Livre IV. — L'Absolution
Les 7,500,000 voix.
Le serment.
On remarquera que dans ce dernier projet il y avait seulement quatre livres au lieu des huit et de la conclusion que comporte le volume définitif. Victor Hugo avait établi les quatre grandes divisions : tlhmmê, kQm»inumemt, le Crime, tAbsoltttion, mais dans le projet final il ajoute : les Antres crimis, emprunte ie chapitre le Parlementarisme à un de ses plans antérieurs; puis il divise l'Aksoluthm en deux livres , et il termine par le livre inti-
tulc : Le Progris indus dans le coup (tÉtat et par la ConcluMn en deux parties , résumant les id^s générales, réservant, peut-être pour un autre volume, les développements que nous avons reproduits dans le Reliquat.
En même temps qu'il établissait le plan de son œuvre , il notait les phrases qui lui venaient à Tesprit ; en voici plusieurs :
Un jour l'avenir aura peine k croire que Louis Bonaparte ait existé. Dans ce livre , destiné ï dire un peu ce que c'était que cet
homme, on s'est proposé un double but, exposer
le crime son mojen de succ^, la ruse, et. son procédé
de gouvernement, la force. Ce procédé de gouvernement peut se résumer en trois mots : faire voter, fiire jurer et faire taire. Le sabre sur le vote, le sabre sur le serment, le sabre sur le silence.
L'idéal du silence est aUeint par la Constitution du 14 janvier.
Je prends k partie Bonaparte.
Et je me i^ve devant lui comme le remords en attendant que tous se lèvent comme le châtiment.
Apr^ le coup d'Eut, le bourgeois se croyait sauvé, et se sentait humilié. On trouve dans les boites du scrutin du 20 décembre, parmi les innombrables oui, x:e bulletin qui peint d'un mot toute la situation : — H/lae, oui,
n*c$c pas coupable Non, la France n'est pas responsable de
ce vote infime. Ce vote, loin d'absoudre Bonaparte, est un crime de plus ^ sa charge (développer).
Tombera-t-il ? — Oui. — Quand ? — Je l'ignore. — Mais sûrement? — Sûrement.
Un homme n'est pas pris au collet par une aussi formidable logique sans être perdu.
Le 14 juin, Victor Hugo avait déjà tracé des plans, réuni de nombreuses notes, écrit même des chapitres et des fragments , sans ordre , mais c'est à cette date qu'il commença réellement le vo-
lume dans une atmosphère de fièvre; il était là, à sa table, couvrant d*une écriture rapide les feuillets de papier sans s'interrompre; si par hasard quelqu'un entrait, il ne détournait pas la tête; le général Lamoricière ne manquait pas de venir tous les matins entre neuf et dix heures ; d'un signe de main , il invitait Victor Hugo à ne pas s'occuper de lui, il s'installait sur le divan, fumait sa pipe ou celle de Charles quand il avait oublié la sienne , et ne bougeait plus ; il attendait que Victor Hugo tournât la tête; alors il sacrait et jurait, il s'emportait contre Louis Bonaparte, et il suppliait Victor Hugo de lui lire quelques pages de Napoléon-le-Petit. Quel soulagement! Comme il savourait ces pages vengeresses ! Il partait plus content , mais nullement apaisé , et il revenait le lendemain, toujours avec les mêmes jurements , les mêmes appétits de vengeance et l'ardent désir d'entendre de nouvelles pages de flétrissure. Victor Hugo lisait aux proscrits , à Charras , à de Flotte , à Hetzel , à Emile Deschanel , à Madicr de Montjau, à Dussoubs, le chapitre qu'il venait de terminer. Son inspiration s'échauflait encore aux protestations enflammées des vaincus. Il écrivait dans ce milieu de persécutés et de victimes , sous le souffle de ces passions bouillonnantes, mettant son lyrisme au service du droit méconnu.
