II
Le Pouvoir est de ses amis :
Dans un coin de la salle
Il a vingt fois mis et remis Certain buste un peu sale.
Q}iand le plâtre vole en éclats, n gronde et veut qu'on parte :
— Ne vous emportez pas,
Nicolas; Mettez ça sur la carte.
Nicolas, digne petit-fils
De madame Grégoire, Ton vin m'inspirait quand je fis
Ces couplets à ta gloire.
Ton vin est bon, mes vers sont plats;
Mais il Êiut que je parte :
Je te les oSrc, hélas 1 Nicolas,
Pour acquitter la carte.
LES CliOIX 'D*HO'hi'hiEU%
Vieux chevaliers, blanchis par tant d'exploits. Sous vos haillons cachez bien votre croix.
Elle brillait d'un éclat fabuleux, L'étoile sainte, aujourd'hui dérisoire, Qpand, pour parer des uniformes bleus.
Elle pendait aux mains de l'Homme-GIoire.
Vieux chevaliers, blanchis par tant d'exploits. Sous vos haillons cachez bien votre croix.
A ce trésor que son sang achetait, Le mutilé, dont la mort était sûre, Tendait, joyeux, le bras qui lui restait Et de laurier parfumait sa blessure.
Vieux chevaliers, blanchis par tant d'exploits. Sous vos haillons cachez bien votre croix.
L'astre d'honneur, sous la tente, au forum.
Lançait toujours ses rayons au plus digne; Pour nos soldats ce nouveau labarum Portait écrit : Tu vaincras par ce signe.
Vieux chevaliers, blanchis par tant d'exploits, Sous vos haillons cachez bien votre croix.
J'ai vu, quinze ans, tous les pouvoirs moqueun Pour leurs valets en faire une livrée; J'ai vu, quinze ans, des poitrines sans cœurs S'enfler d'orgueil sous l'étoile sacrée.
Vieux chevaliers, blanchis par tant d'exploits. Sous vos haillons cachez bien votre croix.
Q^'ai-je dit? non : le peuple saura bien.
Vous séparant d'une ligue ennemie.
Au lâche esclave, au noble citoyen.
Tailler leur part de gloire ou d'infamie.
LES CROIX d'honneur I97
Vieux chevaliers, blanchis par tant d'exploits, Sur vos haillons étalez votre croix.
A vous la honte, à vous, brillants valets 1 Prévenez tous le grand jour de colère :
Pour que le feu consume vos brevets.
N'attendez pas la foudre populaire 1
Et vous, guerriers blanchis par tant d'exploits, Sur vos haillons étalez votre croix.
SI vous D^*oiI3i€IEZ
ROMANCE
iVléNESTREL qui vais par le monde, N*ayant rien que mon gai savoir. Si vous m'aimiez, ô belle blonde, Je me croirais un riche avoir;
Comme Pétrarque aux pieds de son idole,
A vos genoux courbé bien bas, bien bas,
Poublîrais tout, voire le Capitole,
Si vous m'aimiez..., mais vous ne m'aimez pas.
se vous m'aimi£z 199
Si vous m'aimiez, ô belle blonde, De vos baisers seuls j'aurais fiaim, Et, sourd à son voisin qui gronde, Mon cœur s'enivrerait enfin; Cœur mendiant, il va, de femme en femme, Criant misère, et sans secours, hélas 1 - Le pauvret meurt : il renaîtrait, madame, Si vous m'aimiez..., mais vous ne m'aimez pas.
Et mes chansons fraîches édoses.
Au vent du matin et du soir.
Iraient à vous, comme les roses
Q.ui pleuvent devant l'ostensoir.
Purifiant l'air de Paris, madame.
Où vous iriez j'irais, et, sur vos pas, Comme un parfum je brûlerais mon âme.
Si vous m'aimiez..., mais vous ne m'aimez pas.
Sur vous, grand'dame que l'on flatte.
Un lorgnon d'or s'est promené,
Et par le nœud d'une cravate
Voilà votre cœur enchaîné.
D'un plus heureux que l'hommage vous plaise I Souriez-lui, marchez fière à son bras : — Son bras 1 demain je saurais ce qu'il pèse.
Si vous m'aimiez..., mais vous ne m'aimez pas.
Q.UI SE PLAIGNAIT DE VOIR AUX TUILERIES SA CHAISE ENTOURÉE DE JEUNES GBMS
13 L ONDE à Toeil bleu, lis tremblant sur sa tige, Vous vous plaignez, lorsque, prenant Téveil, Autour de vous la jeunesse voltige Comme un essaim qui bourdonne au soleil.
Plaignez un peu les jeunes cœurs sans nombre En plein midi soupirant sur vos pas ; Plaignez surtout ceux qui battent dans Tombre, Belle, mais ne vous plaignez pas!
VÎLE DES 'BOSSUS