MANIÈRE
d'assister dévotement a la procession du très-saint sacrement.
Etant à l'église pour assister à la procèscession du très-saint sacrement, pendant que les prêtres se disposeront à partir pour cette augustecérémonie, vous invoquerez le Saint- Esprit, en disant le Veni,sancteSpiritus : ajoutez-y l'oraison du saint sacrement, et ensuite suppliez la sainte Vierge de vous offrir à son adorable Fils. Pour bien faire celte action, vous prierez aussi votre ange gardien qu'il vous obtienne la même dévotion et révérence qu'il à lui-même lorsqu'il est devant le très-saint sacrement de l'autel.
Lorsque vous commencerez d'adorer ce ■divin sacrement, pensez d'abord que c'est pour faire réparation d'honneur à Jésus- Christ, de tous les affronts qu'il a reçus lors
les iguste et triomphante cérémonie. Dites à cette intention avec toute l'Eglise -.Osalutarishoslia.
Quandle prêtre officiant prendra sur l'autel la sainte hostie dans le soleil éclatant en or et en pierreries, où elle est, pendant que tous les fidèles seront à genoux, pour l'adorer avec respect et humilité, pensez que c'est pour satisfaire à ces insultes, à ces outrages et à ces violences , avec lesquelles il fut pris pendant les ténèbres de la nuit, par les mains sacrilèges des soldats. Sortez de l'église avec la procession dans ce sentiment, demandez-lui pardon de toutes les injures et mauvais traitements qu'il reçut alors, dites à ce dessein l'hymne : Pange, lingua, gloriosi Corporis mystertum, etc.
Entretenez- vous dans ces pensées jusqu'an premier reposoir : témoignez à Jésus- Uirist la joie que vous avez, qu'en réparation de ce que tous ses disciples et amis l'abandonnèrent au temps de la passion, vous voyez une si grande troupe de Chrétiens qui l'accompagnent et le reconnaissent pour leur Dieu; dites-lui avec plus de fidélité et d'humilité que saint Pierre : Mon Dieu, quand il faudrait donner ma vie pour soutenir contre l'hérésie la vérité de votre corps et de votre OElvres compl. de Bot don. 1.
de sa passion, que vous allez avec tous fidèles assister a cette très-auguste et tri
sang dans l'adorable Eucharistie, j'espère avec le secours de votre grâce, que je ne vous renierai jamais. Offrez-lui même en action de grâces tout le sang des martyrs qui sont morts pour la défense de cette aimable vérité, qui ont donné sang pour sang et corj s peur corps, afin de correspondre à son incomparable charité. Faites quelques actes de foi pour la créance de ce mystère, et dites plusieurs fois : O mon Dieu , je crois que vous êtes Jésus-Christ le Fils du Dieu vivant, qui êtes venu dans le m inde.
Au premier reposoir, pensez à ce qui se passa chez Anne et chez Caïphô, à ces moqueries outrageuses que reçut le divin Sauveur, à ces crachats injurieux et è ces soufflets qui furent déchargés sur ses joues sacrées partant de mains sacrilèges; protestez que de tout votre cœur vous lui en faites réparation d'honneur : fermez les yeux, et couvrez votre face de confusion, pour satisfaire K la manière indigne avec laquelle les bourreaux fermèrent les siens, et lui couvrirent le visage ; et reconnaissez, par un acte de foi, que ce sont ces mêmes yeux du même Jésus-Christ, que c'est ce même visage qui réjouit et réjouira éternellement les anges et tous les bienheureux dans le séjour de l'éternité.
Entretenez- vous dans ces réflexions par lo chemin jusqu'au second reposoir î dites le Yerbum supernum prodiens, ou quelque autre hymne et prière conforme ; que si vous savez par cœur les mêmes hymnes et prières qui se chanteront par les prêtres, il sera bon de les préférer à toute autre, et de les réciter en voira particulier avec dévotion et attention.
Au second reposoir, pensez à l'examen qui fut fait par Pilate, de la doctrine et des actions de Jésus-Christ, tomme il fut indignement envoyé par le même Pilate chez Hérode, et plus indignement encore envoyé par Hérode chez Pilate. Offrez-lui en réparation tous les respects et adorations qui lui sont aujourd'hui rendus par toutes les puissances, et par tous les princes chrétiens, particulièrement par le roi très-chrétien ; il sera bon même de demander la grâce pour lui, afin qu'il demeure ferme en la foi de ce divin sacrement, et qu'il le fasse adorer et respecter par tous les sujets de son royaume : dites le psaume xix, Exaudiat, à celte intention, et vous entretenez dans ces pieux sentiments par les rues iusau'au troisième
rues jusqu au
reposoir, où vous penserez aux honteux dépouillements de Jésus-Christ, à ces flagellations sanglantes, à ce cruel déchirement do toutes les parties de son corps dans le prétoire et ailleurs; offrez-lui en esprit et pour réparation toutes les douleurs, maladies, afilic'ions de corps et d'esprit que vous souffrirez non-seulement, mais aussi que souffriront tous ceux qui assistent avec vous à cette procession. Demandez-lui la grâce pour eux et pour vous, afin de les souffrir à son exemple, avec patience et résignation : réjouissez-vous ensuite de ce que maintenant ce divin Jésus est dans le ciel, dégagé de
la
ŒUVRES COMPLETES DE BOEDON
toule souffrance, immortel et glorieux ; et reconnaissez par un acte de foi celte même immortalité et cette môme gloire qu'il possède sous les espèces eucharistiques : continuez par les chemins dans ces pensées; et s'il vous arrive de regarder les tapisseries et autres ornements qui sont dans les rues, «pièce ne soit que pour les offrir à Jésus- Christ : dites le psaume xxm, Domini est terra et plenitudo cjus, qui est le 3' des Matines de Notre-Dame.
