‹ Œuvres complètes. Introd. de R. Vallery-Radot (volume 2)Chapitre 63 sur 91 · LES CLOCHES · texte numérisé non relu

LES CLOCHES

Mais je suis peu dévot, et même Il me souvient d'avoir osé Faire un gai repas en carême, Repas d'amis bien arrosé.

Hommes de Dieu, point de reproches :

Il excuse un jour d'abandon ; Puis... c'était la faute des cloches Qui nous répétaient : — Allons donc !

Grisez-vous donc !

Grisez-vous donc!

Grisez-vous donc !

Quand je donnai mon cœur à celle Qui n'en veut plus, et l'a toujours.

Le tocsin même et la crécelle Parlaient aux vents de nos amours.

A l'ombre des bois, sur la mousse, Rêvant mieux que sur l'édredon, Nous entendions, de leur voix douce.

Les cloches nous dire : — Allons donc 1

Aimez-vous donc!

Aimez-vous donc !

Aimez-vous donc!

Puis j'arrivai, jeune et plein d'âme, Dans la grand'ville en pèlerin.

Le Te Deum de Notre-Dame Alors berçait un souverain;

L H MYOSOTIS

Mais à fêter sa bienvenue Quand on fatiguait le bourdon, J'espérais, moi ; car, dans la nue.

L'airain grommelait : — Allons donc!

Armez-vous donc!

Armez-vous donc!

Armez-vous donc !

Pour moi tes cloches, pauvre France, N'ont plus un langage aussi clair; D'amour, de gloire et d'espérance.

Pour moi, rien ne parle dans l'air.

Je n'entends, comme tout le monde.

Qu'un éternel drelin dindon.

Que la République vous fonde !

Cloches bavardes, allons donc!

Taisez-vous donc !

Taisez-vous donc!

Taisez-vous donc !

LES FOLEUTiS

Lvame Justice a fait mcrvcilli; Disais-je, croyant voir un jour Douze voleurs, libres la veille, Bailler captifs devant la cour.

« Avant que l'écriteau d'usage A leur pilori soit collé, Lavater sur leur plat visage Lirait déjà qu'ils ont volé.

LE MYOSOTIS

« Cet homme au front chauve, à l'œil terne,

Est un usurier bien connu ;

Le passant qui dans sa caverne

Entre affamé, sort demi-nu.

Au front d'airain, au cœur de roche,

Il rit du pauvre désolé,

L'infâme! et, jusque dans ma poche,

Il a volé, volé, volé.

« Ce petit drôle, qui regarde Les poches du voisin souvent, (Monsieur Guillaume, prenez garde I) C'est Patelin toujours vivant.

Pour orner le drap qu'il dérobe L'autre jour même il a collé Un ruban rouge sur sa robe...

Il a volé, volé, volé.

« Voilà des fournisseurs d'armée :

Lorsque aux pieds d'un vainqueur tremblant

La France tombait, renfermée

Vivante dans un linceul blanc.

Ces alchimistes, pêle-mêle.

Autour du soldat immolé,

Soufflaient de l'or dans la gamelle :

Ils ont volé, volé, volé.

LES voleur;

B Salut au baron de Vormspire !

Littérateur, blagitetir, voleur, Sur le Parnasse, dès l'Empire, Il a f;iit métier d'oiseleur.

Méfiez-vous, s'il vous accueille.

Frères ! tout poème envolé S'est pris l'aile à son portefeuille Il a volé, volé, volé. »

Mais, las! l'erreur était complète:

Mon voisin Prudhommc l'expert, Où je croyais voir la sellette, M'indiqua les jurés au pair; Et tous ces voleurs, qu'entre mille Au bagne on eût dits racolés, Y jetaient un gueux sans asile Pour de l'air et du pain volés 1

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MOIISIEUH 7^ILLA%T>

Ct lion, flou, ilon, miserere, Monsieur Paillard est enterré.

« Adieu, père de la coninume, »

Dit le Bossuet du moment ; Mais au défunt gardant rancune.

Le pauvre peuple dit j:;aînicnt :

Ht tlon, lion, etc.

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