II. i
138 LE MTO.SOTIS
Et pensif, arrêtant chaque nue au passage, Pour son pays lointain la chargeait d'un message. Il ne l'envoyait pas à Ferrare, où pourtant Aux genoux d'une Ârmide il dormit un instant ; Non : sa blessure au cœur était enfin guérie ; Non, mais il soupirait : « Loïsa, sœur chérie. Mes premières amours, que faites-vous là-bas? Qjiand je jette au Destin le gage des combats, Dame de ma pensée, au Christ d'un oratoire Sans doute vos soupirs demandent ma victoire. Oh 1 priez : veuf de vous, mon cœur n'a point vécu ; Mais je ne reviendrai qu'après avoir vaincu.
Vous sauriez bien encor, généreuse en silence, De votre pauvreté me faire une opulence ; Mais pour dot à ma sœur je n'irai plus offrir Mon trésor de misère, et je saurai souffrir, La Poésie aidant I... Pour conduire ma plume. Seul flambeau de mes nuits, quand l'œil d'un chat s'allii Des chœurs d'esprits follets, poétiques sabbats. Viennent fleurir sous moi la paille des grabats ; Des palmiers, des drapeaux frissonnent sur ma joue : ; Salut, bel Orient! adieu, Paris de bouel Chevaliers, ouvrez moi vos rangs hospitaliers; Pour le Christ et l'honneur, combattons, chevaliers !.*« Puis vient l'Amour Protée et ses métamorphoses : Renaud, l'homme de fer, se rouille sur des roses; Clorinde l'infidèle expire, et son amant Baptise avec ses pleurs un front pâle et charmant. Mais l'illusion fuit le jour qui l'intimide;