CONTRE-COUP DU 24 JUIN
L'autre l'interrompit impétueusement : — Un homme n'est pas le peuple ! Et se tournant vers moi :
— Citoyen Victor Hugo, on marchera. Si tous ne marchent pas, il y en aura qui marcheront. A vrai dire, ce n'est peut-être pas ici qu'il faut commencer, c'est de l'autre côté de l'eau.
Et s'arrctant brusquement :
— Apres ça, vous n'êtes pas obligé de savoir mon nom.
Il tira de sa poche un petit portefeuille, en arracha un morceau de papier, y écrivit son nom au crayon et me le remit. Je regrette d'avoir oublié ce nom.' C'était un ouvrier mécanicien. Afin de ne pas le compromettre, j'ai brûlé ce papier, avec beaucoup d'autres, le samedi matin quand je fus au moment d'être pris.
— Monsieur, dit Auguste, c'est vrai 5 il ne faudrait pas mal juger le faubourg. Comme dit mon ami, il ne partira peut-être pas le premier, mais si on se lève, il se lèvera.
Je m'écriai : — Et qui voulez- vous qui soit debout, si le faubourg Saint- Antoine est à terre? qui sera vivant si le peuple est mort!
L'ouvrier mécanicien alla à la porte de la rue, s'assura qu'elle était bien fermée, puis revint, et dit :
— Il y a beaucoup d'hommes de bonne volonté. Ce sont les chefs qui manquent. Écoutez, citoyen Victor Hugo, je puis vous dire cela à vous... — et il ajouta en baissant la voix : — J'espère un mouvement pour cette nuit.
— Oii?
— Au faubourg Saint-Marceau.
— A quelle heure .'^
— A une heure.
— Comment le savez- vous .'^
— Parce que j'en serai.
Il reprit : — Maintenant, citoyen Victor Hugo, s'il y a un mouvement cette nuit dans le faubourg Saint-Marceau, voulez-vous le diriger.^ Y consentez-vous.'^
— Oui.
— Avez-vous votre écharpe.^
Je la tirai à demi de ma poche. Son œil rayonna de joie.
— C'est bien, dit-il, le citoyen a ses pistolets, le représentant a son écharpe. Tout le monde est armé.
Je le questionnai : — Etes-vous sûr de votre mouvement pour cette nuit.»^
— Il me répondit : — Nous l'avons préparé, et nous y comptons.
HISTOIRE. — 1. 2î
— En ce cas-là, dis-jc, sitôt la première barricade faite, je veux ctrc derrière, venez me chercher.
— Où?
— Partout où je serai.
Il me déclara que si le mouvement devait avoir lieu dans la nuit, il le saurait à dix heures et demie du soir au plus tard et que j'en serais averti avant onze heures. Nous convînmes que, dans quelque lieu que je me trouvasse jusqu'à cette heure, j'en enverrais l'indication chez Auguste, qui se chargerait de la lui faire parvenir.
La jeune femme continuait de regarder. Le colloque se prolongeait et pouvait sembler étrange aux gens de l'arrière-boutique. — Je m'en vais, dis-jc à Auguste.
J'avais cntr'ouvert la porte, il me prit la main, la pressa comme eût fait une femme, et me dit avec un accent profond : — Vous vous en allez, reviendrez- vous ?
— Je ne sais pas.
— C'est juste, reprit-il, personne ne sait ce qui va arriver. Eh bien! vous allez peut-être être poursuivi et cherché comme je l'ai été. Ce sera peut-être votre tour d'être fusillé, et ce sera mon tour de vous sauver. Vous savez, on peut avoir besoin des petits. Monsieur Victor Hugo, s'il vous fallait un asile, cette maison-ci est à vous. Venez-y. Vous y trouverez un lit où vous pourrez dormir et un homme qui se fera tuer pour vous.
Je le remerciai par un serrement de main, et je partis. Huit heures sonnaient. Je me hâtai vers la rue de Charonne.
