‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 83 sur 283 · DEO EREXIT VOLTAIRE · texte numérisé non relu

DEO EREXIT VOLTAIRE

Elle avait pour but de prouver au monde entier, fort inquiet des démêlés de la créature et du Créateur, que Voltaire et Dieu s'étaient enfin réconciliés ; le monde apprit cette nouvelle avec satisfaction, mais il soupçonna toujours Voltaire d'avoir fait les premières avances.

Nous traversâmes un jardin, nous montâmes un perron élevé de deux ou trois marches, et nous nous trouvâmes dans l'antichambre; c'est là que se recueillent, avant d'entrer dans le sanctuaire, les pèlerins qui viennent adorer le dieu de l'irréligion. Le concierge les prévient solennellement d'avance que rien n'a été changé à l'ameublement, et qu'ils vont voir l'appartement tel que l'habitait M. de Voltaire ; cette allocution manque rarement de produire son effet. On a vu, à ces simples paroles, pleurer des abonnés du Constitutionnel.

Aussi rien n'est plus prodigieux à étudier que l'aplomb du concierge chargé de conduire les étrangers. Il entra tout enfant au service du grand homme ; ce qui fait qu'il possède un répertoire d'anecdotes, à lui relatives, qui ravissent en béatitude les braves bourgeois qui l'écoutent. Lorsque nous mîmes le pied dans la chambre à coucher, une famille entière aspirait, rangée en cercle autour de lui, chaque parole qui tombait de sa bouche, et I admiration qu'elle avait pour le philosophe s'étendait presque jusqu'à l'homme qui avait

(1) Champ du roi.

lu

, (ré Si uque ; c était un- scène dont

il serait impossible de donner uni Ld moins que

mêmes acteur- sous lu public. On

m m que, iliaque lois que i concierge prononçait, avec un accent qui n'appartei n ces mots

i, portait la main à

napeau, et que tous ces hommes, qui ne se seraient

peut-êtro pas découverts devant le < înist au Calvaire, imi-

nt religieu ment ce n de respect.

Dix minutes après, ce fui .1 notre tour de nous instruire;

la soi util : alors le cicérone nous appartint

exclusivement 11 non dans un assez beau jardin,

d'où le iiii.i plie avait une merveilleuse vue, nous montra

1 allée <ou. île il avait lait sa belle (ri

Virent et, 1 tout à coup pour s'approcher d'un

arbre, il coupa serpette, un copeau de son écorce

qu'il me donna Je le portai successivement à mon nez, a

ma lai 1 e'é lil un bois étranger qui awut

une .. lui quelconque. Point : 1 était un arbre

plant- par -i irouet de Voltaire lui-même, et dont il est

' t emporte une parcelle. Ce digne

mourir d'un accident 11] avait 1 1

1 iuen malade; un sacriii 11 intro-

. us le parc et avait enlevé trois ou qua-

âe leçon <■ sainte.

c • 51 uni [qui t inatiqu'e de la Benriade qui aura fait cette I rge.

\ il. je crois plutôt irai

tout bonnement un spéculateur qui aura reçu une commande de l'étranger.

Stupendo .'...

En sortant dn jardin, notre concierge nous conduisit chez lui ; il voulait non . d'aire, qu'il con-

servait religieusement depuis la mort du grand homme, et qu'il finit par nous offrir pour un louis, les liésoins du temps le foi ,. e relique précieuse ; je lui

her et que j'avais connu un sous i .',,|i, : auquel, il '.' avait iiilil avan pour vingt û mi s, Nous renie

en voi lui. nous repartîmes pour Çoppet, et nous arrivâmes au ch. une de Staël.

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