‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 2)Chapitre 10 sur 84 · LA JEUNE FILLE D’AUTREFOIS · texte numérisé non relu

LA JEUNE FILLE D’AUTREFOIS

seul désir m agite, dit-elle, une seule ambition me saisit et me possédé tout entière... Moi aussi, être, un jour, une de ces femmes sur lesquelles Paris a sans cesse les yeux fixés! Et moi aussi, au lendemain d’un grand bal, délicieusement lasse, entendant encore à mon oreille le bourdonnement de déclarations aimables et tendres, sentant encore sur mes épaules la caresse et la flamme de mille regards admirateurs, moi aussi, lire dans le Carnet d’une mondaine ou dans les Notes d une Parisienne que la plus jolie à ce bal, et la plus fêtée, et la plus entourée, et la mieux attifee, et la plus jalousée, c’était moi, moi, moi, Catherine Duval, métamorphosée en marquise ou en comtesse de je ne sais quoi. » {Princesse.) La vie moderne laisse une grande marge au désir. Elle permet à Jeanne Avril et à Catherine Duval de vastes espérances; elle leur apporte des « peut-être » nouveaux. Elle excite les ambitions en multipliant les chances. Elle est une loterie. C’est par là qu’elle énerve et déprave. C’est ainsi qu’elle fait les névrosées, les détraquées, les morphinomanes.

Pourtant, je ne suis pas bien sûr encore que ce soit là un infaillible signe des temps. Et je reviens à mes premiers doutes. Ce n’est que sage. La vérité est que la nature est toujours plus diverse que nous ne le soupçonnons. Il y a encore aujourd’hui des filles simples qui pensent fortement et ne rêvent guère. Il y eut de tout temps des névrosées. Seulement, on leur donnait un autre nom et on y prenait moins garde. Si les mœurs changent, il y a dans la femme un naturel qui ne change guère. Elle est toujours la même et toujours diverse. On ne peut pas plus la caractériser que la vie elle-même, dont elle est la source.

M. Guj de Maupassant et les conteurs français

^ui, je les appellerai tous! Diseurs de fabliaux, de lais et de moralités, faiseurs de soties, de diableries el e joyeux devis, jongleurs et vieux conteurs gaulois, je les appellerai et les défierai tous! Qu’ils viennent et qu’ib confessent que leur gaie science ne vaut pas l’art savani et de le de nos conteurs modernes ! Qu’ils s’avouent vaincus par les Alphonse Daudet, les Paul Arène et les Guy de Maupassant! J’appellerai d’abord les ménestrels qui du temps de la reine Blanche, allaient de château en châ-

dans le sixième chant de son Enfer. Ceux-là contaient en vers; mais leurs vers avaient moins de grâce que la prose de notre Jean des Vignes. La mesur! et la rim^

M. GUY DE MAUPASSANT

n’étaient pour eux qu’un aide-mémoire et un guide-âne. Ils employaient l’une et l’autre pour retenir facilement et réciter sans peine leurs petites histoires. Le vers, étant utile, pouvait alors se passer d’être beau. Au xiii® siècle, l’iin récitait la Housse coupée en deux^ où l’on voit un seigneur qui chasse de la maison son vieux père infirme et pauvre, et qui le rappelle ensuite, de peur d’éprouver de la part de son fils un semblable traitement. L’autre disait comment le changeur Guillaume eut non seulement cent livres du moine qui pensait « décevoir » sa femme, mais encore un cochon par-dessus le marché.