A l'angle de la rue du Faubourg-Saint- Antoine, devant la bouticjue de l'épicier Pépin , à l'endroit même où se dressait à la hauteur de deux étages la gigantesque barricade de juin 1848, les décrets du matin étaient affichés, quelques hommes les examinaient quoiqu'il fît nuit noire et qu'on ne pût les lire, et une vieille femme disait : — Les vingt-cinq francs sont à bas. Tant mieux!
Quelques pas plus loin, j'entendis prononcer mon nom. Je me retournai. C'étaient Jules Favre, Bourzat, Lafon, Madier de Montjau et Michel (de Bourges) qui passaient. Je pris congé de la personne vaillante et dévouée qui avait bien voulu m'accompagner. Un fiacre passait, je l'y fis monter, et je rejoignis les cinq représentants. Us venaient de la rue de Charonne. Us avaient trouvé le local de l'association des ébénistes fermé. — Il n'y avait personne, me dit Madier de Montjau. Ces braves gens commencent à avoir un petit capital, ils ne veulent pas le compromettre, ils ont peur de nous, ils disent : Les coups d'État ne nous regardent pas, laissons faire! — Cela ne m'étonne pas, lui répondis- je j dans le moment où nous sommes, une association est un bourgeois.
— Où irons-nous? demanda Jules Favre.
Lafon demeurait à deux pas de là, quai Jemmapes, n" 2. Il nous offrit son appartement, nous l'acceptâmes, et nous prîmes les mesures nécessaires pour faire prévenir les membres de la gauche que nous étions là.
Quelques instants après, nous étions installés chez Lafon, au quatrième étage d'une ancienne et haute maison. Cette maison a vu la prise de la Bastille.
On entrait dans cette maison par une porte bâtarde s'ouvrant sur le quai Jemmapes et donnant sur une cour étroite plus basse que le quai de quelques marches. Bourzat resta à cette porte pour nous avertir en cas d'événement et pour indiquer la maison aux représentants qui surviendraient.
En peu d'insunts nous fûmes nombreux, et nous nous retrouvâmes à peu près tous ceux du matin, avec quelques-uns de plus. Lafon nous livra son salon dont les fenêtres donnaient sur des arrière-cours. Nous nous constituâmes une espèce de bureau et nous prîmes place, Jules Favre, Carnot, Michel et moi , à une grande table éclairée de deux bougies et placée devant la cheminée. Les représentants et les assistants siégeaient à Tentour sur des chaises et des fauteuils. Un groupe debout obstruait la porte.
Michel (de Bourges) , en entrant, s écria : — Nous sommes venus chercher le peuple au faubourg Saint-Antoine. Nous y voici. Il faut y rester! On applaudit ces paroles.
On exposa la situation, la torpeur des faubourgs, personne à rassociatioo des ébénistes, les portes fermées presque partout. Je raconui ce que j'avais vu et entendu rue de la Roquette, les appréciations du marchand de vin Auguste sur l'indifférence du peuple, les espérances de l'ouvrier mécanicien, la possibilité d'un mouvement dans la nuit au faubourg Saint-Marceau. On convint qu'au premier avis qui me serait donné, j'irais.
Du reste, on ne savait rien encore de ce qui s'était passé dans la journée. On annonça que M. Hovyn, lieutenant-colonel de la j* légion de la garde nationale, avait envoyé des ordres de convocation aux officiers de la légion. Survinrent quelques écrivains démocrates, parmi lesquels Alexandre Rey et Xavier Durieu, avec Kcsler, Fillias et Amable Lemaître, de la Kmluthfi; un de ces écrivains était Millicre.
\lillière avait une large déchirure saignante au-dessus du sourcil 5 le matin même, en nous quittant, comme il emportait une des copies de la proclamation que j'avais dictée, un homme s'était jeté sur lui pour la lui arracher, la police était évidemment déjà avertie de la proclamation et la gucttaiti Milhcre avait lutté corps à corps avec l'agent de police et l'avait terrassé, non sans emporter cette balafre. Du reste, la proclamation n'était pas encore imprimée. Il était près de neuf heures du soir et rien ne venait. Xavier Durieu affirma qu'une heure ne se passerait pas sans qu'on eût les quarante mille exemplaires promis. On espérait en couvrir dans la nuit les murs de Paris. Chacun des assistants devait se faire afficheur.