En seize jours il avait écrit la plus grande partie du volume. Le i** juillet , Victor Hugo annonce à sa femme qu'on met, à Londres, sous presse, NapoUon-le- Petit.
Pers9Hnt na os/ acheter le manmcrits on l'imprime, c'est 1^ toute la hardiesse anglaise.
J'ai fait ce livre depuis que tu nous as quittés. Je publierai l'Histoire du Deux Décembre plus tard. Étant forcé de l'ajourner, je n'ai pas voulu que Bonaparte profitât de l'ajournement. J'espère que vous serez tous contents de Napol/on-U'Petit. C'est une de mes meilleures choses. J'ai improvisé ce volume
NOTES DE L'EDITEUIL
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Le 13 'oiÎjcî, Victor Hago écimâx i M- Victoc Hago :
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Le 25 ixuIJet, i] arcrtissait sa femme que le lirrc panltnit mercredi on îcndî aa pins tard, et la priait de se rendre aussitôt à JerscT, loi annonçant que soo expulsion de BmxeUes étant inéritable, ]1 irait la retroarcr arec Charles. Et il écrÏTait à sa fiUe Adèle, le même ionr :
\(2 Dédéy DO petit mot poxxr toi et un gros biiser. Je njs te reroxr, m su? }e tûs pusrr 11 mer démon coté, toi da tien, et nons nous retronrerons dans un lieu calme, libre et charmant. Là, nous anendrons la fin de la méchante pièce qui fc joue en ce moment, et nous bénirons Dieu qui, noos ôcant la patrie, nous laxsK Li famille. Chades Tiendra avec moi et Victor aussi, j'espère. Tu rois bien que rhcureux groupe d'autrefois se refermera. Nous aurons Paris de moins, mais la mer de plus. Au lieu de la tempête des idées, nous aurons La tempête du vent et de Teau, ced est ^rand auoi. Chère enfant bien-aiméc, ]z t*cm brasse, et tout le cœur de ton père est à toi.
Ixr gouvernement belge fît la loi Faidcr qui (l^(-rct;iit clci ptinci contre la
(.ltnftp»iltlt4Mtf.
t tonte attaque Le a9 juillet, ks à Mctor Hugo on Le 51 , k poète adrosiiti
bicoTcocr, CQ mon
de sccoBn ài
'-*' dans la ai» de
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Loodfo, lo pcemiea
à mon Unéfice,
, la Tente à
, ii s*emharqiiait i Anrcn paroles d'adieu qui , il rcpoodit :
de Fnaoe pour avoir ownde dcccmbfc et m*ève ; je mb exilé <ieBd- K^d^kfiHL Eh ieiix IIm, TOÎ& toat^l
Le Ivndi 2 août, Victor Hugo annonçait à sa fiemme qa*il était à Londres, que k lÎTfe païaitrait seulement jeudi pour des raisons de ptmknce. .
N^alfm le f dit était publié en efict le ) août, k ^oor même oii Victor Hugo débarquait à Jerscj, et il adressait i M. Tatndc la lettre snirante :
Jcocj, 8 août i85L
Je peose, mon cher monsienr Tarride, que NsfÊÛm Je-PeUi doit avoir paru en ce moment , et j'espcre , nos encombre. Tatteods sor ce dernier point de vos noordles arec impatience. J*ai TU M. Je& en pasant ^ Londio* n consent k donner son nom pour la cou* ▼enure, maïs ne Tcot pas écrire la lettieiil tkj a pas en moyen de lui £ûte comptefl^'^ qoe cda était sans inconTénîent aucun po^f lui. Vous aTcx dû ceœroir une letttt » moi, de Londres, k ce sujet. V^os ponvex» du reste, user de soo nom.
