‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 187 sur 436 · VIE DE SAINT TALIUN. — CHAH · texte numérisé non relu

VIE DE SAINT TALIUN. — CHAH

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•îtait dans rirailalion de celle de Dieu , el il menait de la sorte une vie divine.

C'était dans cette grande vue qu'il avait choisi pour sa demeure une grotte solitaire à une grande lieue de la ville d'Evreux lorsqu'i-l était chanoine, d'où il ne sortait que pour aller aux divins oITices oii son devoir l'obligeait; et de cette manière il faisait toujours ce que les bienheureux font dans le ciel, et ce qu'il nous faudra toujours faire éternellement, à moins que d'être damnés. Que peuvent penser ici tant de Chrétiens qui s'ennuient et qui se plaignent de la longueur d'une messe qui dure une demiheure. Etrange, uiais formidable disposition en des gens qui ne peuvent pas converser une demi-heure avec Dieu, et qui cependant ne doivent pas ignorer qu'ils n'auront point d'autre occupation durant toute une éternité, à moins que d'être perdus pour un jamais. Disposition épouvantable en des personnes qui ne peuvent pas souffrir l'honneur d'un entretien d'une demi-heure avec un Dieu, pendant qu'ils passent la plupart des jours dans l'amusement des chétives créatures. C'est bien ici qu'il faut s'écrier : .\u Dieu inconnu ; qu'il faut dire que tout le monde ne connaît point Dieu.

Saint Lau , bien éloigné de cet aveuglement, d'une insensibilité si terrible, n'avait point d'autre occupation que celle du ciel. 11 vivait de la vie de Dieu, toujours dans sa contemplation et dans son pur amour, dans une oraison continuelle , à laquelle il joignait une parfaite mortification qui en doit être inséparable, et dans laquelle il a toujours vécu a[irès même sa promotion à l'épiscopat.

Il n'avait pour lit que le pavé des lieux, où il prenait le peu de sommeil dont il ne pouvait se passer, et pour oreiller une pierre : et comme sa vie était tout angélique, les anges mêlaient leurs concerts du paradis avec les louanges qu'il donnait à Dieu en terre; et tous ensemble en magnifiaient le Créateur et en publiaient les divines grandeurs et les boutés excessives. La retraite qu'il gardait étant chanoine donnait un grand lieu à cette bienheureuse société; puisque si les villes sont le pays des homines, la solitude est le pays de Dieu et de ses anges. Aussi a-ce été une grande uiaxime parmi les saints, que l'on trouve Dieu quand on perd la créature. Hélas! faut-il s'étonner si l'on en a si peu de vue, quoiqu'il soit partout, puisque partout l'on n'est plein que des vues de créatures, si l'on a si jieu de dispositions pour converser avec lui, puisque l'on est presque sans cesse occupé ou dans les conversations avec les hommes, ou du souvenir des choses créées qui remplissent res[»rit et l'imagination.

O divine retraite qui en sépare et qu'un chacun peut ménager dans la condition où l'on se trouve ! on montre encore présentement la grotte sacrée que l'angéiique saint Lau habitait à une grande lieue d'Evreux, comme il a été remarqué , et j'en prononce d« toute l'étendue de mon cœur, à l'imila-

tion de saint Jérôme h l'égard de la robe de feuilles de saint Paul ermite, que je la préférerais aux plus su|ierbes bâtiments de l'univers et aux plus magriiliques palais des monanpies. Oh ! (pi'une seule heure passée dans cette bienheureuse caverne vaut mieux que mille dans les plus belles maisons des hommes 1 Je me suis étonné plusieurs fois de ce que ce sanctuaire de prières et de bénédictions est si i)eu fréquenté par les peuples d'Evreux, ([ui pourraient s'y rendre avec tant de facilité. Hélas! nous négligeons ce saint lieu qui est à nos portes, qui mériterait des voyages de cent lieues pour r venir tuagnifier le Seigneur qui y a fait de* choses si grandes. Tant de personnes qui se plaignent de leur dissipation d'esprit, et de leur peu d'application à Dieu, y trouveraient sans doute un secours bien puissant par les mérites de cet homme céleste.

