‹ Œuvres complètes. Introd. de R. Vallery-Radot (volume 2)Chapitre 61 sur 91 · LES DEUX AMOURS · texte numérisé non relu

LES DEUX AMOURS

Une ange sut me charmer, Une ange au cœur pur et tendre ; De loin, content de l'aimer.

De la voir et de l'entendre, Je la suivais sans repos, Et mes lèvres enfantines Baisaient sa trace... A propos.

Délacez donc vos bottines.

Vous soupirez, et pourquoi?

Riez vite,

Ma petite :

Vous soupirez, et pourquoi?

Riez vite, et baisez-moi.

De sa bouche quand j'ai su Obtenir enfin : « Je t'aime! »

Les mains jointes, j'ai reçu Son baiser comme un baptême; J'ai, le front sur ses genoux.

Prié des heures entières...

A propos, qu'attendez-vous?

Otez donc vos jarretières^ Vous soupirez, et pourquoi?

Riez vite,

Ma petite :

Vous soupirez, et pourquoi ?

Riez vite, et baisez-moi.

208 LE MYOSOTIS

Oh 1 si j'avais, par hasard, Effleuré de mon haleine.

Profané de mon regard Son sein rond sous la baleine, J'aurais dit cent fois : « Pardon !

Moi, bâtard de Diogène...

A propos, débouclez donc La ceinture qui nous gêne.

Vous soupirez, et pourquoi?

Riez vite,

Ma petite :

Vous soupirez, et pourquoi?

Riez vite, et baisez-moi.

Ces beaux jours sont envolés :

Que le souvenir en meure !

Lorsque vous me consolez, Peut-être qu'en sa demeure, Hélas! son oubli m'absout De mon plaisir infidèle :

Amours purs, croyances, tout S'éteint... Soufflez la chandelle.

Vous soupirez, et pourquoi?

Riez vite.

Ma petite :

Vous soupirez, et pourquoi?

Riez vite, et baisez-moi.

LES CO-KTES

'HELiN, SOUS un ciel avare, Radcliffe m'a donné son lait ; Puis de la reine de Navarre Je devins amant et varlet.

Schehrazade est ma favorite, Et, la nuit, rimeur ennuyé,

Sur ma petite

Couche d'ermite

Quand je m'agite.

Si par pitié La sultane entrait chez moi, vite Elle en obtiendrait la moitié.

LE MYOSOTIS

Je préfcre un conte en novembre Aux doux murmures du printemps.

Bons amis qui peuplez ma chambre, Parlez donc, j'écoute et j'attends :

Tombant des tréteaux de la foire.

Ou glissant du sopha des cours,

due votre histoire

Soit blanche ou noire,

Chante la gloire

Ou les amours, Vieil enfant, je promets d'y croire :

Contez, amis, contez toujours.

En tremblant voilà qu'un beau page

A sa dame écrit ses douleurs;

Il écrit, et sur chaque page

Répand moins de vers que de pleurs.

Pauvre Arthur! son teint frais se plombe;

Mais en roucoulant sous les tours,

Tendre colombe,

duaud il succombe.

Un baiser tombe

Sur ses yeux lourds; Ce baiser l'enlève à la tombe...

— Contez, amis, contez toujours.

Pèlerin, dans l'hôtellerie,

\'ois : de sang les draps sont tadiés ;

Aux trous de la tapisserie

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