J^ai trouré k Jetsej dlmmenses tjmpi^'^ toute nie m*a reçu sur le quai au déhis^^ ment, et j^ai été profondément touché des manifesuùons des proscrits et des habiao<^
"' AOts et panks : En quittant b Bdg»qn«*
Les proscrits m'assurent qu'on vendrait dans rSk seulement 1,000 ou 1,500 NapoUou-le- Pttit, Vous pouvez dans tous les cas titer le tenain, en en envoyant deux cents ou deux cent cinquante, qui seraient, je crois, enlevés tout de stiite. Le passage en France, par les bateaux pêcheurs, serait, dit-on, très fiacile. Ils vont et viennent constamment, et on ne les visite pas.
La première édition in-12 avait été rapidement enlevée. Victor Hugo se préocciipait de la réimpression ; il écrivait à Hetzel le 15 août :
Oii en est la réimpression de NapoUon-k- Fftit?,,, J*ai déjà envoyé k M. Tarride quelques corrections pour la réimpression de NapMm-le-PeÉiL . . Ya-t-il un transit pour les livres par l'Angleterre ? Dans ce cas il faudrait les envoyer par Ik. S*il n'y pas de transit, il faudrait prendre la voie de Rotterdam pour Guernesey. M. Philippe Fallé, libraire de Jersey, qui demande 250 Nap.-lf'Pffy'fj indique la voie et le procédé dans sa lettre ï M. Tarride. . .
Ici on attend le livre avec impatience. S'il y en avait eu mille k l'apparition de l'ouvrage, ib eussent été vendus dans llle seulement.
Demain nous nous installons ï Marine- Terrace.
Le livre, en effet, était attendu avec impatience. Dès qu'il fat entre les mains des exilés, ce fut une explosion d'enthousiasme. Madier de Montjau se fit, le 18 aoÂt, l'interprète de la proscription dans la lettre suivante :
Je persiste ï croire plus que jamais que NaJtcUm-Ie-Petii nous sera un puissant auxiliaire. Je n'avais pas attendu l'envoi des deux volumes que M. Luttrot (Luthereau) a bien voulu m'apporter le lendemain de votre part, pour me procurer un exemplaire de Vabomimakle pamphlet (vous savez que chez les amis de M. Bonaparte cela ne s'appelle pas autrement). S'ils proportionnent l'injure au mal que le livre doit leur faire, je les trouve encore modérés dans leur dénomination. J'ai tout lu rapidement. J'ai relu ensuite les passages qui m'avaient le plus frappé, et je me félicite de pouvoir vous dire que l'opinion que je m'étais formée sur les passages que vous avez bien voulu me communiquer a été for-
HISTOULE. — I.
tifiée par l'examen attentif de l'ensemble. Laissons lever ces ferments, et nous aurons un jour une grande et utile explosion.
Noël Parfait annonçait à Victor Hugo qu'il avait fait passer en France des exemplaires de Napoleon-le-Petit,cn feuilles et sur papier mince , par le moyen de la poste 5 mais que ce moyen avait été éventé et les lettres décachetées. Il envoyait en même temps l'extrait d'une lettre , en date du ) septembre, qu'Alexandre Damas lui avait adressée de Turin après son passage à Lyon :
Après le souper, on s'est réuni dans une chambre, et Ik j'ai lu les principaux passages de NapoUon- le- Petit» Tout le monde a été ravi, transporté! A la suite de cette lecture, de telles instances ont été faites que mon dernier volume est resté dans la seconde capitale de l'empire. En arrivant ici, je me suis informé si je pouvais en avoir d'autres. On en avait envoyé un certain nombre, mais tout a été enlevé dans un seul jour. Il n'en reste pas un exemplaire \ Turin. Quel succès et quel effet prodigieux I
Le 7 septembre, Victor Hugo se plaint à Hetzel des lenteurs de l'imprimeur :
Le certain, c'est qu'un temps précieux a été perdu, c'est qu'ici on aurait vendu 2,000 exemplaires et que ceux qu'on manque a vendre ne se retrouvent pas.
