‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 271 sur 436 · A MADEMOISELLE AUVRAY · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE AUVRAY

Eloge de M. Thomas, conseiller au Châlelet, à Paris, cl de son épouse.

Je vous supplie de dire à M. Thomas et à madame son épouse, non pas de ma part, mais de la part de Notre-Seigneur Jésus- Christ et de sa sainte Mère, que le grand dessein de >'otre-Seigneur tout bon et tout miséricordieux sur eux a été de les séparer

(58) Madame Henri eiait niie pauvre lemnie de Rouen, dont Doublon piil soin jusqu'à sa mort. Il la recommanda même en mourant aux charités de M. Tliomas, conseiller au l.liàlelet, el son intime ami, qui ne l'abandonna pas. Roudon n'avait rien de caché pour celle àme, pauvre, il est vrai, des

même extérieurement des créatures , re qu'il a voulu faire môme à .Mme Thomas |iar une conduite nécessaire et dont elle ne pouvait s'exempter, ce qui est une faveur inestimable. Le démon et le monde feront tous leurs elforts pour les tirer de ce saint état, et particulièrement la famille qui voudrait les avoir auprès d'elle. Mais qu'ils [irennent garde à leur grûce , qui est une des plus précieuses (jue Nolro-Seigneur accorde: elle m'est montiée dans un grand jour, connue une grAce tout à fait extraorilinaire, et une des jilus extraordinaires que j'aie connues depuis que je suis au monde, eu égard à toutes les circonstances. O'i'ii^ prennent bien garde à ne se rendre pas iiilidèles à une si grande grAce et à demeurer toujours retirés. C'est ici qu'il faut que le courage chrétien paraisse et se souvenir de ce que le Fils de Dieu a dit : Siquelt/u'un ne hait pas son père et sa mère , sa femme, ses parents . et encore sa propre âme , il ne peut pus être mon disciple : « Non putest esse meus discipulus. « [Luc. xiv,26) ; c'est-à-dire il n'a que faire d'attendie à vivre et à mourir dans mon service qui demande un dégagement entier. Saluez-les bien tous les deux de ma part et leurs bons anges , s'il vous plait.

.4 Evreux, ce S juillet , dons Voctave de la fête de la charitable Visite de Notre-Dame.

LETTRE XCVl - XCVIIL

A MADAME HENHI , A ROUEN (38j.

// l'exhorte à souffrir la pauvreté par Cexemplc de la suinte famille.

DIEU SELL

Ma (-hère sœur, Vous ne pouvez mieux faire que de vous bien unira la très-sainte famille de Xotre- Seigneur, la considérant, vous trouverez de quoi vous consoler dans votre pauvreté, qui n'en approche pas, quelque grande qu'elle soit; car encore avez-vous une chambre à vous retirer, et vous n'êtes pas réduite dans une étahlc sans jiorte, et ouverte de tous côtés. Vous n'êtes pas obligée de soufTrir un grand et long exil parmi un peuple barbare et étranger. Cependant voilà la conduite que la divine Providence tient sur cette famille. Ne devez-vous donc («as beaucoup vous réjouir, si celle qu'elle tient sur sur vous y a quelque rajiport? Certes , non-seulement cela doit vous ùler toute peine, mais même vous remplir toule d'une grande consolation. Ah! qu'il vaut bien mieux être semblable à Jésus, Marie et Joseph en cette vie, pour ensuite parlici|ierà leur bonheur dans l'autre, que de vivre à l'aise comme les mondains et périr ensuite avec eux élernelle-

biens de la terre, mais bien riche de ceux de la gtàce. Il rccommaiidait à ses prières toutes ses bonnes œuvres, ci de temps en temps il loi écrivait pour la consoler dans son iiidii;ence, et pour la pcrfeciionnerdans les vertus les pins sublimes.

i«-:i visi;s i.oMn.Ei Ls de boldon.

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