‹ Œuvres complètesChapitre 29 sur 233 · Ses vœux seront remplis · texte numérisé non relu

Ses vœux seront remplis

5. Ce vers se rattache au mot psautier; le sens en est : qui n'est relié ni en basane ni en maroquin. C'est une parenthèse facétieuse du poète.

Le verset escript le septiesme Du psaulme de Deus laudemK

Si pry au benoist Filz de Dieu, Qu'à tous mes besoings je réclame.

Que ma pauvre prière ayt lieu Verz luy, de qui tiens corps et ame, Qui m'a préservé de maint blasme Et franchy de vile puissance.

Loue soit-il, et Nostre-Dame, Et Loys, le bon roy de France 1

Auquel doint Dieu l'heur de Jacob, De Salomon l'honneur et gloire; Quant de prouesse, il en a trop; De force aussi, par m'ame, voire.

En ce monde-cy transitoire, Tant qu'il a de long et de lé^ Afiin que de luy soit mémoire.

Vive autant que Mathusalé I

I. C'est le psaume 108 : Deus laudem meam, etc. Le verset septième, qui servait de prière à Villon quand il faisait des vœux pour l'cvôque d'Orléans, est ainsi conçu : Fiant dits ejus pauci et episcopatum ejus accipiat aller. • Que les jours de sa vie soient réduits au plus petit nombre, et que son évêché passe à un autre. » C'est le sens que le poète donne au mot episcopatum (Pr.).

a. Lif large.

Et don^e beaulx enfans, tous masles.

Veoir, de son très cher sang royal^.

Aussi preux que fut le grand Charles, Couceuz en ventre nuptial, Bons comme fut saine t Martial.

Ainsi en preigne au bon Dauphin; Je ne luy souhaicte autre mal, Et puys paradis à la fin.

Pour ce que foible je me sens.

Trop plus de biens que de santé, Tant que je suis en mon plain sens.

Si peu que Dieu m'en a preste, Car d'autre ne l'ay emprunté, J'ay ce Testament très estable Faict, de dernière voulante.

Seul pour tout et irrévocable.

Escript l'ay l'an soixante et ung.

Que le bon roy me délivra De la dure prison de Mehun, Et que vie me recouvra.

I. Et que Dieu lui donne de voir, de son sang royal, douze beaux enfants^ etc.

Dont su)^, tant que mon cœur vivra, Tenu vers luy me humilier, Ce que feray jusqu'il mourra ; Bienfaict ne se doibt oublier.

Icy commence Villon à entrer en matière pleine d'érudition et de bon sçavoir.

Or est vray qu'après plaingtz et pleurs Et angoisseux gémissements, Après tristesses et douleurs, Labeurs et gricfz cheminemens, Travail mes lubrcs scntemcns, Esguisez comme une pelote, M'ouvrist plus que tous les Commens D'Averroys sur Aristote'.

Combien qu'au plus fort de mes maulx.

En cheminant sans croix ne pile^ Dieu, qui les pellerins d'Esmaus Conforta, ce dit l'Evangile, Me montra une bonne ville Et pourveut du don d'cspcrance;

I. Travail, souffrance, m'ouvrit ma triste intelligence, aiguisc^e comme une pelote (fort peu aiguisée), plus que tous les commentai^-es d'Averrocs sur Aristote.

a. Sans sou ni maille.

Combien que le pccheur soit vile, Riens ne hayt que persévérance^.

Je suys pécheur, je le sçay bien; Pourtant Dieu ne veult pas ma mort, Mais convertisse et vive en bien; Et tout autre que péché mord, Soye vraye voulenté ou enhort.

Dieu voit; et sa miséricorde.

Se conscience me remord, Par sa grâce pardon m'accorde*.

Et, comme le noble Romant De la Rose dit et confesse En son premier commencement.

Qu'on doit jeune cueur en jeunesse Quant on le voit vieil en vieillesse'.

Excuser; h:las ! il dit voir.

Ceulx donc qui me font telle oppresse, En meurté* ne me vouldroient veoir.

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