En ce temps, chez les conteurs, la forme était rude et le fond à l’avenant. Çà et là toutefois naissaient quelques jolis lais, comme celui de l’oiselet, dans lequel on entend un rossignol donner à un vilain les préceptes d’une pure sagesse, ou comme le Graélent de Marie de France. Encore ce Graélent est-il mieux fait pour nous surprendre que pour nous plaire. Je vous en fais juge :

« Il y avait, dit la poétesse Marie de France, il y avait proche la ville une épaisse forêt traversée par une rivière. Le chevalier Graélent y alla pensif et dolent. Après avoir erré quelque temps sous la futaie, il vit dans un buisson une biche blanche fuir à son approche. Il la poursuivit sans penser l’atteindre, et il parvint ainsi à une clairière où coulait une fontaine limpide. Dans cette fontaine s’ébattait une demoiselle toute nue. En la voyant svelte, riante, gracieuse et blanche, Graélent oublia la biche. »

La bonne Marie conte la suite avec un naturel parfait : Graélent trouve la demoiselle à son gré et « la prie d’amour. » Mais, voyant bientôt que ses prières sont vaines, « il l’entraîne de force au fond du bois, fait d’elle ce qui lui plaît et la supplie très doucement de ne point se

LA VIE littéraire

fâcher, en lui promettant de l’aimer loyalement et de ne la quitter jamais. La demoiselle vit bien qu’il était bon chevalier, courtois et sage. - « Graélent, dit-elle, quoique » vous m ayez surprise, je ne vous en aimerai pas moins- » mais je vous défends de dire une parole qui puisse .. découvrir nos amours. Je vous donnerai beaLoup .1 d argent et de belles étoffes. Vous êtes loyal, vaillant et » beau. >, La poetesse Marie ajoute que dès lors Graélent vécut en grande joie. C’était un bel ami.

Vraiment, les conteurs du xnii siècle disent les choses avec une incomparable simplicité. J’en trouve un exemple dans la célébré histoire d'Amis et Amiles ^

« Arderay jura qu’Amiles avait déshonoré la fille du roi- Amis jura qu Arderay en avait menti. Ils se lancèrent l’un contre 1 autre et se battirent depuis l’heure de tierce jusqu a none. Arderay fut vaincu et Amis lui coupa la tête^ Le roi était en même temps triste d’avoir perdu Arderay et joyeux de voir sa fille lavée de tout reproche. 11 la donne en mariage a Amis, avec une grande somme d’or et d’argent Amis devint lepreux par la volonté de Notre-Seigneuf Sa

femme, qui se nommait Obias, le détestait. Elle avait essaye plusieurs fois de l’étrangler... »

Voilà un narrateur qui ne s’étonne de rien! C’est à compter du xv» siècle que nous rencontrons, non plus des

deTafrëTinTo T f" écrivains, capables

Sain J T de

■ n aimait pas les moines; c’est une disposition

ëërs::: i:sT%'rh^"“’^

posèrent à

poserent a Genappe en Brabant, de 1436 à 1461 le recueil tenu XI. L invention en semble un peu maigre; mais le

M. GUY DE MAUPAS SANT

style en est vif, sobre, nerveux. C’est du bon vieux français. Ces contes ne manquent pas d’esprit; ils sont courts et il y en a bien dix au cent qui font sourire encore aujourd’hui. Ne trouvez-vous point fort agréable, par exemple, l’histoire de ce bon curé de village qui aimait tendrement son chien? La pauvre bête étant morte, le bonhomme, sans penser à mal, la mit en terre sainte, dans le cimetière où les chrétiens du lieu attendaient en paix le jugement dernier et la résurrection de la chair. Par malheur, l’évêque en eut vent. C’était un homme avare et dur. 11 manda l’ensevelisseur et lui fît de grands reproches. 11 l’allait mettre en prison, quand l’autre « parla de bref » ainsi qu’il suit :

— En vérité, monseigneur, si vous eussiez connu mon bon chien, à qui Dieu pardonne, comme j’ai fait, vous ne seriez pas tant ébahi de la sépulture que je lui ai ordonnée.

Et lors commença à dire baume de son chien :

— Ainsi pareillement s’il fut bien sage en son vivant, encore le fut-il plus à sa mort : car il fît un très beau testament, et pour ce qu’il savait votre nécessité et indigence, il vous ordonna cinquante écus d’or que je vous apporte.