Il y avait parmi nous, ce qui était inévitable dans la confusion orageuse de ces premiers moments, beaucoup d'hommes que nous ne connaissions pas. Un de ces hommes avait apporté dix ou douze copies de l'appel aui armes. Il me pria de les signer de ma main afin de pouvoir, disait-il, montrer ma signature au peuple... — Ou à la police, me dit tout bas Baudin en souriant. Nous n'en étions pas à prendre de ces précautions-là. Je donnai à cet homme toutes les signatures qu'il voulut.
Jules Favre prit la parole. Il importait de constituer l'action de la gauche, d*imprimer au mouvement qui se préparait l'unité d'impulsion, de lui créer un centre, de donner à l'insurrection un pivot, à la gauche une direction, au peuple un point d'appui. Il proposa la formation immédiate d'un comité représentant la gauche entière dans toutes ses nuances, et chargé d'organiser et de diriger l'insurrection.
Tous les représentants acclamèrent cet éloquent et courageux homme. On proposa sept membres. On nomma sur-le-champ Carnot, de Flotte,
Jules Favrc, Madier de Montjau, Michel (de Bourges) et moi 5 et ainsi fut, par acclamation, composé ce comité d'insurrection que, sur ma demande, on appela comité de résistance; car l'insurgé, c'était Louis Bonaparte. Nous, nous étions la République. On désirait faire entrer dans le comité un représentant ouvrier. On désigna Faure (du Rhône). Mais Faure, nous ne l'apprîmes que plus tard, avait été arrêté le matin. Le comité se trouva donc de fait composé de six membres.
Le comité s'organisa séance tenante. Un comité de permanence rut formi dans son sein avec fonction de décréter d'urgence, au nom de toute la gauche, de centraliser les nouvelles, les renseignements, les directions, les instructions, les ressources, les ordres. Ce comité de permanence fut composé de quatre membres, qui étaient Carnot, Michel (de Bourges), Jules Favre et moi. De Flotte et Madier de Montjau furent spécialement délégués, de Flotte pour la rive gauche et le quartier des écoles, Madier pour les boulevards et la banlieue.
Ces opérations préliminaires terminées, Lafon prit à part Michel (de Bourges) et moi et nous dit que l'ancien constituant Proudhon était venu demander l'un de nous deux, qu'il était resté en bas environ un quart d'heure et s'en était allé, en annonçant qu'il nous attendrait place de la Bastille.
Proudhon, qui faisait à cette époque à Sainte-Pélagie ses trois ans de prison pour offense à Louis Bonaparte, avait de temps à autre des permissions de sortie. Le hasard avait fait qu'une de ces permissions était tombée le 2 décembre.
Chose qu'on ne peut s'empêcher de souligner, le 2 décembre, Proudhon était régulièrement détenu en vertu d'une condamnation, et, au moment même où l'on faisait entrer illégalement en prison les représentants inviolables, on en laissait sortir Proudhon qu'on pouvait y garder légalement. Proudhon avait profité de cette mise en liberté pour venir nous trouver.
Je connaissais Proudhon pour l'avoir vu à la Conciergerie où étaient enfermés mes deux fils, et Auguste Vacqueric, et Paul Meurice, mes deux illustres amis, et ces vaillants écrivains, Louis Jourdan, Erdan, Suchctj je ne pouvais m'empccher de songer que, certes, ce jour-là on n'eût laissé sortir aucun de ces hommes-là.
Cependant Xavier Durieu me parla à l'oreille. — Je quitte Proudhon, me dit-il, il voudrait vous voir. Il vous attend en bas, tout près, à l'entrée de la place, vous le trouverez accoudé au parapet sur le canal.
— J'y vais, lui dis-je.
