PRIÈRE DE REPORT
Nous n'avons plus de goût pour les forfanteries, Maîtresse de sagesse et de silence et d'ombre, Nous n'avons plus de goût pour les argenteries, ô clef du seul trésor et d'un bonheur sans nombre.
Nous en avons tant vu, dame de pauvreté,
Nous n'avons plus de goût pour de nouveaux regards,
Nous en avons tant fait, temple de pureté,
Nous n'avons plus de goût pour de nouveaux hasards.
Nous avons tant péché, refuge du pécheur, Nous n'avons plus de goût pour les atermoiements. Nous avons tant cherché, miracle de candeur. Nous n'avons plus de goût pour les enseignements.
Nous avons tant appris dans les maisons d'école. Nous ne savons plus rien que vos commandements, Nous avons tant failli par l'acte et la parole, Nous ne savons plus rien que nos amendements.
Nous sommes ces soldats qui grognaient par le monde, Mais qui marchaient toujours et n'ont jamais plié, Nous sommes cette Église et ce faisceau lié. Nous sommes cette race internelle et profonde.
LA TAPISSERIE DE NOTRE DAME
Nous ne demandons plus de ces biens périssables, Nous ne demandons plus vos grâces de bonheur, Nous ne demandons plus que vos grâces d'honneur. Nous ne bâtirons plus nos maisons sur ces sables.
Nous ne savons plus rien de ce qu'on nous a lu, Nous ne savons plus rien de ce qu'on nous a dit. Nous ne connaissons plus qu'un éternel édit. Nous ne savons plus rien que votre ordre absolu.
Nous en avons trop pris, nous sommes résolus. Nous ne voulons plus rien que par obéissance, Et rester sous les coups d'une auguste puissance, Miroir des temps futurs et des temps révolus.
S'il est permis pourtant que celui qui n'a rien Puisse un jour disposer, et léguer quelque chose. S'il n'est pas défendu, mystérieuse rose, Que celui qui n'a pas reporte un jour son bien ;
S'il est permis au gueux de faire un testament, Et de léguer l'asile et la paille et le chaume, S'il est permis au roi de léguer le royaume, Et si le grand dauphin prête un nouveau serment