‹ Œuvres complétes. Introd (volume 3)Chapitre 31 sur 34 · prière de confidence · texte numérisé non relu

prière de confidence

Nous ne demandons pas que cette belle nappe Soit jamais repliée aux rayons de l'armoire, Nous ne demandons pas qu'un pli de la mémoire Soit jamais effacé de celte lourde chape.

Maîtresse de la voie et du raccordement, ô miroir de justice et de justesse d'âme, Vous seule vous savez, ô grande notre Dame, Ce que c'est que la halte et le recueillement.

LA TAPISSERIE DE NOTRE DAME Maîtresse de la race et du recroisement, ô temple de sagesse et de jurisprudence, Vous seule connaissez, ô sévère prudence, Ce que c'est que le juge et le balancement.

Quand il fallut s'asseoir à la croix des deux routes Et choisir le regret d'avecque le remords, Quand il fallut s'asseoir au coin des doubles sorts Et fixer le regard sur la clef des deux voûtes,

Vous seule vous savez, maîtresse du secret, Que l'un des deux chemins allait en contre-bas. Vous connaissez celui que choisirent nos pas. Comme on choisit un cèdre et le bois d'un coffret.

Et non point par vertu car nous n'en avons guère. Et non point par devoir car nous ne l'aimons pas, Mais comme un charpentier s'arme de son compas, Par besoin de nous mettre au centre de misère,

Et pour bien nous placer dans Taxe de détresse, Et par ce besoin sourd d'être plus malheureux. Et d'aller au plus dur et de souffrir plus creux, Et de prendre le mal dans sa pleine justesse.

PRIÈRE DE CONFIDENCE Par ce vieux tour de main, par cette même adresse, Qui ne servira plus à courir le bonheur, Puissions-nous, ô régente, au moins tenir l'honneur, Et lui garder lui seul notre pauvre tendresse.

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