C'était de ce petit désert que sortant pour aller aux offices divins de la cathédrale, il entendit les anges qui chantaient les louanges de saint Taurin, ce qu'ayant fait connaître à l'évèque nommé Vialeur, qui goave."nait pour lors la ville d'Evreux, ils se sentirent unanimement pressés de faire la recherche du lieu lie sa sé|)ulture, qui était ignoré depuis un long temps. On fit pour cela beaucoup de prières, afin qu'il pmt à la divine bonté de révéler ce trésor caché. Mais la divine Providence réservait cette grâce au temps du pontitlcat du glorieux saint Lau. Ainsi ayant été élu d'une commune voix après le décès île Viateur, son prédécesseur, aussitôt il employa les jeûnes, les veilles et l'oraison auprès de la divine majesté pour impétrer cette faveur. Tant de vœux et de prières d'un homme qui lui était si agréable ne furent pas sans etïet , car un jour qu'il priait avec plus de ferveur, il aperçut une colonne toute brillante de clarté, et éclatante en lumières comme un soleil qui, touchant d'un bout le ciel, el de l'autre la terre, lui donna des marques du sépulcre glorieux du saint. C'est pourquoi ayant fart ouvrir la terre au lieu que la colonne louchait, on y trouva son cercueil, dans lequel était écrit : Ici repose le bienheureux Taurin , premier évéque de la ville d'Evreux. Tout ceci arriva vers le commencement du VII' siècle, durant le règne de Clolaire 11, roi de France.

Or le bruit s'étant répandu de l'invention miraculeuse du corps de saint Taurin , on y -vit arriver aussitôt une aftluence de peuples qui y venaient de toutes parts pour implorer les secours de ses intercessions dans leurs maladies el dans toutes sortes de besoins , la toute-puissance de Dieu opérant beaucoup de prodiges et faisant grand nombre de miracles en sa faveur. L'histoire nous apprend qu'en peu d'années il y eut treize aveugles qui recouvrèrent la vue, dont la première personne qui était une femme avait envoyé quelque aumône de ses biens pour aider'^à bâtir l'église, ou plutôt la chapelle qui fut premièrement édifiée en sou nonueur, en la place où l'on avait trouvé

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son touiLc3u. 11 y eut encore plusieurs luuets qui recouvrèrent la [inrole, dont l'un était Ûis lie l"un des lialjit;uils des fauliourg>, noninjé Ii'ervnult. Plusieurs |;h;iI\ tiques furent aussi guéris.

M.'iis pendant que Dieu versait aliondamnient .-es bénédiclionssui- tous ceux qui l'invoquaient parles mérites de. saint 'J'aiirin, lui, qui est le vengeur du mépris que fou luit à ses saints, punit sévèrement quekpics personnes qui ne lui rendirent pas l'honneur qui lui était dû, et entre autres unet'enimede la ville qui allait aux champs recueillir des gerbes de grain pendant que l'on eu célébrait la fête, trouva un serpent qui se lia fortement à son cou sans qu'on l'en pût déprendre, jusqu'à ce qu'ayant été conduite à son église, elle en fut aussitôt délivrée. Le démon se saisit d'une autre personne qui avait méprisé d'assister au divin sacritice de la me.sse le jour de sa solennité; et comme on eut recours au saint, le diable commença de crier: O Taurin, ô Taurin, [xjurquoi me lourmentestu?et ayant été mené à sachapelle, le malin esprit la quitta. Un homme, ayant retiré l'offrande que son père avait offerte en action de grâces du recouvrement de sa sauté, l'ut puni sur-le-champ.

Car enfin, c'est une vérité, ceux qui méprisent les serviteurs de Dieu, font un mépris du Seigneur à qui ils servent ; et au contraire Dieu est honoié dans les honneurs qui leur sont rendus. Ce fut le motif i]ui obligea saint Lan de faire bâtir une chapelle de bois, connue il a été dit, après l'invention miraculeuse du corps de saint Taurin, au lieu oîi il avait été trouvé , qui dans la suite des temps devenant célèbre par la multitude des miracles qui s'y faisaient, a été changée en une grande église, à laquelle on a joint un monastère qui est présentement une abbaye célèbre de l'ordre de Saint-Benoit, située dans les faubourgs de la ville.