L’évêque, ajoute le conteur, approuva ensemble le testament et la sépulture. Ces conteurs-là et surtout ceux qui les suivent, je ne les appelle pas pour confesser leur défaite, mais pour former un aimable et glorieux cortège aux derniers venus.

Au xvP siècle, la nouvelle fleurit, grimpe et s’épanouit dans tout le champ des lettres; elle emplit des recueils multiples; elle se glisse dans les plus doctes ouvrages entre des dissertations savantes et même un peu pédantes.

Béroald de Verville, Guillaume Boucher, Henri Estienne, Noël du Fail, le plus varié et le plus riche des « novellistes »

LA VIE LITTÉRAIRE

d’alors, content à l’envi. La reine de Navarre fait de son NeptaméronXe recueil « de tous les mauvais tours nue les fenunes ont joués aux pauvres hommes. » Je ne parle ni de Rabelais ni de Montaigne. Pourtant ils ont conté tous deux et mimix que personne. Au xvn» siècle, la nouvelle s habille a 1 espagnole, porte la cape et l’épée, et devient tragi-oomique. Le malheureux Soarron en fit voir plusieurs ainsi équipées. 11 en est chez lui deux entre autres, les Hypocrites et le Châtiment de l avarice, dans lesquelles Molière trouva quelques traits qui ne déparent ni son Avare ni son lartufe. Le pand homme fit au cul-de-jatte en le pillant beaucoup d honneur. Encore l’avare espagnol de lï nouvelle a-t-il un air picaresque assez plaisant : « Jamais bout de chandelle ne s allumart dans sa chambre s’il ne l’avait

bdler ® ‘"a" “nimençait à se désha-

pt t J”*’’ ® P”® lumière,

au’ lit Ta chambre, il l’éteignait et se mettait

au ht. Mais, trouvant encore qu’on se couchait à moins de

hais, son esprit inventif lui fit faire un trou dans la mura, le, qui séparait sa chambre de celle d’un voisin qui

nomlr " “T “-COS (c’e’st'i:

lumière ' P®*- 'à assez de

lumière pour ce qu .1 avait à faire. Ne pouvant se dispenser

de porter une epée, à cause de sa noblesse, il la portait un

jour a droite, et l’autre à gauche, afin qu’elle'^usât sës

Chausses en symétrie. „ Je conviens avec Racine que ce

Scarron écrit comme un fiacre. Mais il sait peindre Tici

par exemple un trait bien jeté. Notre avare est amoureux!

peëdëe'^Tn ti?‘ d troublé, mais encore attentif à ne rien

L bout d son épt It iTaTahT"*

lait devant le crucifix public d’une place voisinent sans'

M. GUY DE aMAUPASSANT

faire une oraison jaculatoire pour la réussite de son mariage, il ouvre avec un passe-partout la porte de la maison où il couchait, et se va mettre dans son méchant lit, plutôt pour songer à son amour que pour dormir. » Voilà, ce me semble, un bon motif pour un dessin à la plume de M. Henri Pille. Je ne veux m’attarder ni aux Caquets de l’accouchée, ni aux histoires de laquais de Charles Sorel, ni aux récits bourgeois de Furetière, ni aux contes de fées. Quant au xviiP siècle, c’est l’âge d’or du conte. La plume court et rit dans les doigts d’Antoine Hamilton, dans ceux de l’abbé de Voisenon, dans ceux de Diderot, dans ceux de Voltaire. Candide est bâclé en trois jours pour l’immortalité. Alors tout le monde conte avec esprit et philosophie. Avez-vous lu les historiettes de Gaylus et connaissez-vous Galichet? Galichet était un sorcier. « C’est lui qui fît passer pour l’âme d’un jacobin une grande fille habillée de blanc, qui venait toutes les nuits voir le père procureur. C’est lui qui fit pleuvoir des chauves-souris sur le couvent des religieuses de Montereau, le jour que les mousquetaires y arrivèrent. C’est lui qui fit paraître tous les soirs un lapin blanc dans la chambre de madame 1 abbesse... » Mais je crois que Galichet me fait dire des sottises. Oh! les aimables gens, et comme ils étaient intelligents et gais! Oui, gais. Et savez-vous comment s’appelle la gaieté des gens qui pensent? Elle s’appelle le courage de l’esprit. C’est pourquoi j’estime infiniment ces marquis et ces philosophes qui découvraient en souriant le néant des choses, et qui écrivaient des contes sur le mal universel. Le chevalier de Boufflers, hussard et poète, a fait pour sa part un petit conte qui est si gracieux, si philosophique, si grave et si léger, si impertinent à la fois et si indulgent, qu’on ne peut l’achever sans un sourire mouillé d’une

