L'IVROGNE
Me pardi iimeras-tu, prophète de l'eau \-i\e, De n'avifir pas aimé de façon exclusive L'eau pure que ton Père à boire nous donna ?
JÉSUS, souriant.
Je l'ai changée en vin aux noces de Cana.
LE PRÊTRE
Peut-il donc être Christ celui qui se fait suivre Par la fille de joie et l'homme qui s'enivre ?
JÉSUS, avec colère.
Je répondrai, maudit !
A ce moment des enfants se mettent à chanter et à danser. PIERRE, sévèrement, à une femme.
Emmenez ces enfants !
JÉSUS, brusquement apaisé.
Pourquoi les emmener ? Mais je \'ous le défends ! Quoi ! parce qu'ils chantaient une ronde enfantine ? Laissez venir à moi les tout petits... Photine, Amène-moi ces deux qui, tout effarouchés, Se cachent dans les plis de ta robe.
PHOTIXE, au.x enfants.
Approchez !
Tu ne me réponds pas ?
JÉSUS
Ma réponse s'apprête.
PHOTINE
^'ous \03-ez ce seigneur ? C'est un très grand prophète, Celui qu'on attendait, dont on parlait toujours. Il ne fait pas manger les enfants par les ours Comme on dit que faisait le prophète Elisée, Mais il pose les mains sur leur tête frisée.
JÉSUS
Oh ! les beaux yeux tout neufs ! — Ayez donc de tels yeux Vous serez sûrs d'entrer au royaume des Cieux.
LA SA M A K I T A I N E
Aux enfants.
Youlez-vous répéter — je défends qu'on les gronde 1 — Les mots que vous chantiez en nouant \-otre ronde ?