‹ Œuvres complètes. Introd. de R. Vallery-Radot (volume 2)Chapitre 85 sur 91 · U'K.E VOIX £'>L F%^'H.CE · texte numérisé non relu

U'K.E VOIX £'>L F%^'H.CE

Upoiise à M. Berthaud, auteur à' Une Voix dans Paris (1834)

Las de jeter de loin des paroles de guerre Aux Tyrans de Juillet, qui ne s'en doutaient guère, D'enfouir à Lyon tes destins inconnus Et de prêcher sans fruit la révolte aux canuts, Poète ambitieux, tu viens des bords du Rhône, Comme un épouvantail, surgir au pied du trône. J'entends les factions battre des mains en chœur. L'Homme Rouge à Paris, c'est la gangrène au cœur ! Tu crois marcher ainsi de victoire en victoire,

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Mais tremble qu'un jurj', ton dernier auditoire,

Enchaînant ta fureur que tu nommes vertu,

Ne te fasse un jour taire où Destigny s'est tu !

Sur l'abîme béant quel vertige t'attire ?

D'où te vient cette soif des honneurs du martyre ?

Est-ce orgueil en délire ou fanatisme ardent î

Je ne te connais pas, jeune homme, et cependant,

Sans demander secours à l'art divinatoire,

Je pourrais cœur à cœur te dire ton histoire.

De ton obscurité quand le poids te lassait.

Quand tu rêvais la gloire, un étendard passait,

Tu t'enrôlas...; depuis, tu chantes, pour lui plaire,

A ton parti haineux, des hymnes de colère,

Vivant anachronisme ! Hélas 1 cent ans plus tôt

Si les dieux t'avaient dit : « Nais, tu seras Berthaud, »

Ton étoile eût brillé dans la pléiade obscure

Des littérateurs nains, grands hommes du Mercure,

Qui leur édifiait un apanage égal,

Fondé sur un couplet ou sur un madrigal.

Les petits vers sont morts, nous parlons chiffre et prose.

Pradel n'est que Pradel, Cabet est quelque chose.

Dans le boudoir natal, les quatrains parfumés.

Comme dans un tombeau, pourrissent inhumés.

Mais le scandale au moins, dans ce siècle vandale,

Est toujours à la mode, et tu fais du scandale ;

Et tu jettes un cri de plus dans les cent voix

Qui bourdonnent autour du trône et du pavois.

Sais-tu, beau ménestrel arrivé de province,

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