‹ Œuvres complètes. Introd. de R. Vallery-Radot (volume 2)Chapitre 88 sur 91 · NOUVELLE VERSI · texte numérisé non relu

NOUVELLE VERSI

Vieux chevaliers sans reproche et sans peur En rougissant, cachez vos croix d'honneur.

De quel ccl.it il brillait sous le feu,

Cet astre pur, aujourd'hui dérisoire.

Quand, pour parer un uniforme bleu.

Il s'échappait des mains de l'Homme-Gloire !

LA CROIX d'hON><EL'R JO^

Cet astre pur, à l'armée, au forum, Lançait toujours ses rayons au plus digne ; Pour le soldat, Dieu, sur ce labarum.

Avait écrit : Tu vaincras par ce signe.

A ce trésor que son sang achetait.

Le mutilé, sans plainte et sans murmure, Tendait gaîment le bras qui lui restait Et de laurier parfumait sa blessure.

Oui, cachez-les, brisez-les, car j'ai vu Dans les pouvoirs en faire une livrée ; J'ai vu des cœurs qui n'ont jamais battu, S'enfler d'orgueil sous l'étoile sacrée.

Gloire à Guizot ! Tartuffe, qu'on sitBait, Pour se sauver, embrasse sa doctrine, Et le saint homme, au lieu d'un chapelet, Pend aujourd'hui la croix à sa poitrine.

Pour décorer ses fidèles bourreaux, L'ordre public, dont le drapeau l'emporte, A découpé le bonnet en lambeaux Q.u'il arrachait à la Liberté morte.

Q.ue dis-je? non : le peuple saura bien. Vous séparant d'une ligue ennemie.

Au vil esclave, au soldat-citoyen.

Faire sa part de gloire et d'infamie.

îo6

A VOUS la honte, à vous, brillants valets 1 Prévenez tous les jours de la colère : Pour que le feu consume vos brevets, N'attendez pas la foudre populaire.

Et vous, guerriers sans reproche et sans peur. Montrez toujours, montrez vos croix d'honneur.

L^ '-MUIT 'DE L^i TOUSS^I'KT

IVIa porte, Julien, quel dommage I S'ouvrit d'elle-même à tes pas; C'est aux Saints qu'il faut rendre hommage ; Julien, les Amours n'en sont pas:

A ma patronne, à la vierge Marie N'insultons pas quand le pénitent crie...

Réveillez-vous, gens qui dormez, Priez Dieu pour les trépassés.

30» PREMIEPSVEBS

Au doux signal qu'Aijiour tu donne Toujours cédant, toujours tu crains; Tu craignais hier ta Madone, Tu crains aujourd'hui tous les Saints.

Plus de fraj-eur! et qu'importe, Marie, A nos amours le pénitent qui crie...

Réveillez-vous, gens qui dormez; Priez Dieu pour les trépassés.

Tremblante dès qu'un rayon terne Blanchit tes vitres un instant, Tu prends pour l'aube la lanterne Qui danse aux mains du pénitent.

.\inions cncor; nous le pouvons, Marie; Le jour est loin quand le pénitent crie...

Réveillez-vous, gens qui dormez; Priez Dieu pour les trépassés.

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