Au quatrième et dernier reposoir, faites réflexion sur !e sensible et très-douloureux ' ronronnement d'épines roffrez à Jésus-Christ en réparation toutes ces petites couronnes qui lui ont été présentées dans tous les reposons précédents; mais n'en demeurez pas là ; témoignez-lui votre conjouissance de ce qu'il a été couronné roi du ciel et de la terre, des anges et des hommes, par les mains du l'ère éternel. Regardez-le particulièrement, et le respectez comme le roi de son Eglise, qui la gouverne et la gouvernera par son esprit jusqu'à la consommation des siècles : puis enfin, en qualité de son très-humble sujet, prôtez-lui le serment de fidélité; protestez que vous voulez toujours être à sa suite el«à son ser.vice, et réitérez ces protestations et ces promesses jusqu'à ce que la procession soit rentrée dans l'église. Demandez-lui aussi pardon de toutes vos rébellions passées, de toutes vos irrévérences, et môme de tous les sacrilèges qui ont jamais été commis contre sa divine personne dans l'adorable eucharistie, soit par les hérétiques, soit par les mauvais Chrétiens.
Dans l'église, regardez Jésus-Christ remis sur l'autel, comme un roi vient de remonter
sur son trône ou dans son lit de justice à l'issue du triomphe; pensez à cette croix infâme sur laquelle il fut attaché au mont du Calvaire, demandez-lui pardon de tous les blasphèmes qui furent vomis alors contre lui; offrez-lui en réparation toutes les louanges qui lui ont été données pendant la procession; et comme dans le temps qu'il fut attaché en croix, la haine des Juifs fut de tous points consommée, demandez-lui la grâce qu'aujourd'hui et à ce moment vous ayez, et tous les filèles aussi, pour lui un amour consommé : faites-en les actes, ou quelque prière particulière; entendez la messe à ce dessein.
Avant que de sortir de l'église, remerciez Noire-Seigneur Jésus -Christ de tous ces pieux sentiments, demandez-lui la grâce O'ètre fidèle aux résolutions que vous avez formées, adorez-le encore une fois, et dites le Te Deuin laudamus, etc.
Loué soit à jamais le irès-saint sacrement de l'autel!
Celui qui dira ces mots sacrés, loué soit, etc., gagnera cent jours d'indulgence, et autant celui qui fera la révérence les entendant dire.
Celui qui s'étant confessé et ayant communié dira les susdits mots, gagnera indulgence ulénière; et les cinq premières fois qu'on les dirai après s'être confessé et avoir communié, on délivrera cinq âmes du purgatoire à sa volonté.
Jl y a aussi indulgence plénière pour celui qui tiendra écrits ces susdits mots en un lieu d'où on les puisse lire, et autant à celui qui les lira,
ORAISON FOUft ADORER LE TRES-SAINT '.SACREMENT.
Mon Dieu et mon Sauveur Jésus, vrai Dieu et vrai homme, digne victime du Très-Haut, pain vivant, et source de la vie éternelle, je vous adore de tout mon cœur dans votre divin sacrement, avec dessein de réparer toutes les irrévérences, les profanations et \q» impiétés qui ont été commises contre vous dans ce redoutable mystère. Je me prosterne devant votre sainte majesté, pour vous y adorer présentement au nom de tous ceux qui ne vous y ont jamais rendu aucuns devoirs, et qui peut-être seront si malheureux que de ne vous y en rendre jamais, comme les hérétiques, les athées, les blasphémateurs, les magiciens, les Juifs, les idolâtres et tous les infidèles. Je souhaiterais, mon Dieu, vous pouvoir autant donner de gloire qu'ils vous en donneraient tous ensemble, s'ils vous y rendaient fidèlement leur respect et leur reconnaissance; et je voudrais pouvoir recueillir dans ma foi, dans mon amour, et dans le sacrifice de mon cœur, tout ce qu'ils auraient été capables de vous- rendre d'honneur, d'amour et de gloire dans l'étendue de tous les siècles. Je désire même de toute l'ardeur de mon âme vous donner autant de bénédictions et de louanges, que les damnés vomiront d'injures contre vous dans toute la durée de leurs supplices; et pour sanctifier cette adoration, et vous la rendre plus agréable, je l'unis, ô mon Sauveur, a toutes'celles de votre Kglise universelle du ciel et de la terre. Regardez les sentiments de mon cœur plutôt que les paroles -de ma bouche : j'ai dessein de vous dire tout ce que votre esprit inspire pour vous honorer, à votre sainte Mère, à vos saints, et tout ce que vous direz vous-même à Dieu votre Père dans ce glorieux et auguste sacrement où vous êtes son holocauste perpétuel, et dans le bienheureux sein où il vous engendre à tonte éternité, où vous le louez infiniment par la divine essence.
Lot'K ET ADORÉ SOIT LE TRRS-SAINT SACREMENT DK l.'.U'TEL A JAMAIS ! VlVF JESIS NOTRE AMOi R ! VIVE MARIE NOTRE ESPÉRANCE!
Ql KL EST LE MEILLEUR GOUVERNEMENT. — CUAP. I. 1550