‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 118 sur 159 · A Beaugeacy · texte numérisé non relu

A Beaugeacy

L’ELVIRE DE LAMARTINE

ému jadis en songeant qu’un homme aussi considérable que le physicien Charles n’avait pas dédaigné d’occuper cette chambre où je couchais.

Un jour, mon émotion et ma fierté redoublèrent.

Voici pourquoi (je fais beaucoup de paragraphes pour soutenir votre attention) :

Je venais d’apprendre que la créature idéale rencontrée par Lamartine au lac du Bourget, célébrée dans les Méditations sous le nom d’Elvire, et sous le nom de Julie dans Raphaël^ n’était autre que la jeune femme du physicien Charles, remarié sur ses vieux jours.

Ainsi, Elvire avait peut-être dormi dans mon alcôve! Julie s’était peut-être accoudée à ma fenêtre! Les arbres de mon jardin s’étaient peut-être reflétés dans les yeux que Lamartine aimait! Je couchais « approximativement » dans le lit du grand poète! Quel honneur, ma cousine! Je ne fus pas éloigné de croire que la Providence avait des vues sur moi, et c’est alors que je fis mes premiers mauvais vers.

Malheureusement, je voulus m’assurer de mon bonheur, je m’informai et j’acquis la triste certitude que le physicien Charles n’était pas revenu sur notre coteau depuis le séjour qu’il y avait fait en 1793 (époque où il n’avait pas encore épousé Elvire-Julie) et que, par conséquent, rien de l’âme de Julie-Elvire, absolument rien, ne pouvait flotter dans la vieille chambre...

La désillusion fut rude au premier moment. Maintenant j’y suis lait.

Je rentre à Paris, ma cousine.

1. Ces Billets du malin furent signés dans le Temps de la lettre T. L’auteur, M. Jules Lemaître, en publia plusieurs dans la 5® série des Contemporains (1892, ia-18]; celui du 9 juillet n’a pas été admis dans ce recueil.

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LE ROI CANDAULE

Par THÉOPHILE GAUTIER

PRÉFACE

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