Charras écrit à Victor Hugo le 10 novembre :
Vous savez que votre livre fait toujours fureur en France. On se l'arrache. On en fait des copies. On divise le petit livre en dix ou douze volumes pour satisfaire plus de personnes \ la fois. On l'autographie par fragments. On a été jusqu'k en réimprimer des fragments en placards \ la brosse. Hier encore j'ai reçu une lettre d'une de mes parentes qui habite le Puy-de-Dôme. Elle me dit que, dans la ville o^ elle demeure, il est enBn arrivé demx exemplaires de N.-le-P. depuis six jours et que déjk plus de deux cents personnes l'ont lu. On le lit la nuit tout entière aussi bien que le jour tout entier. Ma parente l'a entendu lire de une heure du matin k quatre
mniHCBIB ««TI01ALI.
NOTES DE L'ÉDITEUR
OU cinq heures. C'était chez elle, portes closes, domestiques couchés, la famille réunie, c*est-k-dire onze personnes : a II fallait faire la lecture ï cette heure-1^ ou attendre peut-être huit ou dix jours pour connaître Tœuvre de notre grand poète, de notre grand orateur. Nous ne voulûmes pas attendre ; et bien nous en prit, car nous fûmes transportés, enthousiasmés. D C'est ma parente qui parle.
Le II novembre i8j2, Hetzel répond à Victor Hugo :
i** Une nouvelle édition de 10,500 exemplaires est prête, l'autre est donc vendue.
2"" Je fais tirer tout de suite, pour n'être pas arrêté par la loi nouvelle et pour éviter les ignobles lenteurs de l'édition petit texte, une édition k 5,000, format des mémoires de Dunus et pareille ï la première édition. C'est une provision que je fais pour le cas où, la loi passant, il n'jr aurait plus possibilité de fabriquer. J'ai organisé en France deux services pour la contrebande. Et j'irai partout oh il faudra, si la Belgique nous est fermée, pour pousser cette a£Eiire ou toute autre.
Le 17 novembre, Alexandre Dumas disait :
Nous fusions passer en France des Napo- I/oM'k'Pefy'f par milliers : un de nos amis vient d'en emporter deux douzaines dans le buste du président lui-même.
Si Nafoléon-U-Petit parvenait, à force de roses , de détours et de dévouements , à pénétrer en France, il était furieusement pourchassé à l'étranger, ainsi qu*en témoigne cet extrait de journal :
Les journaux suisses publient la lettre suivante, adressée par M. Druey, ministre de la justice, k la direction de justice et de police de Berne :
a Berne, le 10 décembre 1852.
a Le ministre de France a remis, le 3 de ce mois, au président de la Confédération, une note en date du 29 novembre écoulé, portant : ff que bon nombre de pamphlets de al^/ffor Hugo pénètrent en France par la «Suisse. Que cette propagande est, dit-on, (( organisée a Genève et a Morat, où il existe, ak ce qu'on prétend, des imprimeries clan- |
«destines qui multiplient en toute sécurité et les œuvres de cet anarchiste». Le ministre de France exprime ensuite l'attente que Tautorité fédérale mettra un terme ï ces actes.
(I . . .Vu la gravité de la plainte du ministre de France, et comme il importe beaucoup à la Suisse de ne pas fournir de griefs fondés ï une puissance amie, mon département vous prie d'ordonner immédiatement les rechercbei propres ï découvrir les hlu ci-après :
« I* S'il existe réellement sur votre territoire des imprimerks ckmdMmes qui muidpUent les œuvres de Victor Hugo (telles que NapMih le-Petit) y ainsi que celles d'Eugène Sue. . .
a 2** Si les œuvres dont il s'agit ont été publiées puhliqMemeitt dans votre canton ...»
M. Druey concluait à la rtjrrtfiêu se vère de ces actes de clandestinité.
Décidément , l'anarchiste Victor Hugo était dangereux !
