LETTRE LXXXV
Sainteté du sacerdoce peu connue. Recourir à Foraison , ajin que Dieu daigne vous la faire connaître.
DIEU SEUL
Monsieur , Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul dans l'union saiiUe du sacré Cœur tic notre bon Sauveur Jésus- Christ, le Sauveur de tous les hommes. La grandeur de la dignité du sacerdoce qui nous approche île >i près de ce Dieu de toute majesté, et qui même nous l'assujettit, se rendant immanquablement entre nos mains , se mettant en notre pouvoir toutes les fois que l'on consacre, est quelque chose de si élevé et de si divin , qu'il faut ijue ce
Dieu tout bon et tout miséricordieux nous en cache la grondeur, atin que nous puissions entrer dans cet état glorieux Un ange en ayant découvert quelque chose au grand saint François d'Assise , jamais il n'osa être prêtre , et ce|3endant il a été la merveille et le prodige des saints. Oh! si les pauvres créatures étaient bien jiénétrées des excellences infinies de Dieu! Mais qu'il est peu connu, et souvent môme par les prêtres qui l'approchent de si près, et qui par conséquent devraient avoir plus de lumière 1 Approchez-vous de lui, dit le Psalmiste, et soyez éclairés. (Psal. xx.xin, 6.) Nous sommes tout proche de celui qui est la lumière même, et nous demeurons dans les ténèbres! Ayons donc recours à l'oraison, afin qu'il nous ouvre les yeux, et qu'il veuille , selon la multitude de jes miséricordes, se manifester à nous, nous donner quelque lumière de sa sainteté, et.de l'obligation que nous avons d'être saints. L'oraison est le granil moyen pour le connaître; et l'on voit des personnes simples , sans lettres, sans sciences, avoir incomparablement jUus île lumières, jiar leur application à l'oraison, que de très- >avants théologiens qui la (iratiquent peu. iMisuiie la dévotion à rimu:aculée Vierge Marie, Mère de Dieu : elle est cette femme de V Apocalypse (xii, Ij , toute couverte du soleil, qui a la lune sous ses pieds, et qui est couronnée d'étoiles : tout est clarté en elle ; c'est l'astre admirable que Dieu a mis dans son 'Eglise ; « il ne faut pas, » dit son dévot saint Bernard,» en détourner les yeux, u Vous ne pouvez mieux faire, après la trèssainte Mère de Dieu, (jne d'avoir recours à son époux vierge, le glorieux saint Jose|ih. Sainte Thérèse assure qu'elle n'a jamais demandé rien à la divine Majesté par son intercession qu'elle ne l'ail obtenu. Les anges sont des esprits tout de lumière, et qui n'ont jamais été dans les ténèbres ; leur dévotion est suivie d'une abontlance de bénédictions : demandez-leur qu'ils vous obtiennent quelque part à leurs profonds res- |iects. Les séraphins qui en sont les premiers, pour nous marquer leur resiieit, paraissent en sa présence se voilant la face. Accoutumez- vous saintement à converser avec celui qui vous garde, parlez-lui, entretenez-le de tout ce qui vous regarde, et pour le corps et pour l'âme, et pour le temporel et pour le spirituel ; car ils ont soin lie nous en toutes nos voies : Ut cuslodiant te in omnibus viis tuis. (Psal. xc, 11.) Je salue cet esprit bienheureux, tous les bons anges, etc.
A Evreux ce lï de mai, fêle de saint Pacôme.