‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 13 sur 72 · ES · texte numérisé non relu

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LA MAISON TELLIER = | = . chargeant au seuil des portes les hautes Normandes en Le robes sombres, Se au fichu croisé ASS: => sur la poitrine Z hd ; et retenu parun bijou d'argent : séculaire. nE€S nommes avaient passé la blouse bleue sur la redingote neuve ou sur le vieil habit de drap vert dont les deux basques passaient.

Quand les chevaux furent à l'écurie, il y eut ainsi tout le long de la grande route une double ligne de guimbardes rustiques, charrettes, cabriolets, tilburys, chars à bancs, voitures de toute forme et de tout âge, penchées sur le nez ou bien cul par terre et les brancards au ciel.

- La maison du menuisier était pleine d’une activité de ruche. Ces dames, en caraco et en jupon, les cheveux répandus sur le dos, des cheveux maigres et courts qu'on aurait dits ternis et rongés par l'usage, s'occupaient à habiller l'enfant.

La petite, debout sur une table, ne remuait pas, tandis que M Tellier dirigeait les mouvements de son bataillon volant. On la débarbouilla, on la peigna, on la coiffa, on la vêtit, et, à l’aide d'une multitude d'épin-

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; ee L gles, on disposa les plis de la robe, on pinça lataille - - trop large, on organisa l'élégance de la toiletté. Puis, | quand ce fut terminé, on fit asseoir la patiente en lui recommandant de ne plus bouger; et la troupe agitée | des femmes courut se parer à son tour.

, La petite église recommencçait à sonner. Sontintement s- frêle de cloche pauvre montait se perdre à travers le ciel, comme une voix trop faible, vite noyée dans l'im- = mensité bleue.

Les communiants sortaient des portes, allaient vers le bâtiment communal qui contenait les deux écoles et la mairie, et situé tout au bout du pays, tandis que la 4 - «maison de Dieu » occ .pait l’autre bout.

4 Les parents, en tenue L de fête, avec une physionomie gauche et ces mou-

D : vements inhabiles des corps toujours courbés sur 1e travail, suivaient

leurs mioches. Les petites filles disparaissaient dans zn nuage de tulle neigeux semblable à de la crème fouettée, tandis + que les petits hommes,

pareils à des embryons de garçons de café, la tête encollée de pom-

34°. LA MAISON TEL LTER SC a 0 made, marchaient les jambes écartées, pour ne point tacher leur culotte noire.

C'était une gloire pour une famille quand un grand nombre des parents, venus de loin, entouraient l'enfant : aussi le triomphe du menuisier fut-il complet. Le régi-

“1 ment Tellier, patronne en tête, suivait Constance; et le ne père donnant le bras à sa sœur, la mère marchant à côté de Raphaële, Fernande avec Rosa, et les deux Pompes ensemble, la troupe se déployait majestueusement

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comme un état-major en grand uniforme.

L'effet dans le village fut foudroyant.

A l’école, les filles se rangèrent sous la cornette de la bonne sœur, les garçons sous le chapeau de l’instituteur, un bel homme qui représentait; et l’on partit en atta-

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quant un cantique.

Les enfants mâles en tête allongaient leurs deux files : #8 entre les deux rangs de voitures dételées, les filles ne : suivaient dans le même ordre; et tous les habitants ayant cédé le pas aux dames de la ville par considération, elles arrivaient immédiatement après les petites, prolongeant encore la double ligne de la procession, trois à gauche et trois à droite, avec leurs toilettes éclatantes comme un bouquet de feu d'artifice.

Leur entrée dans l'église affola la population. On se pressait, on se retournait, on se poussait pour les voir. Et des dévotes parlaient presque haut, stupéfaites par le spectacle de ces dames plus chamarrées que les chasubles des chantres. Le maire offrit son banc, le premier banc à droite auprès du chœur, et Mme Tellier y prit

place avec sa belle- Sœur, Fernande-et Raphaële. Rosa la Rosse et les deux Pompes occupèérent {e second banc en compagnie du menuisier.

Ferenteur-deile:

glise était plein d'enfants à ge. ; noux, filles d’un |

côté, garçons de | lautresaneéte, les longs cierges qu'ils tenaienten

main semblaient : des lances incli-

nées en tous

Sens.

Devant le lutrin, trois hommes debout chantaient d'une voix pleine. Ils prolongeaient

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