‹ Œuvres complètes [illustrées]Chapitre 66 sur 119 · CHARLES DICKENS · texte numérisé non relu

CHARLES DICKENS

Par un matin d’hiver aux âpretés sereines, L’enfant dans la carriole est monté tout pensif. Le voiturier a bu du gin; il prend les rênes,

Et la blanche jument renâcle dans Pair vif.

L écolier va rentrer dans la demeure noire D’encre, de châtiments, de grilles et d’ennui; Le cœur gros, il rappelle en sa tendre mémoire Que tout, ou 1 on le mene, est étranger pour lui.

Sur la vitre abaissee il s’accoude et se penche, Méditant plein d’effroi l’exil déjà subi :

11 voit, sur le perron, sa mère en robe blanche, Elevant dans ses bras son tout petit baby.

POÉSIES

Et le fouet du départ a claqué; jeune et pâle,

La mère a prolongé son doux geste d’adieu.

De son sein, dirait-on, nul souffle ne s’exhale :

Rien n’a fait vaciller son regard fixe et bleu;

Pas un pli n’a tremblé de sa robe légère;

Son teint pâle, son teint changeant n’a pas changé, Et sur sa tête nue, à l’exilé si chère,

Pas un seul des cheveux blonds et fins n’a bougé.

Son enfant ne doit plus la revoir en ce monde;

Mais après cet adieu simple et mystérieux,

Certe! il emporte d’elle une image profonde,

Calme, et faite pour vivre à jamais dans ses yeux.

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