C'est de la manière que les saints qui ont participé aux humiliations de Jésus-Christ, sont rendus participants de sa gloire; et il semble qu'à mesure qu'ils s'efforcent de se cacher et de s'anéantir, Dieu prend plaisir de les manifester. C'est ce que nous croyons dans le glorieux saint Taurin, et c'est ce qui a paru d'une manière admirable dans saint (iaud son digne successeur, qui n'ayant rien oublié pour se cacher aux yeux des hommes, la divine Providence a' fait toutes sortes de miracles pour découvrir l'éminence de sa sainteté. Kt [larce qu'il lui a plu le manifester depuis peu d'années tout de nouveau, par l'invention de ses sacrées reliques, et par plusieurs signes et prodiges; ce qui est une marque évidente qu'elle veut être gloriliée particulièrement dans notre temps dans ce saint, il est juste que nous entrions dans ces desseins; et c'est ce qui m'oblige, en écrivant de l'invention miraculeuse du corps de saint Taurin, de parler de l'invention du corps de saint (lauda, son bienheureux successeur, ayant tiré le fieu que nous écrivons de sa vie admirable et de l'invention de ses reliques de l'abrégé de .--a Vie,

donnée au publie par l'ordre de messire Eustache de Lesseville, docteur de la Société de Sorlionne et évèque de Coulances en Norniarulie; et d'un manuscrit très-ancien et bien assuré de l'église de Saint-Pair, du même diocèse de Coûtâmes et d'autres anciens manuscrits, et de la ti-aditiondu pays.

Saint Caud était né dans la ville d'Kvreùx, qui étant pour lors sans évêque, à raison des persécutions et des désolations du pays, le saint qui avait porté le joug du Seigneur dès sa jeunesse implorait souventle secours de saint Taurin, afin qu'il j)lût à notre Sauveur Jésus-Christ de ne ]dus laisser cette Eglise sans pasteur, ne pensant pas que c'était lui que la tlivine Providence y avait destiné. Ce[)endant en ayant reçu le gouvernement, et ayant été sacré évêque par Germain, archevêque de Rouen , personnage d'une grande érudition et piété, et qui a assisté au concile premier de Tours, environ l'année 401, et par Kreptiole évêque ie Coutances et Sigibolde évêque de Séez, qui ont aussi été des saints , il serait difficile d'expliquer les bénédictions que Dieu donna à ses travaux : aussi était-il puissant en œuvres et en paroles. Il annonyait l'Evangile en puissance et en plénitude de grâces et les saintes actions d'une vie céleste soutenaient fortement les vérités qu'il prêchait.

C'est ce qui fut suivi de la conversion des peuples, qui(le|)uis le décès de saint Taurin étaient retombés dans l'erreur et dans le vice. Du rétablissement du règne de Dieu et même de la pratique des conseils évangéliques, plusieurs quittant le monde pour se retirer dans des solitudes; et grand nombre de vierges se consacrant à Jésus-Christ, malgré toutes les oppositions du siècle , et toutes les persécutions que le saint évêque en souffrait. Il fit rebâtir les églises ruinées, et particulièrement la iirincipale qu'il dédia tout de nouveau en l'honneur de l'immaculée Mère de Dieu, continuant la dévotion que saint Taurin avait établie, la donnant pour patronne au diocèse d'Evreux. Motif très-pressant pour tous ceux qui l'habitent, d'une piété singulière envers une si douce et si puissante protectrice. Enfin, sous un si grand pontife, on voyait revivre de toutes parts dans ie clergé et dans le peuple le premier esprit du christianisme ; et on a écrit avec bien de la raison, que ce n'étaient que bénédictions partout pendant (;u'il a gouverné cette Eglise.

Cependant, l'amour de la vie cachée, et le désir de se rendre inconnu le pressant fortement, il prit résolution de quitter son diocèse par un mouvement de l'Esprit do Dieu , pour se retirer dans une affreuse solitude de l'évêché de Coutances sur le bord de la mer. Ce qu'il exécuta, ayant désigné Mauruse jiour son successeur , personnage d'un rare mérite, et qui a assisté au concile d'Orléans tenu au commencement du vi" siècle. On ne peut jias dire ni l'étonnement, ni la douleur (jue causa un dessein si peu attendu parmi tous ses diocésain^; mais il

Yi:; I)K SAINT TAl'UlN. - CIIAl'. X.

fallut oliéir h l'inspiiMlion divine. Les |ieujiles (lui foiuliiieiit en iaiines voulurent raccoiii|>agiier; mais clam arrivés h deux, lieues (le la ville, il les oliligea de s'en retourner, leur disant adieu , et leur donnant sa sainte bénédiction. 11 y a encore une eliajielle dans la Ibrôt d'iîvreux, nonuiiée la chapelle de Notre-Dame du (laud, avec une petite maison habitée par des ermites, que 1 ou lient Être le beu d'une si triste séparation.

