LE JOTJB DE L'AN V ALGER
On se rappelle que le maréchal nous avait invité à assister à la réception du cheick El-Mokrani. Nous n'avions çtarde de manquer à une pareille fête. C'était, au reste, une chose Importante que cette récep-
tlon, i-.l Mokrani étant un personnage considérable parmi >*s Arabes.
Le général, qui l'avait fixée au premier jour de l'an, en lait une espè e de solenm
A u,, / ie maréchal.
La cérêm
L'assemblée ci a
Des munis, des radis dès d -rsseurs des
et des cadis ; *
Des oukils des divei
ues ;
les Chenouas et des persoi Q uite ;
Du héros de la fête, le klialii.u de ia, Seid-
Achmet-ben-Mohammed-el-Mokrani, de son jeune Us et de ses parens ;
Enfin, d'un grand nombre d Arabes qui étaient venus pour accompagner leurs chefs.
On commença par le baisemain d'usage.
Puis, comme, par un hasard heureux, l'année musulmane finissait cette année presque en même temps que l'année française, le maréchal manifesta aux Arabes le plaisir qu'il éprouvait de pouvoir répondre .de bonne
ait, par des vœux p Le mufti, vieillard octogénaire, pri I parole au
nom de tous les indigènes, e,. pria le maréchal d'agréer leurs félicitations à l'occasion du nouvel an, et les vœux qu'ils adressaient à Dieu pour qu il daignât augmenter , s'il était possible, la puissance et le bonheur de la France.
Alors le maréchal prit la parole à son tour, et, avec cette netteté de forme et ce bonheur d'express! bs qui le caractérisaient, il expliqua aux Arabes que le bonheur de ! Algérie dépendait de trois questions importantes, auxquelles ils devaient attacher toute leur attention.
Ces trois questions étaient la paix, la jiïcuI-
ture.
La paix, dit alors le maréchal, cela me regarde. Je vous la promets et vous la. donnerai.
El-Mokraaii fit signe qu'il voulait répondre.
Monsieur le maréchal, dit-il, nous sommes tous persuadés que votre gouvernement ne saurait être qu'heureux: car l'homme de bien ne peut crue se ressentir de vos blen- I homme de mal ne saurait échapper a votre colère
— La Justice, a continué le maréchal, elle vous est administrée par ceux des vôtres que vous-mêmes avez jugés dignes de remplir les saintes fonctions de juges; ils agissent, sous nos yeux et i t-vous
i moi si vous avez occasion de vous plaindre, et au besoin je vous ferai justice de la justice. Le ' "ii alors, au nom de la m musulmane, re-
tiaj 'de la i roula
accorder aux indigènes, l'assurant un soin que les juges musulmans mettraient constamment à se rendre digin fonctions importantes qu'ils remplissaient.
— L'AGRICULTURE, reprit le ma échal I agri culture est la
inence de la paix. La I un triple Beau cas
elle entraîne avec, elle la mi i tte. Donc je vous
imls la paix ; c'est, ,v iieresse et les sauterelles, c'est vous promettre labon-
Alors il lit signe a El-Mokrani de s'avancer, et lui donna un fusil en lui disant :
' I mis et contre les ennemis de la France.
Puis 11 lui mit sur les épaules un burnous de drap tï galonné d'or, et lui donna uni d'étoffe de
pour ideau à ses femmes
El-Mokrani abandonnait un mage
arabe > damasquiné d'ar ■
rail. Le tusil pouvait bien caloir dix to que lui
i m la France par les mains du mi
.ait jeté sur l'épaule de son fils, bel enfant de dix ans. un bournous de cachemire qui femme la plus élégante, tandis qu'à
l \ rir son laquais du bourn< muni-
u i- royale accordait a son khall Sans doute il avait sous ses tei de ces ma-
gnlflqn qui se tisi qui se brodent à
Tunis, et près desquelles la soierie de Lyon n'avait pas plus de valeur que n : a on châle Ternaux près d un de l'Inde.
Mais El-Mokrani était un honni
tenir pour plus p I fusil,
le bournous et la pièce d'étoffe, et se retira en remerciant
ie du langage arabe.
Apre , nné l'investiture au nouveau khallfat. le
i i i raid des Chei as Kassem-ben-
Djalloud, et le remercia au nom de la Pran -les secours que lui i fibu avaient portés quln "
à un navire en perdition dont il avait sauvé l'équipage. SI le navire s'était deux ans auparavant perdu sur la
E DUMAS ILLUSTRÉ
. . une
■ •.ire son devoir, : me.
1, ut le
«lu kda nous, .mes seuls •
i liai, de quelle façon et les Aral prennent.
n gouvernement en te mille
Je les pal.- ;ue Jamais une obole.
repoli :
H ,,,. : arabes, qu'il lût
il exercer un commandent
tâmes de l'occasion pour lui faire à notre tour
de fllsî lui demandal-Je.
de filles- Il pas.
la chose assez iropori anté pour s'en .nais.
