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CHAPITRE IX

Méprise de sentiment.

Semblable au trait de la lumière, qui se compose d'un faisceau de rayons, tout sentiment se compose d'une infinité de sentimens, qui concourent à produire telle volonté dans notre aTne et telle action dans notre corps. Peu d'hommes ont le prisme propre à décomposer ce faisceau de sentimens : en conséquence, l'on se croit souvent animé ou d'un sentiment unique, ou de sentimens différens de ceux qui nous meuvent. Voilà

(i) L'âne, dit à ce sujet Montaigne, est le plus sérieux des animaux.

DISCOURS IV, CHAPITRE IX. 5oj

la cause de tant de méprises de sentiment , et pourquoi nous ignorons presque toujours les vrais motifs de nos actions.

Pour faire mieux sentir combien il est difficile d'échapper à ces méprises de sentiment, je dois présenter quelques-unes des erreurs où nous jette la profonde ignorance de nous-mêmes.

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