Saint Gaud s'en alla donc dans la solitude du diocèse de t^ouiances, où il fui reçu par l'évoque Léontian , considérable pour sa doctrine et pour sa vertu, qui assista avec Mauruse au premier concile national d'Orléans. Knsuite il se retira dans un désert, oiî jilusieurs solitaires vivaient d'une vie angélique sous la liiscipline de saint Pair, qui fut deiniis évoque d'Avranclies ; en sorte que pendant que les évoques quittaient leurs diocèses pour éire ermites clans celte solitude, on en tirait les solitaiies pour être évoques. Nous avons eu la grâce de voir un petit oratoire et ermitage, qui est près l'église de Saint-l'air, qui a servi à saint Gaud pour y célébrer le tiès-vaint sacritice delà messe, et où il a lini sa bienheureuse vie. Son image y parait sur l'autel , qui est conservé depuis un temps immémorial.

Que le Dieu d'Jsraël est bon à ceux qui ont le cœur droit ! [Psat. lxxii, -I.) Saint Gaud s'est humilié lui-même fuyant les hommes, afin d'être etfacé de leur mémoire, d'être perdu par un oubli universel de toutes les créatures; et c'est pourquoi Dieu l'a élevé , et lui a donné un nom glorieux qui ne trouve rien d'égal parmi tous les honneurs des grands de la terre. La mémoire de ce juste sera éternelle , les siècles ne la pourront abolir, et elle sera renouvelée de temps en temps jjar de5 prodiges et par des miracles.

C'est ce qui est arrivé environ six cents ans après sa précieuse mort, au commenceluent du xii' siècle, sous le pontificat de Richard de Briiere, évêque de Coutances, où son corps fut trouvé avec sa chair et sa peau, après tant d'années, dans sou cercueil, avec une pierre sur laquelle était écrit :/cJ repose le corps du Litniieureux Gaud, éie'ijue d'Evreux. Et à même temps il s'y lit grand nombre de miracles. Les malades de tous côtés se faisaient apporter à ce sacré tombeau, dont plusieurs y veillaient toute la nuit, et ils étaient guéris ; et entre antres, une femme percluse jiour avoir travaillé à un jour de fête (et c'est pourquoi nous le remarquons en particulier , et c'est une punition qui se lit dans la vie de plusieurs saints), fut [larfaitement guérie. Les possédés y étaient délivrés ; et le manuscrit très -assuré dont nous avons parlé assure qu'il s'y était fait, et tiu'il s'y faisait tous les jours des miracles sans "nombre.

Dans notre temps, le curé du lieu, deux Pères Jésuites qui y faisaient la mission, et grand nombre de personnes dignes de foi,

ont senti des odeurs eïtrnordinnires : et Dieu continuant à y faire des miracles en faveur de son saint, messire Lustache do Lesseviilc, se sentit obligé de faire découvrir la terre où ces senteurs se répandaient ilans le lieu du tombeau, dont il ne paraissait plus aucun vestige au dehors, et dont il ne restait aucune connaissance que |)ar la tradition du pays, et par l'ancien manuscrit. C'est ce qu'il lit donc en sa visite, le premier de septembre de l'année 166i; et il y trouva le cercueil dépositaire du corps de cegrand saint, dans le monument qu'il fit aussitôt refermer. Ensuiie il en fit k transkitioii le onzième de novemlire, fête de saint .Martin, de ia luôim- année 166V, accompagné des députés de son chapitre, de ses archidiacres de Coutances et de Cofentin, des députés du chapitre de la cathéiiialed'l-;vreux, des religieux de l'abbaye du mont Saint-Michel, et de jilusieurs autres communautés, de plusieurs seigneurs, et de j)lus de vingt mille personnes de toutes sr)rles d'étals et de roudiiioiis qui y claieni venus de toutes parts, et qui fondaient en larmes de joie.