Je descendis.
Je trouvai en effet, à l'endroit indiqué, Proudhon pensif, les deux coudes appuyés sur le parapet. Il avait ce chapeau à larges bords avec lequel je l'avais
souvent vu se promener à grands pas, seul, dans la cour de la G)ncicrgeric.
J'allai à lui.
— Vous voulez me parler? lui dis-je.
— Oui.
Et il me serra la main.
Le coin où nous étions était solitaire. Nous avions à gauche la place de la BastilR profonde et obscure 5 on n'y voyait rien et l'on y senuit une foule i des régiments y étaient en bataille j ils ne bivouaquaient pas, ils étaient prêts à marcher 5 on entendait la rumeur sourde des haleincsj la place cuit pleine de ce fourmillement d'étincelles pâles que font les bayonnettcs dans la nuit. Au-dessus de ce gouffre de ténèbres se dressait droite et noire la colonne de Juillet.
Proudhon reprit :
— Voici. Je viens vous avertir, en ami. Vous vous faites des illusions. Le peuple est mis dedans. Il ne bougera pas. Bonaparte l'emportera. Cette bêtise, la restitution du suffrage universel, attrape les niais. Bonaparte passe pour socialiste. Il a dit : Jf serai yempercur de la canaille. C'est une insolcncCj mais les insolences ont chance de réussir quand elles ont à leur service ceci.
Et Proudhon me montrait du doigt la sinistre lueur des bayonnettcs. Il continua :
— Bonaparte a un but. La République a fait le peuple, il veut refaire la populace. Il réussira, et vous échouerez. Il a pour lui la force, les canons. Terreur du peuple et les sottises de l'Assemblée. Les quelques hommes de la gauche dont vous êtes ne viendront pas à bout du coup d'Éut. Vous ctcî honnctcs, et il a sur vous cet avantage, qu'il est un coquin. Vous avez dcî scrupules, et il a sur vous cet avantage, qu'il n'en a pas. Cessez de résister, croyez-moi. La situation est sans ressource. Il faut attendre^ mais, en ce moment, la lutte serait folle. Qu'espérez- vous .'^
— Rien, lui dis-je.
— Et que ferez- vous. ^
— Tout.
Au son de ma voix, il comprit que l'insistance était inutile.
— Adieu, me dit-il.
Nous nous quittâmes. Il s'enfonça dans l'ombre, je ne l'ai plus revu.
Je remontai chez Lafon.
(Cependant les exemplaires de l'appel aux armes n'arrivaient pas. Les re présentants inquiets descendaient et remontaient. Quelques-uns allaien attendre et s'informer sur le quai Jemmapes. Il y avait dans la salle un brui de conversations confuses. Les membres du comité, Madier de Montjau
Jules Favrc et Carnot, se retirèrent et me firent dire par Charamaule qu'ils allaient rue des Moulins, n** 10, chez l'ancien constituant Landrin, dans la circonscription de la j' légion, pour y délibérer plus à Taise, en me priant d'aller les rejoindre. Mais je crus devoir rester. Je m'étais mis à la disposition d'un mouvement éventuel du faubourg Saint-Marceau. J'en attendais lavis par Auguste, il m'imporuit de ne pas trop m'éloignerj en outre il était possible que, si je partais, les représentants de la gauche, ne voyant plus aucun membre du comité au milieu d'eux, se dispersassent sans prendre de résolution, et j'y voyais plus d'un inconvénient.
Le temps s'écoulait, pas de proclamations. Nous sûmes le lendemain que les ballots avaient été saisis par la police. Cournet, un ancien officier de marine républicain qui était présent, prit la parole. Ce qu'était Cournet, quelle nature énergique et déterminée, on le verra plus tard. Il nous représenta que depuis près de deux heures nous étions là, que la police finirait certainement par en être avertie, que les membres de la gauche avaient pour devoir impérieux de se conserver à tout prix à la tête du peuple, que la nécessité même de leur situation leur imposait la précaution de changer fi-équemment d'asile, et il termina en nous offrant de venir délibérer chez lui, dans ses ateliers, rue Popincourt, n** 82, au fond d'un cul-de-sac, et toujours à proximité du faubourg Saint-Antoine.
