure qu'ung jalet^.

Ou mieulx te plaist qu'honneur ceste meschance !

Que respondras à ceste conséquence?

— J'en seray hors quand je trespasseray.

— Dieu, quel confort ! Quelle saige éloquence ! Plus ne t'en dy. — Et je m'en passeray.

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