On trouva les ossements du saint, que les vers, et plus de douze siècles n'avaient pu consumer, tout veiiiieils comme s'ils venaient d'être ilépouillés de leur chair, qui exhalait une odeur très-douce, que chacun sentit et admira ; et qu'une personne môme qualifiée, qui était calviniste, avoua être miraculeuse. Depuis celte translation. Dieu y a fait beaucoup de miracles jiar l'intercession du saint : ce qu'un nommé Jacques du Pont, dit la Molhe, de la paroisse de Chantelou, diocèse de Coutances, révoquant en doute, disant quels miracles a laits saint Gaud, dans le même tem;)s, lut surpris d'un mal qui le faisait extravaguer, et verser des larmes en abondance, réjiélant souvent ces paroles, se menant à genoux : ^ainl Gaud je demande jiardon, ce qui lui dura jusqu'à ce ciu'il promit d'aller à son tombeau, et aussitôt son mal cessa. On vit le premier de septembre, qui élait le jour comme il a été dit, de l'ouverture de son tombeau, des feux vers le commencement de la nuit en forme de langues, qui y brillaient d'une manière admirable.

Ce célèbre évêque de Toul, André du Saussay, dans son iMartyrolo.^^e de Franœ, parle de saint Gaud, évêque d'Evreux, le trente et unième de janvier, qui est le jour de sa fête : et après avoir rapjjorté de grandes choses de sa vie et de ses admii-ibles vertus, il dit qu'il cultiva et éleva tellement son esprit par ses prières et i)ar ses méditations, qu'il le rendit semblable à celui des bieniieureux, yai' une égalité de conversation toute divine et céleste, et par une participation perpétuelle de grâces. Il écrit qu'il a succédé à saint Taurin, premier évêque d'Evreux, et qu'il fut enterré dans son uésert sur le jienchant de la colline, où depuis on a bâti un monastère en son honneui'. Et quoi qu'il ait été dans la suite des temps

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démoli par les irruplions des barbares, te lieu néanmoins a toujours été fort mémorable jiar le tombeau et l'habitation d'un si grand saint. Il faut cependant remarquer que le tombeau était fort inconnu lorsqu'il écrivait, et qu'ainsi il semble n'en avoir parlé que par une inspiration divine. Aussi dans sa leltie adressée à Mgr de Lesseville, évoque de Coulances, au sujet de sa translation, il loue Dieu de la grâce qu'il lui a faite par l'invention de son corps, et il dit qu'on voit luire la providence de Dieu dans la révélation de ces sacrées reliques. Molanus, dans ses additions au Martyrologe, fait mention de saint Gaud, évêque il'Kvreux, le dernier jour de janvier.

Mais queje vous rende grâces, ô Seigneur, à cause de votre bonté, que je raconte vos merveilles aux enfants des hommes , queje vous offre des sacrifices de louanges, queje publie avec joie vos œuvres miraculeusesl Les douleurs de la mort m'avaient assiégé, l'ombre de la mort m'avait eiivirt>nné. J élais abandonné des médecins qui me disaient qu'il me fallait mourir environ dans dix ou douze heures. Je vous ai dit : Vous êtes mon Dieu, mon sort est entre vos mains; et votre divine jjrovidence, mon unique apfmi, ma seule cs[iérance, toute ma force et tout mon bien, qui m'a toujours servi de la plus douce, de la meilleure, et de la plus fidèle des mères, m'ayant fait apporter des reliques de votre saint, du glorieux saint Gaud, vous avez signalé vos miséricordes, ayant fait vœu de vous aller adorer a son tombeau. Vous m'avez retiré des jiortes de la mort, aOn queje publie vos louanges devant les portes de la fille de Sion, votre sainte Eglise. Je ne suis pas mort, vous m'avez fait vivre, pour faire savoir que vous avez rendu votre saint admirable. Qu'à jamais vous soyez béni de ce que vous avez fait éclater votre miséricorde sur le plus chétif et sur le plus indigne de vos serviteurs. Vous êtes mon protecteur, et la force de mon salut. Faites-moi marcher le reste des jours, que vous m'avez donnés, parfaitement dans vos sentiers, et que vos grâces ne demeurent pas inutiles. Je vous le demande au nom de Jésus mon Sauveur, au nom de Marie Vierge, son immaculée Mère, au nom du bienheureux saint Gaud, de tous vos bons anges, et de tous vos saints. Ainsi soit-il. Ainsi soit-il. Ainsi soit-il.

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