On accepta, j'envoyai prévenir Auguste du déplacement et je lui fis porter l'adresse de Cournet. Lafon resta quai Jemmapes avec mission de nous envoyer les proclamations dès qu'elles lui arriveraient, et nous partîmes surle-champ.
Charamaule se chargea d'envoyer rue des Moulins afin de prévenir les autres membres du comité que nous les attendions rue Popincourt, n** 82.
Nous marchions, comme le matin, par petits groupes séparés. Le quai Jemmapes borde la rive gauche du canal Saint-Martin 5 nous le remontâmes. Nous n'y rencontrions que quelques ouvriers isolés qui tournaient la tête quand nous étions passés et s'arrêtaient derrière nous d'un air étonné. La nuit était noire. Il tombait quelques gouttes de pluie.
Un peu après la rue du Chemin-Vert, nous prîmes à droite et nous gagnâmes la rue Popincourt. Tout y était désert, éteint, fermé et silencieux comme dans le faubourg Saint-Antoine. Cette rue est longue, nous marchâmes longtemps, nous dépassâmes la caserne. Cournet n'était plus avec nous, il était resté en arrière pour avertir quelques-uns de ses amis et, nous dit-on, pour prendre des mesures de défense en cas d'attaque de sa maison. Nous cherchions le numéro 82. L'obscurité était telle que nous ne pouvions distingueras chiffres des maisons. Enfin, au bout de la rue, à droite, nous vîmes une lueurj c'était une boutique d'épicier, la seule qui fût ouverte
dans toute la rue. L'un de nous entra et pria l'épicier, qui était assis dans son comptoir, de nous indiquer la maison de M. Cournet. — En face, dit l'épicier en montrant du doigt une vieille porte cochcre basse qu'on distinguait de l'autre côté de la rue, presque vis-à-vis sa boutique.
Nous frappâmes à cette porte. Elle s'ouvrit. Baudin entra le premier, cogna à la vitre de la loge du portier et demanda : — M. Cournet ? — Une voix de vieille femme répondit : Cest ici.
La portière était couchée. Tout dormait dans la maison. Nous entrâmes.
Une fois entrés, et la porte cochcre refermée derrière nous, nous nous trouvâmes dans une petite cour carrée, formant le centre d'une espèce de masure à deux étages 5 un silence de cloître, pas une lumière aux fenêtres; on distinguait près d'un hangar l'entrée basse d'un escalier étroit, obscur et tortueux. — Nous nous sommes trompés, dit Charamaule, il est impossible que ce soit ici.
Cependant la portière, entendant tous ces pas d'hommes sous la porte cochère, s'était éveillée tout à fait, avait allumé sa veilleuse, et nous l'apercevions dans sa loge, le visage collé à la vitre, regardant avec effarement ces soixante fantômes noirs, immobiles et debout dans sa cour.
Esquiros lui adressa la parole : — Est-ce bien sûr ici M. Cournet? dit-il.
— M. Cornet.'^ répondit la bonne femme, sans doute.
Tout s'expliqua. Nous avions demandé Cournet, Icpicier avait entendu Cornet, la portière avait entendu Cornet. Le hasard faisait qu'un M. Cornet demeurait précisément là.
On verra plus tard quel extraordinaire service le hasard nous avait rendu.
Nous sortîmes au grand soulagement de la pauvre portière, et nous nous remîmes en quête. Xavier Durieu parvint à s'orienter et nous tira d'embarras.
Quelques instants après nous tournions à gauche et nous pénétrions dans un cul-dc-sac assez long, faiblement éclairé par un vieux réverbère à l'huile de l'ancien éclairage de Paris, puis à gauche encore, et nous entrions par un passage étroit dans une grande cour encombrée d'appentis et de matériaux. Cette fois nous étions chez Cournet.