LA VIE LITTÉRAIRE

larme. Çi est Aline reine de GoLconde. Aline était bergèreelle perdit un jour son pot au lait et son innocence, et sê jeta dans les plaisirs. Mais elle devint sage quand elle fut vieille. Alors elle trouva le bonheur. « Le bonheur, dit-elle c est le plaisir fixé. Le plaisir ressemble à la goutte d’eaule bonheur est pareil au diamant. » Nous voici au XIX' siècle; vous désignez avec moi Stendhal, Charles Nodier, Balzac, Gérard de Nerval, Mérimée et tant d’autres dont les noms se pressent si fort, que je n’ai pas même le temps de les écrire.

Parmi ceux-la les uns ont la douceur, les autres la force, ucun la gaieté. La révolution française a guillotiné les grâces legeres, elle a proscrit le sourire facile. La littérature ne rit plus depuis près d’un siècle

Nous avons fait à M. Guy de Maupassant un assez beau cortège de conteurs anciens et modernes. Et c’était justice M. de Maupassant est certainement un des plus francs conteurs de ce pays, où l’on fit tant de contes, et de si bons. Sa langue forte, simple, naturelle, a un goût de terroir qui nous la fait aimer chèrement. 11 possède les trois grandes qualités de l’écrivain français, d’abord la clarté puis encore la clarté et enfin la clarté. 11 a l’esprit de mesure et d’ordre qui est celui de notre race II écrit

io°ie normand, avec économie et joie. Madré, matois, bon enfant, assez gabeur, un peu

Pt ha^ t ‘ ^ ^ <*«ns son âme, plein de ferme

d’outre P®n curieux des choses

mm sur ce'” ’lT "® ®o>nptant

que sur ce qu il touche, il est de chez nous, celui-là - c’est

ce. Et, maigre ce goût normand, en dépit de cette

M. GUY DE MAUPASSANT

fleur de sarrasin qu’on respire par toute son œuvre, il est plus varié dans ses types, plus riche dans ses sujets qu’aucun autre conteur de ce temps. On ne trouve guère d’imbéciles ni de coquins qui ne soient bons pour lui et qu’il ne mette en passant dans son sac. Il est le grand peintre de la grimace humaine. Il peint sans haine et sans amour, sans colère et sans pitié, les paysans avares, les matelots ivres, les fdles perdues, les petits employés abêtis par le bureau et tous les humbles en qui l’humilité est sans beauté comme sans vertu. Tous ces grotesques et tous ces malheureux, il nous les montre si distinctement, que nous croyons les voir devant nos yeux et que nous les trouvons plus réels que la réalité même. Il les fait vivre, mais il ne les juge pas. Nous ne savons point ce qu’il pense de ces drôles, de ces coquins, de ces polissons qu’il a créés et qui nous hantent. C’est un habile artiste qui sait qu’il a tout fait quand il a donné la vie. Son indifférence est égale à celle de la nature : elle m’étonne, elle m’irrite. Je voudrais savoir ce que croit et sent en dedans de lui cet homme impitoyable, robuste et bon. Aime-t-il les imbéciles pour leur bêtise? Aime-t-il le mal pour sa laideur? Est-il gai? Est-il triste? S’amuse-t-il lui-même en nous amusant? Que croit-il de l’homme? Que pense-t-il de la vie? Que pense-t-il des chastes douleurs de mademoiselle Perle, de l’amour ridicule et mortel de miss Harriett et des larmes que la fille Rosa répandit dans l’église de Virville, au souvenir de sa première communion? Peut-être se dit-il qu’après tout la vie est bonne? Du moins se montre-t-il çà et là très content de la façon dont on la donne. Peut-être se dit-il que le monde est bien fait, puisqu’il est plein d’êtres mal faits et malfaisants dont on fait des contes. Ce serait, à tout prendre, une bonne philosophie pour un conteur. Toute-

