L*AMANT TIMIDE
Lors une beauté, qui daigne
M'agacer d'un air moqueur,
Me dit : « Enfant, ton cœur saigne,
Et j'ai pitié de ton cœur.
Pour te guérir, quel dictame
Faut-il donc, pauvre amoureux?
— Ohl rien qu'un baiser, madame 1 Ohl rien qu'un baiser... ou deuxl »
Puis le beau docteur, qui raille,
Me tâte le pouls ; et moi.
En Êiçon de représaille.
Je tâte je ne sais quoi !
tt Où vont ces lèvres de flamme ?
Où vont ces doigts curieux?
— Puisque j'en tiens un, madame, Laissez-moi prendre les deux. »
La coquette, sans alarmes.
Rit si bien de mon amour,
Qpe j'eus à baiser des larmes
Qjiand je riais à mon tour.
Elle sanglote et se pâme :
c Qji'avons-nous £dt là, grands dieux?
— Oh 1 rien qu'un en&nt, madame I Ohl rien qu'un enÊint... ou deuxl »