Je lui demandai s'il avait quelque Idée de ces grandes villes 'Age. Babylone. Tyr.
melU
d'une horrible dans I
aïs Alger, se chargea de li- i hez le plus hahUe docteur
de la
mais lurent donnés à nos nttlons Alger le 3, par la frtg r lie.
i ■■ int A l'hôtel, i' m vif mouvement de
la carte de
: .Tarissante Marquise était elle
innée. Mal-
• nent . une
■ CM rouré, elli
■ Tune et elle a vu tomber toutes les villes
• l un quart d'heure nous étions les nflalt rju maladie, plus commune qu'on ne le croirait Il avait avant toute chose be-
Sl Je ne craignais pas de blesser La pauvre créature, Je me hâterais de dire, pour mettre ma moralité à couvert, quelle n'était ni Jeune ni Jolie.
passe vite comme les dernières heures qui préun départ ; aussi le 3 Janvier, à dix heures du matin, eiions-nous à bord de VUrénoque, nous reprochant moitié des choses qui nous restaient Alger.
A cinquante brasses de VOrénoque était mouillé le Viloce.
nous laissions de bons amis et de bons cœurs, être bien étonnés quand ils ont entendu monsieur Léon de Malleville dire que notre présence à bord ace avait déshonoré le pavillon français.
Il va sans dire que monsieur Léon de Malleville. après dit cela, s'est retranché derrière l'inviolabilité de la tribune.
Il est bon qu'on le sache, aussi je l'imprime.
Tout l'état-major, le capitaine Bérard en tête, était sur le pont du Yéloce.
Tout l'équipage était sur le bastingage, dans les haubans et dans les hunes.
Tous les mouchoirs volaient, tous les chapeaux nous disaient adieu.
Nous levâmes l'ancre et nous passâmes à demi-portée de pistolet les uns des autres, et nous poussâmes un grand cri d'à
Tant que Je pus voir le Véloce, les officiers restèrent sur le pont, les matelots dans les cordages.
Pendant une heure. Je restai les yeux fixés, le corps lmmobtle Nous ivlons passé de si bonnes heures avec ces dignes ofticlers, ces braves matelots, qui trouvaient tout aussi juste qu'on donnât un bâtiment à un poète qu'à un troisième ou quairlème attaché d'ambassade '.
Puis tout s'effaça dans l'éloignement comme un rêve, le bâtiment d'abord, la ville ensuite, puis les montagnes ellesmêmes L'Afrique bientôt ne fut plus qu'une vapeur, et cette vapeur elle-même disparut à son tour.
11 est vrai que J'emportais un souvenir vivant de cette Afrique que je quittais.
C'étaient mes deux artistes arabes que J'emmenais de Tunis pour me sculpter une chambre à Monte-Cristo.
Le 4 au soir, après une admirable traversée qui n'avait duré que trente-neuf heures, nous entrions dans le port di Toulon.
Tout au contraire de ce que je devrais éprouver, mon cœur se serre toujours quand après un voyage lointain Je remets le pied en France.
C est qu'en France m'attendent les petits ennemis et les longues haines
lis Qu'an contraire dès qu'il a passé la frontière de la France, le poêle n'est plus en réalité qu'un mort vivant mil assiste aux jugemens de l'avenir.
La France, ce sont les contemporains. c'est-A-dlre l'envie.
L'étranger c est la postérité. c'est-A-dire la Justice.
Pourquoi donc cela est-Il Blnsl quand il serait si beau que ce fut autrement.
TABLE DES MATIÈRES
VÉLOCE
Pages
Le Vcioce Trafalgar. .
En rade. .
Le premier Arabe 8
Chasse et pèche
David Azencot
La casbah
Une noce juive
Les colonnes d'Hercule
Les Anglais en Espagne
Gibraltar
Les prisonniers
Mellila '. . .
Djema-R'Azouat
Sidi-lbrahim
Le marabout
Monsieur Courby de Cognord
Le banquet :(7
Bizerte 38
La justice a la française cl la justice à la turque îo
Tunis la Blanche ',:;
Le scheik Médine 55
Le bey du camp ',7
La femme arabe 5]
Le marabout de Pathallah 54
Carthage 56
l'ages
Le tombeau de saint Louis ,s
Le prince Charmant
Haclj' Younis 52
IJépart \ £-,
La Galite ,,.,
Bùno 66
Gérard le tueur délions 69
Une soirée musicale. . .' 72
Vent de bout 7',
La route de Constantine 76
Constantine 78
L'assaut 80
La fuite 82
Le général Bedeau 83
Arabes des provinces 8't
Le camp de Djemilah 89
Les Beni-Adesse. — Los Hachachia- 92
Promenade et bal 94
Le camp de Smindoux '.n;
Les zéphyrs '.17
Spectacle diurne lin
Alger la Blanche [02
Le siège d'Alger. — Les autruches de M"1" Jenissouf 104
Arabes et Français 107
Le marabout de Sidi-Capschi hr.t
Le jour de l'an à Alger III
TABLE DU VOLUME