LA VIE LITTÉRAIRE

fois, on est libre de penser, au contraire, que M. de Maupassant est en secret triste et miséricordieux, navré d’une pitié profonde, et qu’il pleure intérieurement les misères qu’il nous étale avec une tranquillité superbe.

11 est unique, vous le savez, pour peindre les villageois tels que la malédiction d’Adam les a faits et défaits. 11 nous en montre un, entre autres, dans une admirable nouvelle, un tout en nez, sans joues, l’œil rond, fixe, inquiet et sauvage, la tête d un pauvre coq sous un antique chapeau de foi me haute à poil roussi et hérissé, enfin le paysan que nous voyons tous et que nous sommes étonnés de voir près de nous, tant il nous semble différent de nous. 11 y a quinze ans environ, un jour d’été, nous nous promenions, M. François Goppée et moi, sur une petite plage normande à demi déserte, sauvage, triste, où le chardon bleu des grèves séchait dans le sable. Au milieu de notre promenade, nous rencontrâmes un homme du pays, cagneux, tortu, disloqué, pourtant robuste, avec un cou pelé de vautour et un regard rond d’oiseau. En marchant, il faisait à chaque pas une grimace énorme et qui n’exprimait absolument rien. Je ne pus m’empêcher de rire; mais, ayant interrogé d’un coup d’œil mon compagnon, je lus sur son visage une telle expression de pitié, que j’eus honte de ma gaieté si peu partagée.

ressemble à Brasseur, dis-je assez platement, pour m’excuser. ^

— Oui, me répondit le poète, et Brasseur fait rire. Mais celui-lcà n’est pas laid pour rire. C’est pourquoi je ne ns pas. ^

Cette rencontre avait donné à mon compagnon une sorte de malaise. M. de Maupassant, qui est aussi un poète, ne soulîre-t-il point de voir les hommes tels que ses yeux et

M. GUY DE MAUPASSANT

son cerveau les lui montrent, si laids, si méchants et si lâches, bornés dans leurs joies, dans leurs douleurs et jusque dans leurs crimes, par une irrémédiable misère? Je ne sais. Je sais seulement qu’il est pratique, qu’il ne baye point aux nuées, et qu’il n’est pas homme à chercher des remèdes pour des maux incurables.

J’inclinerais à croire que sa philosophie est contenue tout entière dans cette chanson si sage que les nourrices chantent à leurs nourrissons et qui résume à merveille tout ce que nous savons de la destinée des hommes sur la terre :

Les petites marionnettes Font, font, font,

Trois petits tours Et puis s’en vont.

Le Journal de Benjamin Constant'

T’avais l’honneur de causer hier avec un homme poli- ^ tique fort attaché au parti républicain modéré, qu’il honore par sa correction et sa mélancolie. Il me parla de enjamin Constant comme d’un père, avec respect et vénération. On eût dit, à l’entendre, un sage, un Solon-, presque un Lycurgue. Il ne m’appartenait pas d’en disputer avec un tel interlocuteur. D’ailleurs, on ne peut nier l’autorité de Benjamin Constant en matière de droit constitutionnel Mais J étais tenté de sourire intérieurement en songeant à

Page 1