Le 6 janvier 1853 , Hetzel recevait de Victor Hugo ce mot, daté de Marine- Terracc :
On m'annonce ici que Né^poUèm-k-PeiH a dû disparaître des affiches et devantures \ Bruxelles. L'opinion est que cela ne s'en vendra que mieux. Je sais aussi que c'est votre avis.
On peut dire, en efEet, que plus les obstacles à la vente se multipliaient , plus la vente augmentait. Par la poste, par des voyageurs, par des bateaux de pécheurs, des exemplaires arrivaient dans toute la France.
Cependant le gouvernement exerçait une surveillance active , faisait fouiller les voyageurs à la frontière et décacheter les lettres qui lui paraissaient suspectes. Neuf mois après la publication du livre, en avril 1853, la persécution était aussi violente qu'aux premiers jours.
Témoin cette note de Victor Hugo que nous avons retrouvée :
On peut juger par un fait \ quel point, quels que soient les efforts du despotisme, la pensée est incompressible. Depuis neuf mois qu'il a paru, le NaffMm'ïe-Piiii de Victor Hugo est le point de mire de toute la police bonapartiste en France^ de toute la
pression bonapartiste hors de France. Les douaniers sont aux aguets, et les diplomates aussi. Nous ne parlons que pour mémoire de tout ce qui se fait en France pour empêcher le livre de se répandre, amendes, prisons, Cajenne, pénalités judiciaires et administratives, etc., etc. M. Bonaparte s*en prend même aux républiques : en Europe, c'est un ambassadeur, M. de Salignac-Fénelon, qui dénonce NapoUon-U-Petit à la diète suisse; en Amérique, c'est un ministre de France, M. Levasseur, républicain de la veille, ancien carbonaro, qui menace le gouvernement mexicain s'il permet la vente du livrecauchemar. Napol/om-k-Petiiest traqué partout, en Hollande, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au nord comme au midi. Eh bien! k quoi ont abouti ces immenses efforts? Sans parler de l'édition originale, vendue, on le sait, k des nombres immenses, NapoUon-le- Petit a été contrefait, et reproduit, et traduit partout. Il y a une traduction en allemand, par l'ancien représenunt Savoje; une traduction en anglais. Napoléon tbe Uttie, vendue, dit-on, \ plus de 70,000 exemplaires; une traduction en italien, une traduction en espagnol; deux éditions dans l'Amérique du Nord, l'une en français, l'autre en allemand; deux traductions dans l'Amérique du Sud, Napoléon elpequeHo, Napoléon elchiqnttoj ajoutez \ cela les innombrables journaux dans toutes les bngues qui ont reproduit Napol^-le-Petitj
les uns par fragments, les autres en entier, depuis Londres jusqu'k Calcutta, depuis Lima jusqu'k Québec; et l'on peut calculer qu'i l'heure qu'il est, sans préjudice de l'avenir, le livre de Victor Hugo est déji, en dépit de M. Bonaparte, répandu sous toutes les formes ï plus d'un million d'exemplaires. Comprimez donc la pensée!
C'eût été bien en vain; déjà à cette époque Napoléon-U-Petit était répandu à plus d'un million d'exemplaires, ce sans préjudice de l'avenir », disait Victor Hugo . Il avait raison. En effet , la génération qui était née sous l'empire lisait le livre avec avidité ; il y avait déjà plus de dix ans qu'il était publié, et toute la jeunesse, au moment des élections de 1863, premier réveil de l'opinion, le connaissait et en récitait des passages. Le livre nous parvenait sur papier pelure, et passait de main en main; il avait toute la saveur du fruit défendu.
Les fils des victimes du coup d'Etat avaient été élevés dans la haine de l'empire avec Napolêon-le-Petit et Us Chdtiments; et c'est avec ces armes que les ennemis du régime impérial poursuivaient la revanche du droit , de la justice et de la liberté.